‹ Histoire générale de l'architecture (volume 3)Chapitre 295 sur 298 · Atlante vu de côté au Temple de Zcus il Agrigente · texte numérisé non relu

Atlante vu de côté au Temple de Zcus il Agrigente

écrivait au milieu du second siècle avant l'ère vulgaire, dit que le temple de Zens Olympien « n'est pas encore terminé; mais autant qu'on en peut juger par la grandeur et l'étendue de ce qui est construit déjà, il ne le cède à aucun temple de la Grèce -. »

A l'angle sud-ouest d'Agrigente, existait un autre temple, actuellement en ruine, consacré à Hephaistos, et composé d'éléments dori-

1. Diodore, 1. xxm, eg. xiv. — 2. Polybe, 1. ix, cli. xi.iii.

5Zi8 LIVRE PREMIER.

ques et ioniques; il s'y trouvait encore un temple des Dioskures, à l'ouest de la ville et de son agora, de 31°' 80 de longueur sur 13™ kh de largeur. La hauteur des colonnes est de 5"° 98, leur diamètre du bas de l'os!, celui du haut de O^QS. Il existe à Agrigente un petit monument de 5^70 de largeur sur 5"" 95 de longueur dans œuvre, communément appelé Oratoire de Phalaris ( qui administra Agrigente de 565 à 549 avant l'ère vulgaire, pense-t-on ?). Ce petit édifice est de l'ordre dit toscan-romain, et il date, selon nous, des premiers temps de l'empire. Un autre monument d'Agrigente , appelé Tombeau de Théron (il administrait la ville de ii88 à 473 avant l'ère vulgaire), est formé d'un soubassement carré de 5"* 50 en tout sens, sur lequel s'élève une portion pyramidale avec quatre colonnes ioniques engagées, surmontées d'un entablement dorique, de l'époque de décadence (l'ensemble de 9°» 25 d'élévation). Ce monument ne se rapporte nullement à Théron, mais à des tombeaux élevés à des chevaux, en forme de pyramide ou plutôt d'obélisque, dont parle Pline'. Il y a tout lieu de croire qu'un second étage terminait ce monument.

Ségeste, en latin Egesta, dans la partie occidentale de la Sicile, habitée par des Phéniciens, et disputée aux Grecs à cause du commerce auquel elle servait de communication de Carthage avec la mer tyrrhénéenne, avait été fondée après la prise d'ilion, selon Thucydide-, par les Troyens qui prirent le nom d'Élymes; il se joignit à leur population quelques Phocéens qui, au retour de Troie, poussés par une tempête dans la Libye, passèrent de là en Sicile. Ségeste fut la rivale de Sélinunte dans le v*^ siècle avai>t l'ère vulgaire; dès 419, il y eut des guerres entre ces deux villes. Il reste encore un temple debout à Ségeste; hexastyle, périptère, avec quatorze colonnes sur ses côtés, il s'élève sur trois gradins. Il a 61" 36 de longueur, 26™ 50 de largeur; ses colonnes ont 9™ 07 d'élévation, !■» 88 de diamètre inférieur, l™ 57 supérieur, L'entre-colonnement est d'environ un diamètre 1/5. La hauteur de l'entablement est à peu près de 2/5 de diamètre des colonnes. L'échiné du chapiteau est assez saillante, la courbe en est ferme et sévère. Les cannelures des triglyphes sont terminées à leur sommet carrément. Les fûts des colonnes ne sont qu'épannelés et leurs cannelures ne sont même pas amorcées à leur base et à leur sommet, ce qui est une preuve que le monument est resté inachevé. Les grandes

1. Pline, Hist. nat., 1. viii, cli. xlii. Agrigenti complurium equorum tnmuli py7-riniiiles liabent.

:i. Thucydide, I. vr, c!i. ii.

TEMPLES DE P.ESTUM. 5/i'J

lignes de ce temple ont la légère concavité ou courbure remarquée dans les édifices grecs de la belle époc{ue, ce qui porte à admettre qu'il est de la fin du v" siècle avant l'ère vulgaire, et qu'il est resté inachevé par suite des guerres qui eurent lieu vers cette époque entre Ségeste et Sélinunte. — On voit encore à Ségeste les restes d'un grand théâtre grec dont l'orcheslre seul avait IG'" 55 de diamètre; la longueur totale de la scène était de 27"' 70. Ses débris, où l'on rencontre du dorique et de l'ionique, indiquent son époque, le milieu du ni'-' siècle avant l'ère vulgaire.

A Acres, colonie de Syrakuse, on trouve encore les restes de plusieurs monuments de la décadence grecque, tels que des fragments d'un édifice à colonnes, deux théâtres et plusieurs tombeaux.

A Métaponte, dans la Grande-Grèce (sud de l'Italie), qui était en rapport avec Sybaris et qui fut fondée, en 77/t avant l'ère vulgaire, par des Achéens sous la conduite de Daulios , tyran de Krissa près Delphes , on voit les ruines d'un temple dorique périptère , d'un caractère noble et sévère, ayant quelque ressemblance avec l'architecture ancienne de la Sicile. L'échiné des chapiteaux est trèssaillante, son profil moelleux : en dessous ne se trouvent que deux filets. Ce monument datait sans doute de la fin du v'' siècle avant l'ère vulgaire'. On trouve encore à Métaponte les débris d'un autre temple, des fragments de corniche en terre cuite, qui ont, sans doute, appartenu à la décoration extérieure d'un édifice bâti en partie en charpente. On y remarque un choix sévère de tons rouges, noirs et jaunes.

Vers 580, des Achéens de Sybaris fondèrent Poseidonia, nommée plus tard Paistos, Pœstum, conquise vers 388 avant l'ère vulgaire par les Samnites, lorsque Denys, tyran de Syrakuse, leur prêta ses secours contre les villes helléniques de l'Italie. Paestum est située à 70 kilom. sud de Naples, sur le bord du golfe de Salerne. Cette ville fut totalement détruite par les Sarrasins dans la seconde moitié du IX* siècle. On y voit trois temples doriques^, dont bon nombre de colonnes sont encore debout , ainsi que leurs frontons. Leur style

1. Métaponte, par le due de Luynes et F. G. Debacq. Paris, 1832. In-fol.

2. C. M. Delagardette, Les ruines de Pœstum ou Posidonia. Paris, an II; Paris, 1840. In-fol. — Th. Major, The ruins of Pœstum. Londoii, 1768. In-fol. — 3. -§. SSartetg/ 33viefe ûbcï Satatvieii uiit ©iciticit. ©éttingciw 1792. 3 vol. in-8. — Bamonti, Anticintâ Pestane. Napoli, 1819. Iu-8. — 5. Si. 2. SicfUv, J^aubtiui; ber alten (Scogni^^ïiif. Jîaffd/ 1824. In-8. — 3" cdit., 1836, avec atlas, l" vol., p. 424.

n'indique pas une aussi haute antiquité que celle de certains temples de la Sicile: mais un d'eux, le temple de Poséidon, appartient cependant encore à la fin du v^ siècle avant l'ère vulgaire (/t25?). On trouve aussi à PcTStum un grand nombre de vestiges de constructions antiques.

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