SA1NT-ÉL0I DE TRAC Y
que témoigne leur expression. Quelques-uns de ces chapiteaux présentent des enroulements, des feuillages, des oiseaux, des entre-lacs. Mais les uns et les autres, têtes humaines, feuillages et animaux, ont un caractère très-barbare et primitif, dénotant une main de sculpteur fort inhabile. L'abaque des chapiteaux du premier étage, excessivement simple, se compose d'un filet orné de perles, d'un tore et d'un filet inférieur enrichi de dents de scie ou de loup. Ces huit baies sont couronnées d'archivoltes à ogive composées de tores, de gorges et de filets qui suivent l'inclinaison de l'évasement des jambages. Ensuite vient une partie supérieure et octogone, dont les angles sont placés perpendiculairement au-dessus du centre des ouvertures du premier étage. Cette portion octogone est couronnée par une rangée de petites arcades circulaires soutenues encore par des têtes d'animaux. Alors vient un petit stylobate en retraite formé de diverses moulures sur lequel s'élève enfin le second et dernier étage composé de huit ouvertures couronnées par des archivoltes à ogive, mais à ogives plus prononcées que celles de l'étage inférieur. Ces archivoltes sont terminées par une rangée de dents de scie, et en dernier lieu par une bande ornée de perles. Arrive enfin une autre partie octogone et lisse couronnée par une corniche qui a une frise formée de petits arcs plein cintre soutenus par des têtes grimaçantes. La ligne oblique de la pyramide à huit pans et en pierre qui couronne ce joli clocher ou tour a $m 78 de longueur.
Mais les chapiteaux de ce second étage ne sont point barbares comme ceux du premier. Ils sont formés de la feuille à crochets semblables à l'exemple que nous avons donné, en parlant de ceux de la cathédrale de Noyon *. Us sont élancés et élégants, produits par une main plus habile que celle qui a fait le reste de la sculpture. Sur chaque angle de l'étage supérieur s'élève une colonne , non circulaire comme toutes les autres , mais ayant une forme ovale et presque une arête sur la partie la plus saillante, arête ornée dans sa hauteur de huit feuilles à crochets qui ressemblent à des feuilles de palmier dont l'extrémité serait roulée sur elle-même. Le filet sur lequel s'élève la pyramide octogone est décoré de têtes de clous dans toute son étendue horizontale. A la hauteur des archivoltes des fenêtres du premier étage, on aperçoit les troncs, fort mutilés, de quatre figures ailées, placées en cet endroit pour masquer sans doute le plan oblique qui
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résulte du passage du carré à l'octogone. Le clocher de Saint -Éloi de Tracy-lc-Val a 20B 50 d élévation.
La tour de l'église de Tracy-le-Val , élevée évidemment à la même époque que Notre-Dame de Noyop, avec laquelle elle a une ressemblance frappante dans les détails, surtout dans les bases des colonnes, dans les chapiteaux de l'étage supérieur, est- elle l'ouvrage d'un prêtre? ou bien est-elle l'œuvre d'un architecte laïque, peu expérimenté encore dans les éléments qui devaient entrer dans le style à ogive? L'une et l'autre hypothèse ont quelque vraisemblance, la dernière surtout. Saint-Éloi a dû être simplement une petite paroisse, car on n'y trouve aucune trace de monastère. Saint-Éloi est en outre le patron des maréchaux et des serruriers, qui, comme on le sait, composaient des corporations au moyen âge. Le bas de la tour offre encore tout le caractère de l'architecture sacerdotale. Le premier étage est déjà élancé ; mais on y voit des détails qui ne conviennent pas au style perpendiculaire adopté dans la suite par les architectes séculiers. Enfin l'étage supérieur offre dans ses chapiteaux le style de la sculpture employée au xur5 siècle ; nous savons qu'à cette époque les prêtres ne bâtirent plus, généralement parlant. En llJii, Tracy fut donné aux templiers par l'évêque de Noyon.
A Berneuil-sur-Aisne, dans le canton d'Attichy, arrondissement de Compiègne, département de l'Oise, existe une petite église dont la nef date du commencement du xu* siècle; les transsepts et le chœur, fort insignifiants du reste, sont de la fin du xmv Cette paroisse est une Notre-Dame. L'ancienne partie se compose de six arcades, trois au nord et trois au sud, qui ont ensemble avec les piliers qui les supportent une longueur de U mètres. La nef centrale a 5œ &6 , et les collatéraux 3m 11 de largeur. Les piliers sont carrés, de 87 centimètres, et à /i™ 06 les unes des autres. Les faces orientale et occidentale sont ornées d'une demi-colonne de 55 centimètres de diamètre. A l™ 57 du sol s'élève leur chapiteau composé d'enroulements et de feuillages élégants et d'animaux, au milieu desquels on voit des calices et des lances. Les tailloirs sont tantôUsimples, tantôt ornés de feuilles. On en voit un, composé d'une bande ou filet , sous lequel sont deux boudins offrant l'apparence d'une corde. Les arcades de la nef sont à plein cintre, sans moulures et sans archivoltes. Au-dessus de chacune d'elles il existe une petite fenêtre à plein cintre, qui éclaire la nef. Nous donnons ici un morceau de la corniche extérieure du collatéral du midi. Les parties foncées dans le damier ont la même couleur que