‹ Histoire générale de l'architecture (volume 2)Chapitre 285 sur 309 · La Benaissance en France^ par Ad. Berty · texte numérisé non relu

La Benaissance en France^ par Ad. Berty

3. ®(t)lop unt) Édjule ton gontaintMedu. 6in Seitiag jv.i ®ef(^i(^tc bei- SîmaijyniKe in Stantceidj. Son @. itollojî. Jjifictifc^eS ï.ifÈeuiui^ son 5. «on SR.iumet, 1846. Palais de Fontainebleau, etc., par F. Roguet, architecte, texte par Daniel Ramée. Paris, 1859. iii-folio.

LIVHE TROISIEME.

IMIll.lBERT DK I/f)l!MK. 1193

était de la niûme arcliitectiii-c avant (|iir Louis \V le rem|)ia(;àl par l'aile actuelle. La chapelle haute du cliàieau fut restaurée en ISfif) par François l". Le pavillon formant la face orientale d(> la cour du Cheval-Iilanc avait été commencé vers 15/(0 par des architectes français qui élevèrent aussi la galerie de FYançois \". Dans ce nouveau pavillon où fut englobé l'église du couvent à la Trinité, on reconnaît l'ancienne architecture française, semblable à celle de la cour du Donjon dont nous avons déjà parlé. La face nord de la cour du Cheval-lîlanc , aim^i que celle qui lui était opposée (galerie d'Ulysse), avait été bâtie par Serlio. C'est aussi à cette façade du centre qu'on reconnaît dans plusieuis portions le style de Vignole. Serlio avait encore construit la quatrième face de cette cour, mais qui a été démolie. pour faire place à une mauvaise grille.

Une partie de la façade septentrionale du château de Blois et la façade sur la cour tournée au midi, élevées par François P^ sont dues à un architecte français, inconnu jusqu'à présent et qui travailla sans doute aussi à l'embellissement de la cour ovale ou du Donjon du château de Fontainebleau. Les constructions de François l'' à Blois sont antëiieures à la mort de la reine Claude (1526)'; car on voit dans la balustrade de couronnement de la façade sur la cour, des G et des F alternant, et sur la face extérieure, celle du nord, les chiffres de cette princesse avec sa devise, composée d'un cygne percé d'une flèche et alternant avec les hermines de Bretagne et les F couronnés de François \". Le style de ces façades de Blois a une frappante ressemblance avec la façade de l'hôtel de ville d'Orléans ; et dans les détails et l'ensemble du château de Chambord , on aperçoit une similitude dans l'ornementation et l'arrangement des pilastres avec les façades dont nous\enons de parler.

Les fondateurs de la Renaissance pure ou classique en France ', furent Pierre Lescot (né en 1510, mort en 1578), Jean Bullant (né en 1515, mort en 1578), Philibert De l'Orme (né en 1515, mort en 1570) et enfin .lacques Androuet dit Du Cerceau (né vers 1515, vivant encore après 158/)). De l'Orme et Bullant allèrent à Rome; le premier fut de retour dès 1536 , le second avant 15/tl. François ]", confus de la vétusté du vieux manoir de Charles V, où l'empereur Charles- Quint logea à son passage à Paris en 1540, chargea Pierre Lescot de la reconstruction du Louvre. Cet artiste était connu par le jubé qu'il

1. Voyez Ad. lîerty, Lp^ graiuls archilectfs français de la lienaissance .

H9Zi

avait élevé à Sainl-Clermain-rAuxerrois en 15/|1. Cinq années plus tard, il fut nonniié architecle du Louvre, emploi qu'il conserva jusqu'à sa mort. Lescot avait beaucoup de goût : son style est trèsélégant et pur, ses conceptions sont simples, mais très-originales ; elles ont de la grâce et en même temps de la sévérité. La partie de la cour du Louvre qui lui appartient est la fa(;ade sud-ouest, à partir de l'escalier de Henri 11 , au sud du pavillon qui est en face des Tuileries et le retour d'équerre jusqu'au guichet en face de la Seine. Derrière la façade sud-est en question se trouve la salle des Cariatides. En 1050 Lescot éleva, avec l'aide de Jean Goujon, la fon-

