Plan du Partlirfiion
CoriùcUe du Parthënoii.
11 y a dans le Parthénon certaines dispositions statiques qui caractérisent spécialement le génie des Athéniens. Des hommes de l'art ont découvert que les murs de certains temples n'étaient point tracés au cordeau, qu'ils décrivaient une courbe dont la concavité est tournée à l'intérieur, que le soubassement n'offrait pas une ligne parfaitement horizontale, mais une courbe légèrement convexe, que l'entablement suivait cette même courbe, que sa face forme une ligne concave sur chacun des côtés du monument, de sorte que les angles ne sont pas absolument droits, mais légèrement aigus ; que les colonnes sont inclinées vers l'intérieur du temple et que leur axe n'est point perpendiculaire au sol , que les colonnes des angles ont une inclinaison double
pour prévenir avec plus de force la poussée ou écartement de l'édifice; qu'en résumé toutes les arêtes verticales du monument, ainsi que les axes de toutes les colonnes suivraient des lignes qui, prolongées dans l'espace, aboutiraient à un point commun fixé sur une perpendiculaire élevée au centre de l'édifice. Cette disposition savante était en partie destinée à préserver les monuments autant que possible des effets des tremblements de terre si fréquents dans l'Altique, et c'est sans doute à elle que nous devons la conservation des temples grecs qui subsistent. La concavité des longues lignes horizontales à l'extérieur du Parthénon a été découverte et observée par des architectes étrangers. Elle est proportionnellement plus forte sur les faces principales que sur les faces latérales, et un peu moins forte aux entablements de ces faces qu'aux gradins formant stylobate. M. Penrose donne le résultat de ses études ainsi qu'il suit :
Longueur totale.
Hauteur (le la convexité.
Hauteur
de la convexité
sur une longueur
de 100 pieds.
Gradins des faces principales.
101,3 pds angl.
0,228 pds.
0,225 pds.
Id. latérales. . .
Entahl' des faces principales.
Ll, latérales...
Dans le tympan oriental du Parthénon, on avait représenté la naissance d'Athéné avec tout ce qui s'y rapportait. Dans cette gigantesque composition, il y avait de vingt-quatre à vingt-cinq figures et quatre chevaux. Le fronton occidental, celui tourné vers les Propylées, retraçait la victoire d'Athéné sur Poséidon. On y voyait également vingtquatre à vingt-cinq figures en ronde bosse et quatre chevaux. L'extérieur de la cella contenait la célèbre frise représentant les Panathénées, et qui, placée à une hauteur de 12 mètres du sol, avait un développement de 158 mètres et 1 mètre d'élévation. On a évalué à trois cent vingt le nombre de figures qu'elle devait contenir. Ces sculptures, par leur peu de relief, étaient savamment calculées pour produire de l'effet de la place qu'elles occupaient. Les métopes, les frontons et la frise, chefs-d'œuvre de la statuaire, sont l'œuvre de Phidias.
Dans riiypèthre à l'ouest au fond, était placée la statue colossale d'Athéné, également l'œuvre de Phidias. Cette figure, de 16 coudées grecques ou 12 mètres d'élévation, était en ivoire et en or. La seule dimension de cette statue assise, dont la tête aurait touché le faîte du temple, semble avoir été destinée a faire concevoir l'idée que tout
L'ODKON. 503;
sanctuaire était insullisant pour mm lullo divinité. Oiiaïul Phidias proposa de l'exécuter en marbre de préférence à livoire, parce que le marbre conserve plus longtemps une belle apparence, les Athéniens y consentirent; mais lorsciu'il ajouta que cette matière coûtait aussi moins cher, ils lui imposèrent silence', exemple de la noblesse et de l'élévation de sentiments des Grecs! La statue fut donc exécutée en ivoire, et le manteau mobile en or de la Pallas Athéné du Parthénon pesait hk talents d'or ou 2,950,000 francs -.
L'architecte et l'homme de goût doivent consacrer une étude approfondie au Parthénon, œuvre parfaite qui n'a jamais été égalée. Expression de la plus grande élégance architecturale, de la plus juste proportion dans ses diverses parties, de l'harmonie la plus accomplie dans ses détails, elle réalise la manifestation des plus belles formes données à la matière inorganique dans le but ([ue se proposait l'artiste. La sévérité dorienne s'y rencontre alliée et unie •étroitement à la grâce et à la délicatesse ionienne.
Dans la vie de Caton l'Ancien, Plutarciue rapporte un fait qui aurait eu lieu après l'achèvement du Parthénon. Le peuple athénien, ayant rendu la liberté aux mulets qui avaient montré le plus de courage et d'activité pendant la construction du temple, les laissa pâturer en liberté. Un de ces animaux serait retourné de lui-même aux travaux^ en précédant ou accompagnant les bêtes de trait qui montaient les voitures sur l'Acropole, comme s'il avait voulu les encourager; il fut décidé que cet animal serait nourri jusqu'à sa mort aux frais de l'État ••'.
l'odéon.
Antérieurement à l'année kh'o, Périklès éleva à Athènes, sur les fondations d'un monument commencé en /|99, un Odéon destiné aux concours pour les prix de musique, et surtout de la tlùte, qui avaient lieu pendant les fêtes des Panathénées. C'était un vaste édifice contenant à l'intérieur une infinité de sièges et de colonnes. Sa couverture était probablement une sorte de coupole, si l'on en juge par des vers de Kratinos qui, en parlant de l'Odéon de Périklès, fait allusion au crâne élevé de ce grand homme''. Pausanias dit en