‹ Histoire générale de l'architecture (volume 2)Chapitre 56 sur 309 · LES PRINCES STHILNS ET AUTRES · texte numérisé non relu

LES PRINCES STHILNS ET AUTRES

Après les Antonins, régnèrent sur Rome les princes syriens, d'origine arabe, qui ne montrèrent pas plus à Rome qu'ailleurs d'aptitude pour la culture et le développement des arts. Nous trouvons encore à Rome, sous ces princes, la manifestation de l'esprit sémitique, l'absence totale du sentiment du beau et du moral; en revanche, la cruauté, les débauches sensuelles les plus basses, l'orgueil et l'ostentation , en un mot des appétits brutaux et pas la moindre étincelle de poésie.

Le petit nombre de monuments élevés après l'année 1(S0 de l'ère vulgaire nous montre un abandon toujours plus prononcé des belles proportions. Nous ne connaissons ([ue par quelques auteurs anciens les thermes que fit construire Conunode, et la villa de l'empereur Vérus. Il en est de même du Septizonium et du tombeau de Septime-Sévère. Nous ne pouvons nous faire une idée de l'architecture de cette époque que par les deux arcs de triomphe élevés par le sénat et par les négociants, à Rome, en l'honneur de cet empereur' : l'un est situé au pied du Capitole, à l'extrémité supérieure du Forum; l'autre, sur le marché aux bestiaux, à droite de l'église Saint-Georges-in-Valebro. A cette époque, on pensait que la plus grande beauté de l'architecture consistait dans la richesse de l'ornementation ; on s'inquiétait peu de

1. Desgodets, ch. xviii. — SCeinlid)/ Siiefe iiber Sioiii. vol. II, p. 41. — Desgodets, l1i. XIX.

LIVHE PHKMIER.

la manière dont elle était appliquée et exécutée. On s'efforçait d'effacer les œuvres anciennes par l'étendue immense qu'on donnait aux nouvelles. Mais c'éuit un mauvais moyen de maintenir la Ijeauté de l'art.

C'est ce que nous prouvent les bains de Caracalla', achevés par Héliogabale. Plus tard Alexandre-Sévère y fit des modifications et y apporta quelques embellissements. Ces bains, situés entre les monts Cœlius et Aventin, étaient si spacieux que deux mille trois cents personnes, rapportent les auteurs , pouvaient

'J4!t. — Chapiteau (k r.\rc du Septimc-Scvcre.

y prendre des bains ensemble.

Les successeurs immédiats de Septime-Sévère n'avaient employé l'architecture que pour satisfaire leur vanité. Mais en l'année 193, Alexandre-Sévère, habile dessinateur lui-même, fit fleurir les arts par sa protection éclairée. 11 restaura beaucoup de monuments anciens, il en éleva de nouveaux, mais qui montrent le goût du temjis, par leur immense étendue. Il établit des thermes entourés d'une espèce de parc, qu'il réunit aux bains de Néron qui n'en étaient pas éloignés : ces bains portèrent dans la suite le nom d'Alexandrins. 11 érigea encore une grande basilique de plus de 325 mètres de longueur, de 32 mètres de largeur, et soutenue entièrement par des colonnes. 11 voidut aussi consacrer un temple à Jésus, dont il avait fait mettre l'image dans son Lararium ; mais il en fut empêché, comme Adrien l'avait été avant lui, par les représentations (|u'on lui lit , (jue les temples des autres dieux resteraient alors déserts. Alexandre-Sévère avait bâti, à Rome, im grand ])alais, une basilique décorée d'un vaste portique, et à Pra^ncsK^ il s'était fait construire une magnifique villa.

Les règnes si orageux et si courts des successeurs de cet empereur

1. lUsIaumlicn ilcs Thermes d'.lii(otim Caracalla, à Home, par G. -A. ISIouot. l'iiris, 1H28, in-folio.

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OCLETIE.N.

lirent oublier les arts et rarchitectiire en particulier. Les monuments des temps passés tombèrent en ruine, furent incendiés ou d(!truiis volontairement ; on s'inquiétait peu de leur conservation, on ne songea en aucune manière à en ériger de nouveaux.

L'empereur Gallien voulut montrer, par de vastes constructions, son amour pour l'arcliitectiire. Mais ses projets n'eurent pas d'exécution. 11 nous reste de son règne un arc de triomphe, situé sur le mont Esquilin et auprès de l'église des Saints-Vitus-et-Modestus. Dans les provinces, il fit restaurer plusieurs des grands monuments détruits par les Barbares. Deux architectes byzantins, Cléodamas et Athénœus, le secondèrent dans ses entreprises.

Aurélien fit revenir la paix, et il chercha à relever de nouveau les arts. Il agrandit la ville de Rome et y bâtit un temple dédié au Soleil. k Eniésa, en Syrie, il lit élever plusieurs temples, ainsi qu'à Palmyre, où il restaura quelques monuments endommagés pendant le siège et la prise de la ville.

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:.'Ô0. — Corniche des Thermes de Dioclétieu , à Koiiie.

Enfin, les derniers monuments de quelque importance à Rome sont des règnes de Dioclélien et de Constantin (de l'année 281 à 323). Dioclétien construisit des bains qui surpassèrent encore en grandeur et en magnificence ceux d'Alexandre - Sévère. Nous en avons les ruines, qui servent à apprécier le caractère de l'architecture à la fin du ni' siècle. Les salles sont couronnées de voûtes. On y voit beaucoup de vohle& d'arêtes. C'est aux bains de Dioclétien que nous pouvons juger le mieux la science de voûter chez les Romains. Un autre

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