Palais du Louvre,

taine des Nymphes, dite depuis des Innocents, une des plus jolies œuvres de la Renaissance. Pli. De l'Orme était un constructeur consommé et savant dans cet art; mais il avait moins de goût que ses trois contemporains que nous avons cités. La plupart des étlilices qu'il bâtit sont détruits; il avait exécuté le grand perron de la cour du Cheval-Blanc à Fontainebleau et qui était plus beau que celui d'aujourd'hui, élevé par J. Lemercier en l(i3/|. De l'Orme travaillait au cliàl(\iu de Ij'il à 1559. Il fut l'auteur du tombeau de François I'"'' qui est actiU'Ilcuu'nt à Saint-Denis. Vers 1552 il bàlit le château d'Anel, dont le portail de face de la cour se trouve au palais des Beaux-Arts à Paris. En 15()/i il commença le château des Tuileries

RÈGNE 1)F. lIK.Mil III. 1195

qu'il ne put achever. Jean Biillnnl csl l'aiileiir du beau château d'Écoiu'n qu'il couiuienra en 15/11. ^ partir de 1570 il (■(inliiiua le.s travaux du château des Tuileries et dirigea ceux de [•'ontainebleau. On pense qu'il est encore l'auteur d'un des deux pavillons continus aux ailes des Tuileries, celui du sud' ; car Bullant succéda à Ph. De l'Orme en 1570. Bullant, qui avait publié en 156^ « Reigle generalle d'architecture », était plu.s savant que De l'Oiine et apportait plus de soin et d'entendement dans l'agencement des détails et des parties de ses œuvres. Jacques.\ndrouet DuCerceau, peu connucomme constructeur, (on lui attribue le chœur de l'église de Montargis de 1550), l'est davantage par les nombreux ouvrages à planches qu'il publia : il est présumable qu'il exerça une certaine influence sur le goût à son époque. En 15/(0,Jean de Lépine, élève de Ph. De l'Orme, acheva la tour du milieu de la façade ouest de la cathédrale Saint- Maurice d'Angers. Le joli petit hôlel de ville de Péronne, oii l'on voit régner l'ordre corinthien avec d'élégants pilastres et un porche voûté et formé de quatre arcades à plein cintre semble par son style être de la fin du règne de François l•■^ on y voit la salamandre de ce prince. L'église Saint-Étieniie-du-Mont fut couniienn'e en 1517: le chœur fut achevé en 1537; mais les travaux continuèrent. En 1532, l'architecte David commença l'église Saint-Eustache de Paris, de 103 mètres de longueur. L'église Saint-Merry de Paris, commencée en 1520 ou 1530, ne fut terunniV qu'en 1(312. Ce fut en 15U que l'architecte Robert Becquet éleva la célèbre tlèche de la cathédrale de Rouen, incendiée en 1822, qui, dans le style antique, se mariait cependant parfaitement avec l'architecture ogivale. Le sommet de cette tlèche .s'élevait à 11(i mètres du sol.

DEUX If; M- F. ÉPOQUE

nEl55liAl6CO

L'élégante voûte de la rue de Nazareth à Paris date du règne de Henri 11 ; on y voit son monogramme et celui de Diane de Poitiers accompagnés d'une Heur de lis et d'un croissant. Sous Henri 11 fut

