Diou Cassius, XLiii. p
tJ. Suétone, Vie de Jules César, c. VI. — Ascagne ou Jules était fils d'Êuée, fils d'Aneliises, filsde Capys, fils d'Assaracus.
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sèrent concevoir que des projets qui ne furent jamais réalisés. En qualité d'édile, il orna les basiliques et le Comitium, non loin des rostres, où se tenaient les comices; il embellit le Capitole de portiques, où il étala aux yeux du peuple une partie des nombreuses curiosités qu'il avait rassemblées ; il éleva les temples de Mars, et après la bataille de Pharsale, en l'année /|6, celui de Vénus Genitrix'); César avait la vanité de vénérer cette déesse comme la mère de sa race! Le temple de Vénus était pycnostyle : on y remarquait deux peintures de Timomachos de Byzance, qui avaient coûté 80 talents ; l'une réprésentait Médée, l'autre Ajax". A côté de l'image de Vénus, César fit mettre celle de Cléopâtre ^. Le mobile de César a toujours été celui d'un despote, d'un tyran, qui ne rapportait toutes choses qu'à sa seule personnalité.
Après la guerre civile , le sénat fit élever plusieurs monuments à l'honneur de Jules César : les temples de la Liberté, de la Concorde, de la Félicité et de la" Clémence*. Les triumvirs qui le suivirent lui élevèrent un temple sur la place où son corps fut brûlé. En l'année /i3, les triumvirs résolurent de bâtir un sanctuaire à Isis et à Sérapis. Cn. Domilius consacra un temple à Neptune, illustré par le groupe sculpté par Scopas, représentant Neptune, Thétis, Achille, les Néréides sur des dauphins, des chevaux marins et autres °. Vers cette époque, environ 78 ans avant l'ère vulgaire, fut bâtie la cinquième basilique, surnommée .Emilienne, d'après .Emilius Lépidus. La sixième, due à Pompée, n'est point appelée basilique; Suétone lui donne le nom de regia ^. Statius nomme encore ainsi celle de Paul". Appien appelle la basilique de Pompée slon. C'est dans cet édifice que les prétours Cassius et Brutus administrèrent la justice avec une grande tranquillité pendant la matinée du jour où César fut tué au .sénat , (pii était situé non loin de là.
L'amour des Romains pour l'Arrhiticture ne se bornait pas à élever des monuments dans la capitale, les provinces conquises se ressentirent aussi de leur munificence. Les généraux rebâtirent nombre de villes détruites, ou embellirent les anciennes. César éleva de riches édifices en Italie, dans les (laules, dans la Bretagne, en Asie et en Grèce*; il fit renaître Corinthe de ses ruines", à cause sans doute de
1. Pline, Ilisl. nnt.,\. ii,ch. xxiil. — 1. xxxv, cti. ]X. — 1. xxxvil, ili. v.
2. Id., ibid., 1. XXXV, fh. IX. — 3. Appien, Guerres civiles, 1. il, cli. cil. 4. Dion Cai-sius, 1. XLiv, ch. vi. — 5. Pline, 1. xixvi, ch. iv, § 7.
fi. Suétone, Vie d'Auguste, ch. xxi. — 7. Sylvlus, 1. xx.x.
K. Suétone, \'ie île Crsar. ch. xxvili. — 9. Strabon, 1. viii, p. 3H1 ; 1. xvii, p. S.33.
T II i:\iliKS. CiSo
sa position avantageuse ; il releva égalciiieiil les ruines du Cartilage. Les provinces firent à Pompée, à César et à plusieurs autres Romains illustres l'insigne honneur de leur élever, comme aux divinités, des temples pai'ticuliers: Pompée surtout reçut cette distinction plusieurs fois. César avait aussi des temples élevés en son honneur dans le |)orl d'Alexandrie et en d'autres lieux '. En Espagne, dans les Gaules, sur les îles Britanniques, en Germanie, partout en un mot où parurent des légions romaines, les Romains bâtirent des villes, des temples, des théâtres, des aqueducs, et ils établirent les grandes routes, qu'en France la tradition rapporte à la reine Brunehaut.
Malgré tous les avantages olTerts aux Romains par l'Architecture grecque, il ne s'éleva pas chez eux un nombre considérable d'artistes. On se servait d'architectes, de sculpteurs et de peintres grecs, dont les noms ne sont pas venus jusqu'à nous. De temps en temps seulement nous apparaît un artiste romain. Un seul architecte de cette nation fit beaucoup de travaux à Rome: trois autres seulement sont nommés comme ayant exercé leur art à Athènes. Dans cette ville, vivait Cossutius, chargé par Antiochos Épiphane de continuer la construction du temple de Jupiter Olympien. Ariobarzanes, roi de la Cappadoce, chargea deux Romains, Caïus et Marins Stallius, de rebâtir rOdéon d'Athènes, détruit par incendie, lorsque Sylla assiégeait la ville. A Rome, l'architecte Mutins est désigné comme l'auteur du temple de l'Honneur et de la Vertu, consacré par Marins.
11 arriva une époque où Rome se relâcha de sa sévérité pour les jeux et les théâtres. Le sénat ne s'opposait plus comme autrefois à l'édification de monuments destinés à des représentations dramatiques. En l'année 99 avant l'ère vulgaire, Claudius Pulcher fut le premier qui introduisit la peinture sur la scène. En l'année 63 avant l'ère vulgaire, P. Lentulus Spinlher fit couvrir le théâtre d'une toile fine, et tout ce qui appartenait à la scène était recouvert de tôle d'argent. Mais lien n'avait égalé encore le théâtre en bois que Marcus Scaurus, beau-fils de Sylla, fit élever en l'année 58 avant l'ère vulgaire, et dont la durée ne devait être que d'un mois. 11 pouvait contenir 80,000 spectateurs. La scène était ornée de trois colonnades superposées et contenant trois cent soixante colonnes-. Cinquante ans avant l'ère vulgaire, C. Curio bâtit deux grands théâtres en bois et
1. Pline, 1. xxxvij ch. xi. — Suétone, Vie de César, oh. lxxvi.
2. Pline, Hhl. fini., 1. xxxvi, cli. xv-xxit, ^ 7; 1. xxxiv, eli. xvii: I. xxxvr. (h. ii-viii.
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qui se toucliaient. Après les représentaiions, on enlevii les scènes: la salle ou le tliéàti'e proprement ilii fut souienii sur des poteaux et tourné, de sorte que les sièges, se trouvant réunis des deux côtés, formèrent un amphithéâtre, le premier qu'on connut à Rome '. Bien que les Romains élevassent encore des théâtres en bois, ils en possédaient cependant déjà un en pierre : celui que Pompée avait fait construire en l'année 55 avant l'ère vulgaire-, et qui pouvait contenir /|0, 000 spectateurs '. Ce théâtre subsista pendant quelque temps. Tibère renouvela la scène, qui ne fut achevée que par Caligula, et que Claude restaura de nouveau après un incendie'. Rome fit en sorte de toujours conserver le théâtre de Pompée, et du temps de Théodoric, roi des Golhs, il fut restauré après être presque tombé en ruines ^.
2o?, — Thfcâtl'C tïe Fompéï.
Pour tracer le plan des théâtres, les Romains ne suivaient pas les mêmes règles que les Grecs. Vilruve nous apprend que les Remains commençaient d'abord- par tracer un cercle dniii la circonférence