‹ Histoire générale de l'architecture (volume 2)Chapitre 51 sur 309 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

DtPI.lS l'année 3 0 \V\NT L ERE VULGAIRE IL'SQU A LAN NEE (j9 DE CETTE ERE.

Iitl'ClS LE RÉGNE DE L'EMPEBEUR AUGUSTE JDSUU'a CELUI DE GALRA.

LES OCTAVIENS ET GALBA, OTUON, VTTELLIUS.

Toiii ce que les Homalns lirenl pour les aris pendant cette époque n'est piint dû. à leur sentiment artistique; la seule pensée d'élever, par des enibellisseuients de tout genre, et comme maîtres du monde, leur capitale au-dessus des autres villes connues, leur fit créer les grands et riches monuments d'architecture qui -firent effectivement de Rome la ville la plus splendide de l'antiquité. .Mais à Rome ce n'était pas comme autrefois à Athènes; la quantité seule fut obligée de remplacer la qualité. Les efforts réitérés tentés pour atteindre ce but pai- les grands hommes qui avaient eu l'administration de l'Étal, et surtout par Pompée et César', étaient restés stériles par suite des troubles civils et des guerres qui se succédèrent au dehors et à l'intérieur. Mais enfin arriva une é])oque où Rome, jouissant îles bienfaits de la pai.x, put s'embellir, .\uguste vainquit les partis et devint très-puissant ; il dit, après avoir élevé à Rouie une quantité prodigieuse de monuments d'architecture : « J'ai trouvé une ville de pierre et je la laisse en marbre -. » Ce mot fameux du premier des empereurs romains est encore une de ces exagérations orgueilleuses , de ces vantardises banales si fréquentes chez les Romains. Cette phrase eùl été juste dans la bouche de Périklès. qui a laissé une vérilaljle ville de marbre, .\ugusle, au contraire, n'a légué à la postérité

I. Siiêtoiie, Viir dp t psar, <,-h. XLiv. — • ~. td., 17? d'Aiifimtp, di. xxi.x.

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qu'une ville de |)ierfe. Auguste ne protégea les arts et les lettres que dans un but personnel, égoïste. Ses quatre successeurs les abandonnèrent à leur fori. Sous Tibère, Caligula, Claude et Néron, la Rome impériale fut occupée de toute autre chose que de l'édification de monuments d'architecture; il en est de même sous Galba, Othon et Vitellius. Noyés dans les plaisirs les plus abjects, dans les débauches les plus infâmes, le sentiment du beau et du vrai, qui est aussi le

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■J4I. — fhéitre de Marcellus. Extérieur.

sentiment du sacré, ne loucha pas l'àme de boue de ces princes. La vie et les mœurs de César avaient laissé une longue traînée d'impureté derrière elles. En l'année 28 avant l'ère vulgaire, l'empereur Auguste inaugura le temple d'Apollon sur le mont Palatin. Six ans plus tard, il acheva, contri' le mont Gapitolin , le temple de Jupiter Tonnant. Seize ans avant l'ère vulgaire, Auguste commença le plus

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grand inoiuiniL'iil (lu'il (it élever, le templi- de (Jiiiriniis, sur k; inoiit Quirinal. 11 était d'ordre dorique et diptère , et avait 76 colonnes. L'empereur consacra, en l'année 2 avant l'ère vulgaire, le temple de Mars LItor, sur le f'oriun. Ce temple était petit et monoptèrc. V.n l'année 13 avjnt l'ère vulgaire, Auguste inaugura le théâtre de Marcelhis, counnencé d 'jà sous Jules César. Marcus Claudius Marcellus était neveu d'.\uguste. On dit que ce monument pouvait contenir 30,000 personnes; il avait 20™ 30 d'élévation à l'extérieur et 131 mètres de diamètre. Au \i* siècle, il fut fortifié et servit de citadelle dans laquelle le pape Lrbain II mourut en 1099. Devenu la propriété des Pierieoni et des Savelli, ceux-ci le détruisirent en partie.

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■-'4J. — llléâtre de Marcellus, Entablement supe'rieur.

•Ho. — Entablement du poi'tique du rantbeon a Rome.

afin (.l'y laiiv construire leur palais par Halthasar Peruzzi. Aujourd'hui il appartient au prince Orsini. Auprès du théâtre de Marcellus, Auguste éleva un portique en Thonneur de sa sœur Cctavie, dont les restes se voient encore sur la Pescheria vecchia, le vieux marché au poisson. Deux architectes grecs, Saurus et Batrseus, en furent les auteurs. En l'année 28 avant Tèré vulgaire, Auguste bâtit un mausolée pour lui et sa famille'. Il fit réparer la voie Flaminienne et d'autres

1. Suétone. Vie d'Auguste, cb. c. — E. Sadeler, Vesfiji délie Antichita di Borna, etc., corne si ritvovanno nel secolo xv, lav. 34 , montre ce qui rp>tait au xv" sièL-Ie de ce mausolée.

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encore; il construisit un aqueduc qui devait mener de l'eau à Rome pour le service des naumachies '.

Les amis de l'empereur Auguste montrèrent aussi un grand amour pour les constructions de tout genre. Marcus Agrippa se distingua surtout parmi eux. 11 établit des ports, multiplia les cloaques, les rendit plus utiles; il éleva en l'année 27 le portique de Neptune, situé sur le Champ de Mars, et décoré de peintures représentant les Argonautes. Rome lui devait le célèbre Panthéon , aujourd'hui l'église Santa Maria dei Martiri, ou Santa Maria, ou Chiesa délia Rotonda. En l'an 26, il éleva la Septa Julia, sur le Champ de Mars, destinée aux assemblées du iieuple, et le Dirihitorium, espèce de monument oi;i se

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-44. — Tlieiitrt- de Mavcdlus. Entabk-nu-.it iiiftrieur.

distribuaient les bulletins des votes, qui ne fut inauguré |iar l'empel'cur qu'en l'an 7 avant l'èi'e vidgaire, et cinq ans après la mort d'Agrippa. (let édifice était celui qui avait eu la plus grande couverture dans l'antiqnitc''. l'.n l'année 25. Marcus Agrippa avait bâti les thermes qui portent sim mun; il en lit hommage au peuple. Kn l'année 33, il avait encore établi le grand aqueduc nommé Aqua Virgo. En l'année 30 avant l'ère vulgaire, un ami d'Auguste, Stalilius Taurus, éleva un amphithéâtre à .ses frais: c'était le premier construit en jMerre h home. I.e peuple en rui luu' si grande joie (|u'il pcruiil à

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