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qu'alors assuré sa prépondérance. Mais toutes ces causes n'étaient qu'extérieures, pour ainsi dire malérielles. [/architecture devait s'y plier; tout en abandonnant les foi'uies archilectoniques du moyen âge, elle fut contrainte iradapti'r les formes nouvelles à la conception de monuments dont le ])lan , les coupes et les élévations ne devaient et ne pouvaient produire que l'aspect général de l'architecture ogivale dans son ensemble; en d'autres termes, l'ajustement des formes romaines pour les façades, avec le plan et la carcasse intérieure des édifices du culte plus particulièrement, ne traduisait pas extérieurement la structure solide de l'édilice. L.a décoration des masses ne fut pas spontanément conçue avec elles; les espaces intérieurs des églises, par exemple, furent conçus selon les exigences du culte, tandis que la décoration des parois qui les circonscrivaient était une inspiration des monuments du culte d'une autre religion et d'une tout autre civilisation ; en sorte que les façades intérieure et extérieure du monument de la primitive Renaissance ne sont réellement qu'une affaire de goût, rentrant plutôt dans le domaine du peintre décorateur que dans celui de l'architecte. La façade de la Renaissance n'est qu'une drcoration arbitraire, pleine de goût et d'imagination, variée à l'infini, mais ne rendant point compte du sens du monument.
Tout en ne pouvant pas raisonnablement lui donner une autre qualification, il faut néanmoins convenir que cette architecture décorative est toujours noblement conçue, habilement fondue dans le monument, qu'elle porte continuellement le cachet d'une grande originalité, d'une grande indépendance et d'une vigueur qui satisfait le sentiment, le goût et la raison. Les divers détails des ordres antiques, en somme peu nombreux, ont été employés avec une grande richesse d'imagination par les principaux architectes de la Renaissance. Ils ont su les assujettir, en les transformant aveo un rare bonheur, à de nombreuses exigences inconnues à ceux qui les inventèrent. Le pilastre solitaire ou accouplé, simple ou cannelé, orné ou non d'arabesques, a surtout été employé avec beaucoup de talent au xvi" siècle. Les architectes de cette époque ont montré une grande supériorité dans leur art en créant des compositions où se superposent des étages, en employant un style qui n'offre que très-peu d'exemples de ce genre à son origine. Une création complète et qui appartient exclusivement aux architectes français, c'est la conception difficile du toit élevé et décoré de telle sorte qu'il ne détruise point l'harmonie de
l'ensemble de la farade. lis ont également fait preuve d'une grande supériorité dans la conception des escaliers et de leur décoration , autre innovation indispensable et que l'antiquité ne connaissait pas. Si les architectes de la Renaissance italienne ont eu l'immense ressource des marbres de couleur et de la peinture murale, ceux de la Renaissance fi'ançaise durent suppléer à leur absence par la sculpture d'ornement, ce qu'ils ont effectivement fait avec une délicatesse et un tact exquis.
Malgré toutes les grandes qualités de l'architecture de la Renaissance, elle n'est point devenue populaire. Elle a laissé très-peu de monuments entiers du culte ; mais, d'un autre côté, tous les châteaux que la noblesse élevait étaient exécutés dans le nouveau stjle du xvi^^ siècle.
RENAISSANCE