‹ Histoire générale de l'architecture (volume 3)Chapitre 123 sur 298 · Voûtes h Meroé · texte numérisé non relu

Voûtes h Meroé

Une autre pyramide dans le même lieu présente, dans son portique en avant-corps, une voûte en pierre composée de cinq claveaux ; on y remarque la clef de voûte. Quant aux pyramides de Méroé et du mont Barkal, il paraît certain que ces monuments ne remontent pas au delà du vni'= siècle avant Tère vuleaire. ^ •

Dès l'ancien empire, la puissance égyptienne s'était déjà avancée jusque dans la Nubie supérieure ou méridionale. Ensuite, fuyant devant la bar])arie et la férocité des Hyksos-Arabes, les Égyptiens furent obligés de remonter le Ml plus au sud encore. Quii^ze siècles avant l'ère vulgaire, les rois d'Egypte portèrent leurs armes victorieuses tant au nord qu'au sud de leur empire et même à des distances considérables. La civilisation égyptienne pénétra en Ethiopie et y forma un centre. Par ce moyen, ce pays arriva à assumer une certaine prépondérance : sa puissance alla en augmentant, tandis que les forces de ^Ég^•pte déclinaient. Vers le milieu du vui^ siècle avant l'ère vulgaire, quelques rois d'Ethiopie réussirent à soumettre l'Egypte. Taharaka, un de ces princes, résida à Napata ; c'était, pense-t-on, le centre de la puissance éthiopienne, qui, plus tard, se porta encore plus au sud, à Méroé, où s'établit un empire puissant jusqu'aux premiers siècles de l'ère vulgaire.

Les monuments éthiopiens les plus anciens se trouvent aux environs de Napata, où l'on a découvert les ruines d'un certain nombre de temples. Ces édifices sont de petits sanctuaires précédés d'une salle hypostyle: d'autres plus spacieux, situés au même endroit, ne sont

TYPHONIUM DE TAHARAKA. • 265

pas éthiopiens, mais égyptiens. Nous en avons déjà parlé à la page 2^5. Mais tous ces petits monuments éthiopiens sont une dégénérescence du style égyptien, qu'on a évidemment imité avec barbarie. L'un d'eux, du règne de Taharaka, et vulgairement appelé Typhoniuni, consiste en un petit sanctuaire taillé dans le roc, ayant en avant une petite salle où l'on voit deux piliers isolés, ornés de figures de Typhon. La partie creusée dans le roc a environ Ik mètres de profondeur ; la salle hypostyle qui la pré-

N , . , « A 1 1 92. — Typhoniuni

cède a 15'metres de largeur sur 17'"70 de longueur de Tauaiaka. du sud au nord. Au centre de cette salle, existent deux rangées de piliers ornés de statues de Typhon ; ils ont pour chapiteau une tête d'Hathôr, couronnée d'un petit édifice de mauvais goût: tous ces monuments sont élevés au pied du mont Barkal, sur la rive droite du Nil. -

Dans le même lieu, sur le penchant occidental de la montagne, existent, en deux groupes, dix-sept pyramides de toutes grandeurs, dont la plus considérable a 26'" 80 à sa base : elles sont loin d'avoir l'élégance et l'harmonie des lignes et des angles des pyramides d'Egypte. Leurs faces inclinées forment un angle beaucoup plus obtus, et leur élévation n'est point en rapport avec leur base. L'idée et la combinaison de leur construction n'offrent rien de scientifique; elles semblent n'être qu'une réminiscence des pyramides delà Basse-Egypte. Les pyramides du mont Barkal sont précédées d'un petit portique dont la façade est rectangulaire avec une corniche de couronnement.

En face, sur l'autre rive du Nil, à Nouri, existe un groupe de trentecinq pyramides , qui n'ont ni portiques ni hiéroglyphes. La plus grande de ces pyramides mesure à sa base 33 mètres ; leurs faces sont plus inclinées que celles des pyramides du mont Barkal.

A Méroé, existent plusieurs groupes de pyramides au nombre de quatre-vingts. Elles sont toutes ornées d'un petit portique, dont la façade consiste en deux petits pylônes avec une porte au centre. L'encadrement des arêtes extérieures de ces pylônes, au lieu d'être circulaire ^5^ comme en Egypte, est carré "^. Ces pyramides sont de fort petite dimension-, la plus grande n'excède pas 18 mètres en carré. Elles sont d'une mauvaise proportion, ayant pour hauteur l'étendue de leur base et souvent davantage.

A Abou-Naga (ou Oud-beit-Naga), en dessous de la sixième cataracte, sur la rive droite du Nil, se trouvent encore les très-faibles

•ruines de deux* temples, dont l'un était probablement un soi-disant Typhonium; il en subsiste deux piliers carrés, ornés sur une de leurs faces d'une figure de Typhon, au-dessus de laquelle est placée une tête d'Hathôr : le temple auquel appartenaient ces piliers datait vraisemblablement du règne du roi éthiopien Taharaka'.

A Naga , au sud d'Abou-Naga , existent les ruines de plusieurs temples, dont le plus spacieux, situé à l'orient, avait ime salle formée de huit colonnes. Venaient ensuite les pièces postérieures, précédées d'un pylône avec un portail dans le style égyptien. Au-devant du temple s'élevait un péristyle avec cinq colonnes de cftaque côté, entre lesquelles il y avait un mur d'appui-. On voit à Naga un autre temple, dit de l'ouest, dont il subsiste une salle à quatre colonnes avec un pylône et un portique. Non loin du temple de l'ouest s'élève un autre péristyle remarquable, qui se compose de chaque côté de quatre piliers avec colonnes engagées ; son style est un mélange de formes égyptiennes et romaines de la décadence^.

On a découvert à Meçaourcàh un groupe de constructions plus importantes par leur nombre et l'étendue qu'elles occupent que par la pureté de leur style : elles sont de l'époque grecque^. A Neloua, au sud de Soleb, existe un temple consistant en un mélange de formes égyptiennes et romaines ^.

Au nord de Soleb, sur la rive gauche du Nil, à Dosché, est un petit monument creusé dans le roc, qui se compose d'une sorte de pronaos et d'un sanctuaire. Le pronaos a 7"" 25 de longueur; la profondeur du pronaos avec le sanctuaire est de 7"' 87. Au .1^-4 f'^'itl du sanctuaire, on voit les débris do trois statues

93. — spéos assises, d'un travail grossier. On croit avoir découvert e Dosche. ç.^^^, j^^ parois do ce monument les noms d'Osortasen III et de Thoutmès III ^. Plus au nord encore, sur la rive droite du Nil , à Amarah , se trouvent des ruines de temples d'un caractère qui se rapproche de ceux de Méroé et de Naga. Ils paraissent avoir été construits par les rois éthiopiens du vni^ siècle^.

Nous nous sommes arrêté d'une manière assez étendue sur l'architecture égyptienne, parce que c'est la seule architecture qui , dans

1. Cailliaud, Voyage à Méroé, 1. 1, pi. 9 et suivantes. — Hoskins , Travels in Elhiopia, pi. ] 12 et vignettes.

2. Cailliaud, pi. 10, 11 et suivantes. — 3. Cailliaud, pi. 11 et 13 et suivantes. 4. Cailliaud, pi. 22 à 30. — Hoskins, pi. 13. — 5. Cailliaud, t. II, pi. 15.

6. Hoskins, p. 252. — Waddington, p. 291. — 7. Cailliaud, t. II, pi. 16 et suivantes.

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