TEMPLES DE PESTUM
de largeur sur 32" /;9 de longueur; la hauteur des colonnes est de ô^^O, elles ont vingt cannelures, 1™30 d'entre-colonnement, l'"21 de diamètre inférieur et O^'OQ de supérieur. Il est d'ordre dorique, hexastyle avec treize colonnes sur les faces latérales. Le temple proprement dit se compose : 1° d'un pronaos qui s'élève sur quatre gradins ; il est formé de face de quatre colonnes et d'autant sur chacune des faces latérales ; 2° vient ensuite une cella de 7'"/i0 de largeur hors œuvre, qui contient un petit sanctuaire où était placée la statue de la divinité; et 3° enfin un opisthodome fermé. Les colonnes ont une entasis très-considérable, la diminution du diamètre à leur sommet est trèsprononcée. L'échiné est forte, avec un assez beau profil presque en ligne droite. En dessous est un gorgerin orné de feuilles et en retraite sur le fût. L'architrave est couronnée de larges moulures ioniques; les triglyphes ont de mauvaises proportions et semblent avoir été ajoutés après coup. Ce temple est en général d'une époque de décadence et ])ourrait bien n'être que du dernier siècle avant l'ère vulgaire.
Le troisième monument de Pœslum, arbitrairement qualifié de basilique, est
également un temple d'ordre dorique, de 2/t"'02 de largeur sur 52 mètres de longueur. Il a sur les deux faces principales neuf colonnes, et dix-huit sur les côtés latéraux. Ces colonnes ont6'"ll de hauteur, vingt cannelures, 1™38 de diamètre au pied, 1"' 06 de diamètre au sommet; à 5"' 20 du sol commence le renflement ou entasis avec un diamètre de 1"'29. L'échiné du chapiteau est saillante et d'un profil mou : en dessous se trouvent un rang de perles, ensuite un filet et enfin un gorgerin profond et outré, orné de feuilles. Cet ensemble, d'un assez mauvais goût, est une preuve que ce monument est d'une époque de décadence bien marquée. 11 est vraisemblable qu'il date de la même époque que le monument précédent.
â'.'l. — Colonne du grand Temple de PiEstum.
L'édifice qui nous occupe était pseudo-diptéral, avec une cella oblongue et étroite au centre, sur l'axe de laquelle, par exception à la règle générale, il existait une rangée de dix colonnes, également d'un dorique abâtardi. La frise du temple n'a pas de triglyphes. Quelques auteurs ont pensé que ce moïiument était une stoa, d'autres une basilique, mais sans fournir de raisons concluantes en faveur de leur opinion.
En l'année 332 avant l'ère vulgaire, Alexandre fonda la ville d'Alexandrie, en Egypte; Deinocrates, l'architecte, en fit le tracé. Son enceinte était formée de murs remarquables par leur élévation ; et sa défense était merveilleusement assurée par sa position, car, placée entre la mer et un lac, on ne pouvait y arriver de l'intérieur que par deux langues de terre très-étroites et très-faciles à garder. Elle était traversée au milieu par une vaste rue qu'une seconde coupait verticalement. Cette rue était bordée de belles maisons et de temples magnifiques. Le palais seul occupait un quart de la ville : le musée en faisait partie et renfermait la célèbre bibliothèque. En l'année 2Sk avant l'ère vulgaire, Ptolémée H Philadelphe fit connnencer le célèbre phare conçu et bâti par l'architecte Sostralos de Knide, et qui avait coûté 800 talents'. Le phare est une tour très-élevée, d'une architecture merveilleuse, bâtie dans une île dont elle porte le nom^. Cet édifice avait à sa base un stade carré; il s'élevait, en gradins et dé forme pyramidale, à une grande élév^ation. 11 existait encore au xn^ siècle, époque à laquelle Edrisi ou le géographe nubien fit une description de ce monument extraordinaire, détruit parles Arabes. Le phare était destiné à faciliter la navigation, si favorisée sous Ptolémée Philadelphe, qui fut aussi un puissant protecteur du commerce et de l'industrie. Josèphe assure que le fanal du phare projetait autrefois sa lumière à 300 stades (55 kilomètres!) en mer, et signalait ainsi de loin la côte dangereuse aux vaisseaux que les vents et le courant du nord-ouest y portaient rapidement. Des escaliers habilement construits conduisaient dans de nombreux appartements : des bêtes de somme pouvaient y monter, tant les pentes étaient adroitement ménagées. Quand l'empereur Claude éleva le phare d'Ostie, il prit pour modèle celui d'Alexandrie.
1. Pline, Hisl. nul., 1. xxxvi, di. xviii. -- Slraboii. 1. xvn. p. 791 — Lucien Hippius. — Gemment on doit écrire l'Iiisloire. — Arrien , ExiK-ditions ci' Alexandre, 1. m, cil. I. —