‹ Histoire générale de l'architectureChapitre 29 sur 108 · Annotations sur CaUii:trri tes, p · texte numérisé non relu

Annotations sur CaUii:trri tes, p

l'achèvement des deux palais n'eut lieu que sous les pontificats d'Innocent X et d'Alexandre VII (1644 à 1658). Giovanni del Duca, sculpteur sicilien, élève de Michel-Ange, eut la direction des travaux : il orna la fenêtre du milieu d'une décoration de mauvais goût ; il y a lieu de supposer qu'il ne suivit pas strictement les projets de son maître. Le style de ces façades est peu susceptible de louanges. Les colonnes du portique sont trop grêles, l'entablement est trop haut et trop lourd, l'ornementation des fenêtres est de mauvais govit ce qui ne la rend pas légère ni élégante, les colonnes du fond du péristyle, trop rapprochées des pilastres, sont inutiles et mal employées; leur chapiteau ionique est malheureux, et offre peut-être le premier exemple de volutes qui projettent diagonalement, au lieu d'être parallèles à la façade; ensuite cette maigre guirlande de feuilles est mesquine. On trouve des spécimens de ces volutes à Pompéi, de la décadence de l'art grec ; mais il n'est pas probable que Michel-Ange en ait eu connaissance.

La porta Pia fut élevée par Pie IV en 1561 sur les dessins de Michel- Ange; cette porte ne fut jamais achevée; d'un goiit bizarre, elle est peut-être la moins bien des créations du grand artiste. Il est heureux qu'elle n'ait pas été terminée.

Selon l'opinion dominante de ses contemporains, Michel-Ange était considéré non moins unique et classique, comme architecte, qu'il l'était comme peintre et sculpteur. Mais notre siècle en a décidé autrement et cela à bon droit. On ne peut le contester, l'architecture a été son côté faible, quoiqu'on ne puisse méconnaître dans cet art son puissant génie. Il y a cependant dans ses créations architecturales, moins que dans ses peintures et ses sculptures, un caractère grandiose, mais un style lourd et surchargé qui prime. Dans ses tableaux et dans ses sculptures, on voit presque toujours le germe caché de la dégénérescence de l'art et qui apparaît clairement en se développant. C'est ce qu'on ne peut nier, mais on serait injuste si on déclarait Michel-Ange comme auteur du goût dégénéré de l'architecture, car on saisit déjà clairement un goût abâtardi dans les œuvres de San-Gallo, œuvres antérieures à la plupart de celles de Michel-Ange. Quant à ce dernier, il a plutôt relevé qu'abaissé l'architecture, il pouvait au moins prétendre à la supériorité sur San- Gallo, qu'on lui accordera sans doute en comparant les plans des deux artistes qu'ils conçurent pour l'église de Saint-Pierre. Mais

parce qu'il obscurcit précisément le renom de San-Gallo, il en obtint un bien plus important, mais en même temps une influence funeste sur l'avenir, comme architecte.

Le palais Farnèse ' fut construit par Paul III (1534 à 1550), sur les dessins d'Antonio da San-Gallo ; après la mort de cet architecte

Page 1