Vyse, t. III, p
et associèrent encore les arts à la grandeur de cette époque. H y a à Beni-Hassan trente-quatre tombeaux, dont (juatorze ornés de colonnes. Ces tombeaux sont remarquables par leurs peintures et surtout par leurs simples et belles colonnes h cannelures, prototype du dorique grec, qui a les mêmes proportions et paraît emprunté à l'architecture égyptienne. On voit aussi dans ces hypogées des colonnes à faisceau imitant des tiges de plantes réunies, liées ensemble et ornées de Heurs en bouton qui forment le chapiteau : ce sont les premiers spécimens des élégantes colonnes qui jouent un rôle important dans les monuments de la xvni^ et de la xx^ dynastie. Ces colonnes ont 4™ 80 de hauteur, fujarcs 38 et /tO. Enfin ces tombeaux contiennent encore la plupart des ornements usités depuis dans l'architecture grecque, tels que méandres, enroulements, guillochés, etc., etc. La tombe que nous donnons ici {figures 35, 36, 39) est celle d'Aménemhé, qui vivait sous Osortasen. Beni-Hassan est l'ancienne Nus ou Nous égyptienne.
Au règne d'Osortasen appartiennent encore un obélisque d'Héliopolis, une stèle obéliforme à Bigig, dans le Fayoum, et les portions les plus anciennes du grand temple de Karnac'. La stèle, qui s'éloigne de la forme ordinaire des piliers commémoratifs, paraît avoir précédé les obélisques. Dans tous les cas, elle mérite d'être citée comme échantillon d'un goût qui a disparu avec l'ancien empire.
On remarque dans les bas-reliefs et les peintures autant de bustes profilés que représentés de face; les deux modes sont employés simultanément, et Ton voit même des têtes de face, témoins les chanteuses et joueurs de flûte double à Beni-Hassan. Les animaux sculptés ou peints à cette époque sont aussi très-remarquables. Aménemhé continua la direction guerrière qu'avait prise ^Ég^pte.