‹ Histoire générale de l'architecture (volume 2)Chapitre 258 sur 309 · ÉGLISES DE PALERME · texte numérisé non relu

ÉGLISES DE PALERME

se ressent de ramalgame des religions et des éléments sociaux qui y dominèrent successivement. Cette architecture est riche, fantastique, variée, mnis sans beaucoup de suite ni de conséquence dans son dévclopponient ; elle se manifeste par bonds dans des essais de formes et de systèmes divers.

Avant la domination des Normands, le plan des églises se ressentait encore de l'influence grecque : la Nunziatella dei Catalani, à Messine, petite église de la fin du xi" siècle, forme presque un carré avec quatre colonnes dans l'espace central, qui portèrent sans doute une coupole dans l'origine. Mais du moment que le clergé latin eut voix au chapitre, la forme des églises fut changée, et colle de la basilique de nouveau introduite. La cathédrale de Messine*, commencée à la fin du xn*" siècle, et terminée seulement dans le siècle suivant, est une basilique aVec transsept et à plein cintre, dont les arcades offrent quelque chose du fer à cheval ; les fenêtres de l'abside sont ornées de petites colonnettes et couronnées du zigzag normand. Les colonnes de la nef sont de granit et antiques, leurs chapiteaux une imitation du romain classique. A l'église San Carcere de Catane-, il existe une porte qui avait appartenu à la cathédrale, et qui fut élevée à la place actuelle vers 1750. Elle est à plein cintre, et doit être antérieure au désastreux tremblement de terre de 1169 : elle porte tous les caractères de l'ornementation normande, les chapiteaux toutefois imitent le corinthien. La cathédrale de Traina ' offre quelques restes qui datent de la fin du xi'= siècle, la partie orientale avec son abside carrée et le bas de la tour, qui forme un porche, où il y a de beaux pleins cintres et où l'on remarque des inspirations de l'antique. — Dans la partie occidentale de la Sicile, dont la population était arabe en majorité, l'influence normande est insensible. Là, on prit pour types les grandes construciions qui servaient de palais aux émirs mahométans, mais dont la plupart furent détruits pendant les guerres que le comte Roger, frère de Robert Guiscard, livra à ces émirs de 1061 à 1090. Au nombre des plus anciennes églises bâties par les Normands en Sicile, on compte San Giacomo la Mazara * à Palerroe, les ruines de San Pietro la Bagnara ', également à Palerme, de l'année 1081; celle de Saint-Michel^, de 1077, les plus anciennes portions de San Giovanni dei Leprosi', non loin de Palerme, de 1071,

Page 1