‹ Histoire générale de l'architecture Moyen ageChapitre 183 sur 367 · N OTRE-D AME D'AMIENS · texte numérisé non relu

N OTRE-D AME D'AMIENS

l'église abbatiale de Longpont. Le chœur est sans doute la partie la plus ancienne du monument

Si nous voulions nous arrêter à décrire seulement les monuments de première importance du xm° siècle, ceux qui méritent principalement de fixer l'attention, il nous faudrait quelques volumes in-folio. On ne doit donc s'attendre à ne trouver ici qu'un coup d'œil rapide sur les principaux monuments du style à ogive. Nous avons choisi ceux qui offrent le plus d'intérêt et par leurs dimensions et par leur importance pour l'étude de l'art à cette époque. Nous ne nous arrêterons qu'à un nombre limité de ceux où l'ogive et son système semblent avoir reçu leur plus complet développement.

En 1220, sous le règne de Philippe-Auguste, Évrard de Fouilloy, quarante-cinquième évêque d'Amiens1, posa la première pierre de la cathédrale de cette ville. Le monarque régnant, la commune et les corporations d'ares et de métiers se montrèrent à l'envi généreux en cette circonstance. Les murs sortaient à peine de terre lorsque Évfard mourut. Godefroi d'Eu, son successeur, les éleva du pavé jusqu'aux voûtes. L'évêque Arnould, dont l'administration dura de 1236 à 1267, fit construire les voûtes, les galeries du dehors et un clocher tout à jour, qui fut détruit plus tard par le feu du ciel, le 15 juillet 1527. On continua les travaux en 1285, avec les aumônes recueillies dans le diocèse, où l'on porta partout en procession la châsse de saint Honoré; et Notre-Dame fut terminée en 1288.

Trois architectes eurent successivement la conduite des travaux de cette église: Robert de Luzarches en traça le plan et la commença. Thomas de Cormont la continua, et Renaud, son fils, l'acheva, à l'exception des tours, qui ne furent élevées à la hauteur inégale où on les voit maintenant qu'en 1366.

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