‹ Histoire générale de l'architectureChapitre 46 sur 108 · Mém. de Philippe de Comines, liv. VIII, eh. xv · texte numérisé non relu

Mém. de Philippe de Comines, liv. VIII, eh. xv

sculptures, leurs lits coûteux, leurs tapis et leurs autres meubles. Il rapporte que les pierres de taille du palais des doges sont dorées sur leurs arêtes à un pouce de largeur et que dans l'intérieur du palais les salles brillent dans Tor et les couleurs. Il admire^ le luxe de marbre dans la Chartreuse de Pavie, la plus belle église qu'il ne vit de sa vie. C'est encore lui qui nous fait connaître les constructions et les œuvres d'art entreprises et exécutées par Charles "\'ni-. Ce roi et son successeur exceptés, ce fut le ministre de Louis XII, le cardinal Georges d'Amboise,qui a eu le mérite d'avoir été le protecteur des arts et d'avoir développé en France une culture plus élevée que par le passé. Rien ne donne une plus haute idée de son amour pour les arts que son château de Gaillon, qu'il bâtit et embellit avec tout le luxe connu alors, quoique ce château ne fut pas sa propriété personnelle, mais qu'il appartînt à rarchevèché de Rouen, dont il était le prélat. C'est dans le même esprit que bâtissaient un Jules II et un Léon X; mais l'amour des arts du cardinal a été encore plus désintéressé; car les affaires d'État le tenaient prescjue toujours éloigné pendant tout le temps qu'il en eut l'administration, et Cfu'il ne put visiter Gaillon qu'une douzaine de fois et durant quelques jours seulement, comme sa création de prédilection ^.

Page 1