MOYEN AGE
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iiu 16. 3ai)ï6imtcvt. SBeimar, 1847. 2 vol. in-8.
Un esprit funeste, ennemi de l'ordre, a pénétré depuis une longue série de siècles en Occident, l'a fourvoyé et per\"erti. D'une race orientale inférieure aux races du nord, ayant d'autres penchants et d'autres mœurs, venant des contrées stériles voisines des déserts, cet esprit de désordre n'a cessé d'inquiéter les races occidentales au sang noble, et les a livrées à des convulsions de tout genre. Des lois religieuses faites pour une société nomade et crédule furent imposées à des nations agricoles et industrieuses, d'abord d'une manière pacifique, puis par la force. De là cette lutte que soutient depuis longtemps, pour son maintien au milieu des nations européennes, ce code antipathique, à leurs penchants, à leur raison, à leurs mœurs; de là ces tourmentes continuelles attribuées à des causes qui n'en .sont pas les causes réelles. L'homme est destiné au travail; il doit faire subvenir la terre à ses besoins matériels. Ce code mosaïque importé en Occident ne donne aucune règle , aucun précepte à l'homme pour le guider dans ses rapports avec les choses de ce monde. Ce code, impuissant à diriger l'homme dans sa vie matérielle et dans les travaux auxquels il est destiné sur cette terre, laisse flotter l'action humaine dans le vague et dans l'arbitraire. 11 s'en est donc suivi des désordres matériels et intellectuels, l'oubli, bientôt même l'ignorance du respect de soi, de ce qui est probe et honnête, le manque d'appréciation du bien et du mal, toutes choses qui amenèrent dans la société le développement de l'improbité, de l'orgueil, de la déloyauté, et enfin de tous les désordres
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dont l'Europe est le théâtre ; de là aussi la disparition du sentiment du vrai, du beau, et. par suite, la décadence des arts, commencée à la fin de l'empire romain et continuée jusqu'aujourd'hui, sauf un moment d'interruption pendant le xvi^ et la première moitié du xvu" siècle. Le moyen âge oITre le spectacle de l'invasion et de la prépondérance de l'orientalisme sémitique au sein de nations civilisatrices, laborieuses, morales, et en aucune manière portées au surnaturel.
Le moyen âge est une époque de l'histoire dont l'étude et la connaissance, trop négligées avant le xix' siècle, ont été poussées, au contraire, depuis trente ans, jusqu'à l'extrême. Quant à sa signification intellectuelle, elle ne présente que la lutte de contrastes et d'oppositions irrationnels qui, ainsi que tout ce qui est né de l'abstraction contraire à la réalité, se sont manifestés sous une forme fantastique. Le désir de connaître le moyen âge a conduit vers des études approfondies et sérieuses, qui ont permis de saisir l'inconséquence et de comprendre le vide de cette époque , dont on n'avait alors aucune idée précise, aussi longtemps que ces études furent exclusivement poursuivies par des théologiens ou des juristes. 11 était donc juste et opportun de sonder le caractère du moyen âge; mais il fallait le faire avec mesure, avec calme, et l'on tomba, au contraire, dans l'exagération et même dans la folie. On a exalté avec passion, avec aveuglement, et en dépassant les bornes de la vérité , l'ordre social et les créations de tout genre de cette époque de tourmentes extraordinaires ; on en était arrivé à ce point de dénigrer, de ne compter que pour très-peu de chose les civilisations antérieures avec leurs beaux et remarquables édifices, c'est-à-dire l'antiquité tout entière, avant l'introduction des tendances sémitiques au sein des races arianes. Cet engouement pour les œuvres du moyen âge est heureusement passé; il a toutefois amené une réaction utile et logicjue dans l'intérêt de la vérité. Aujourd'hui quelques individus épars sont restés seuls attachés à l'admiration exrlusive et absolue du moyen âge, et continuent à l'exploiter uniquement dans leur intérêt personnel. La valeur réelle du moyen âge et de ses œuvres est appréciée depuis quelques années d'une manière équitable et vraie; on lui a assigné la place qui lui était duc dans l'histoire générale , et ses monuments n'ont plus que l'importance relative qu'ils méritent. Il est curieux de constater que cette époque d'extase religieuse , de domination du mysticisme et du sacerdoce par excellence , n'a été étudiée et élucidée que par des laïcjues ; les prêtres contemporains, aux tendances séculaires de domination