ÉGLISES A COUPOLE
soutiennent les arcades qui séparent la nef des collatéraux. Au-dessus de ces arcades s'élève une galerie aveugle, espèce de placage à trois arcades ou niches portées par»une sorte de console. L'amortissement de cette arcature supérieure forme comme une large corniche derrière laquelle s'ouvre, dans chaque travée, une fenêtre à plein cintre, flanquée de deux autres fenêtres figurées. Des colonnettes géminées les accompagnent et reçoivent les retombées de la coupole; une autre fenêtre éclaire les bas côtés. Les travées sont séparées longitudînalement les unes des autres par une arcade; l'une d'elles contient une galerie qui sert de pont pour passer d'un côté à l'autre du toit.
Les trois travées orientales n'offrent que des pleins cintres ; les piliers, ayant probablement été retouchés, sont irréguliers de plan : ils n'ont qu'un tailloir et point de chapiteau. La quatrième travée qui, sans nul doute, a été restaurée, montre au sud une ogive à l'arcade inférieure; celle jdu nord offre un plein cintre. Après la cinquième travée, l'ogive devient constante dans les arcades; les piliers prennent, en plan, la forme d'une croix et se couronnent de chapiteaux variés et du style fleuri du xir3 siècle. Les deux dernières travées, à l'occident, ont leurs piliers également en forme de croix, mais avec une colonne engagée dans chaque angle rentrant.
Le chœur de Notre-Dame du Puy est la partie la plus ancienne. Les vestibules nord et sud et les salles au-dessus formaient les transsepts de l'église primitive, comme semble l'indiquer leur disposition intérieure et extérieure, analogue à celle du chœur. Les transsepts furent séparés probablement vers la fin du xn* siècle. L'église primitive ne comprenait que quatre travées, et sa forme était celle d'une croix. La travée centrale de l'église est couverte par une suite de coupoles, il n'y en a point dans les transsepts, couverts par une voûte en berceau. 11 ne serait pas impossible cependant que les transsepts eussent été ajoutes dans la suite, au commencement du xne siècle peutêtre.
A Angoulême, au Roulet, près de cette ville, nous rencontrons d'autres églises à coupole. A Loches, il en existe une où l'ogive est employée. L'existence, en France, de ces églises à coupole, est certes remarquable; elles ne se rattachent aucunement au style employé chez nous pour les autres églises de la même époque. Elles sont restées isolées, sans influence sur les constructions postérieures; on dirait que leur caractère exotique a fait repousser leur imitation. Leur situation géographique semble indiquer qu'elles ont été conçues par des
architectes qui, après avoir visité l'Italie et la Grèce, Venise et Athènes surtout, Constantinople même, voulurent se distinguer par des constructions différant essentiellement de pelles élevées en Occident, dans le centre et le nord de la France en particulier. Ces églises à coupole sont une imitation de modèles orientaux des lemps avancés de l'architecture chez les Byzantins. Car, c'est pendant la seconde époque de l'architecture néo-grecque que les dômes se multiplient, et c'est encore pendant la troisième, du xe siècle au xu", que le plan des églises tend de nouveau à se rapprocher des basiliques romaines.
Il ne faut pas être trop absolu en attribuant aux coupoles, en France, une origine orientale. Le système développé de la coupole est romain de naissance. Les architectes français frappés de l'aspect des coupoles des monuments romains antiques ont voulu reproduire cette forme élégante et utile en même temps, qui leur épargnait une énorme quantité de bois de charpente. Le Panthéon, l'ancien temple de Bacchus, aujourd'hui Sainte- Constance, et Saint -Étienne- le -Rond, à Rome, beaucoup d'autres petits monuments à coupole dans cette ville et les environs, Sainte-Marie-Majeure de Nocera, Saint-Sauveur à Terni, le tombeau de Théodoric à Ravenne, etc., etc., sont des modèles suffisants pour avoir pu être imités en France et ailleurs où nous voyons des coupoles.
Parmi les autres églises à coupole dans l'Aquitaine nous pourrions citer celles de Trémolac, de Solignac, de Saint-Hilaire de Poitiers, de Saint-Avit-Senieur, de Saint-Émilion, de Boschaud, de Saint-Martial de Vineyrol, de Verteillac et beaucoup d'autres encore.
Les églises circulaires ou polygonales se rapprochant de cette forme par un grand nombre de côtés inscrits dans le cercle sont fort rares en France et dans le reste de l'Europe même. Parmi elles, l'église de Rieux-Mérinville, arrondissement de Carcassonne, se distingue surtout. Son plan intérieur est un polygone de quatorze côtés, inscrit dans un cercle, mais dont les angles ne sont pas sensibles à l'extérieur. Son diamètre est de 1 7m 50. Au milieu, s'élève une coupole légèrement ovoïde, soutenue par sept arcades cintrées, disposées circulairement, et formant une enceinte intérieure ou un chœur dont le diamètre est de 8m 77, environ la moitié du diamètre total de l'église. L'espace compris entre la première et la seconde enceinte, que l'on peut considérer comme la nef ou les bas côtés du chœur, est couvert d'une voûte décrite par un quart de cercle, qui sert d'arc-boutant aux murs du chœur. Chaque côté du grand polygone intérieur est décoré