1. Le pavillciTi ilu sud est le seul indiqué sur le plan de Paris de Gombaust, de ■1C49.

continuée l'aile du Louvre, du côté de la Seine el en retour d'équerre sur l'aile commencée par François \". L'hôtel de ville de Paris, commencé en 1533 sur les dessins d'un Dominique Boccadoro de Cortone ne fut pas continué sur ces dessins; en 1559 on en modifia le style; on voit le chiffre de Henri 11 et celui de Catlierine de Médicis à l'entablement du pavillon méridional. C'est du règne de Henri il que date la grande galerie de Fontainebleau qui porte son nom et qui a sans doute été décorée, vers 1556, par Ph. De l'Orme qui, depuis le 3 avril 15^8, fut inspecteur des bâtiments royaux jusqu'en 1559. Henri II fit élever contre la face sud de la galerie de François I" une terrasse où l'on voit son chiffre. Les guerres civiles qui commencèrent sous Henri II arrêtèrent souvent les constructions. La petite galerie du Louvre perpendiculaire à la Seine, commencée en 1566 ou 1567, eut pour architecte Pierre Chambiche, mais qui n'en éleva qu'une partie du rez-de-chaussée, et qui peut-être ne la laissa qu'épannelée, avec le retour sur la Seine, jusqu'au pavillon de Lesdiguières, et terminée seulement par Henri l\ .

ril9. — Partie du jmlais primitit des Tuileries.

Les guerres civiles qui conlinuèrent sous Henri III furent roniraires aux ai'ts et empêchèrent non-seulement l'édification de nouveaux bâlimcnts, mais (;ncore la continuation de ceux qui étaient en voie de conslruclion. La jolie polile église de Huel, près de Paris, dale de son

iuciielil;l et 1)KS(:ai;tes. mot

règne-, on en posa la première pierre en 158/i. Le château d'Eu fut élevé par Henri de Guise le Balafré, vers 1578; la face méridionale de l'hôtel de ville de Péronne porte la date de 1583. Jean Buliant bàtif, peu après 1570, un palais pour Catherine de Médicis , nommé dans la suite hôtel de Soissons; il fut démoli en 1740 pour faire place à la rotonde de la halle au blé ; il n'en est resté que la colonne en pierre qu'on voit aujourd'hui. En 1578, Henri III posa la première pierre du Pont-Neuf à Paris , dont Thibaut Métezeau fut l'architecte suivant Brice, et qui parmi tous les architectes mêlés à l'histoire du Louvre, dit M. Berty, est un des deux qu'on doit regarder connue ayant le plus probablement dressé les premiers pi'ojets de la grande galerie '. Vers 15'J/i, Henri IV continua la grande galerie du Louvre; l'étage supérieur de la petite galerie (oi^i est la salle d'Apollon) fut bâti par Louis Fournier et Léon Coin. La première partie de la grande galerie surélevée par Louis Métezeau fut terminée en 1596. La grande galerie, depuis le pavillon Lesdiguières jusqu'aux Tuileries, commencée en 1600, était complète en 1609; elle a eu ])our architecte Jacques Androuet Du Cerceau, qui éhn'a aussi le pavillon de Flore et l'aile qui va rejoindre le pavillon bail par BuUant. Henri IV continua l'hôtel de ville de Paris terminé en 1608, et dont les travaux furent conduits par Marin de La Vallée. En 1605, ce prince commença la place Boyale, en 1608, la place Dauphine, et l'hôpital Saint-Louis dont l'architecte fut Claude Vellefaux '-. L'hôtel de la Présidence (ancienne préfecture de police) datait de l'année 1607 à 1610 '.

C'est SOU:. Henri IV que commence une décadence du goût qui devait, mener plus tard au sl\le connu vulgairement sous le nom de rucocu. On ne cherchait plus l'élégance dans la simplicité et la grandeur des masses, mais dans l'emploi d'une richesse de détails et d'ornements, dans l'ajustement arbitraire et inintelligent des ordres classiques et de leurs parties, dans l'abus des bossages rustiques, des colonnes annelées et des frontons. Le caractère de l'architecture du temps de Henri IV et du xvu" siècle contraste avec celui du xyi", qui est élégant, sévère et puissant, par une conception émoussée, lâche et inoUe. Au nombre des édilices de cette époque, nous citerons le palais

1. Les grands architectes français de la Renaissance, jj. 124. — Voyez aussi La Renaissance monumentale en France, par le même auteur.

2. Lestoile, Registre Jouriml Je Henri IV. Édition de Michaud et Poujoulat, 1. 1, p. 432 de la 2« série. — Voyez, sur la réunion du Louvre cl des Tuileries, les 50 projets connus, L lUustralion du 26 août 1848, p. 396, 397.

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