Né en
enfin, une stabilité complète dans le lieu choisi pour habitation, et une année d'épreuves appelée noviciat.
La règle à laquelle les Bénédictins furent astreints par leur fondateur était simple. Elle n'ordonne ni macérations, ni abstinences trèsrigoureuses. Au lieu d'exposer l'imagination des adeptes aux écarts du mysticisme contemplatif , saint Benoît leur prescrivait, outre la prière, le travail des mains, l'étude et l'instruction de la jeunesse, sources de vertus, de charité et de bonheur. L'administration de chaque communauté et le soin de la discipline furent confiés à un abbe ou Père élu, dans le sein de la société, par le libre suffrage des moines.
La règle de Saint-Benoît proscrivait l'oisiveté tant du corps que de l'esprit. Elle favorisait le développement de l'intelligence, et c'est ce que nous prouve l'histoire des congrégations bénédictines. La copie de manuscrits précieux, ordonnée à ces moines, devait leur faire connaître une foule d'auteurs classiques. Seuls et uniques dépositaires de la science et des arts pendant une longue période de temps, ils ont du aussi s'occuper spécialement d'architecture; et c'est ce qu'établit encore l'histoire de leurs communautés, qui étaient presque les seuls couvents jusqu'au xn° siècle. Les Bénédictins furent donc, jusque vers le xue siècle, les architectes de presque toutes les églises élevées en Occident.
La règle de Saint-Benoît eut pour la France encore d'autres conséquences. Partout où la dotation d'une église le permettait, on chercha à faire entrer le clergé séculier dans une sorte de règle monastique. Ln évôque de Metz, Chrodegang, engagea en 760 son clergé à former une communauté sous une règle uniforme, vila canonica. Leurs membres prirent le nom de canonici catlicdralcs, chanoines. Les règlements publiés par Chrodegang furent reçus et adoptés par la plupart des chapitres. Ce n'est qu'au xn« siècle que les corporations canoniales s'affranchirent du joug de la vie commune.
Lorsque les moines de Saint-Benoit élevaient des églises pour les évêques, lorsqu'ils bâtissaient des paroisses, ils suivaient dans le plan la forme adoptée pour ces monuments; mais leurs propres églises abbatiales avaient un type consacré dont on ne s'écartait pas. Une ou deux tours s'élevaient à l'occident, une autre sur l'intersection de la nef et des transsepts, et deux autres flanquaient le chœur à droite et à gauche. Telles sont les églises de Cluny, de Jumiéges, de Morienval, département de l'Oise, arrondissement de Senlis, de Laach, dans la Prusse-Rhénane, près d'Andernach sur le Rhin , etc.
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En 580, saint Colomban, Irlandais de naissance, convertit les Pietés ; il introduisit l'état monacal sur une des Hébrides, nommée Hij, aujourd'hui Jona, qui d'après lui fut appelée J.-Colm-Kill, ile de l'église ou de la cellule de Colomban. L'abbaye célèbre qu'il y établit rivalisait de science avec celle de Bangordans le pays de Galles. La règle qu'établit saint Colomban se composait d'éléments empruntés aux couvents d'Orient, et les moines qui suivirent cette nouvelle règle se nommaient Culdèes 1 . À ces derniers et aux Bénédictins appartiennent toutes les communautés qui s'établirent dans des couvents en Occident.
1. Cultore» Dei. Voye» Encyclop. britann., r. Culdei. — J. W. J. Brauit, De Culdeit, Commentant hUtorico-tcele». Bonn», 1840. In-4.