Façade orientale de Salnl-Martln-lc-Grand, a Cologne
qu'une seule petite fenêtre à plein cintre. Le style de Saint-Martin est d'une grande élégance. Nous donnons ici sa façade orientale
ttttfts ju 3Hath), svrin , 2Bcrm#. jtrltifd» untttfudSt une fetjlorifd) ftftyftcKt. ©ftlin, 1853. Gr. in-8. — Gailhabaud, Monumenlt ancien* et moderne: — îungt, *DUIcrifdx HnRdjien, K. fl» vol. — Chapujr, Allemagne monumentale. — Moyen dgt Archéologique et Monumental, pl. 33, 237.
comme type du style du xu' siècle sur les bords du Rhin. On peut facilement saisir l'art qui a été déployé pour dissimuler la grande masse des murailles. La hauteur du sol à la naissance de la flèche centrale est de 38" 50, et celle de l'abside jusqu'au toit est de lô™ 80. Là vue géométralc ne rend point le pittoresque que présente Saint-Martin : mais il faut voir son chœur, son transsept et sa gigantesque tour, de la rue de la Douane (Zollstrasse) ; de ce point, on conçoit le génie do l'artiste qui conçut et vit dans son imagination son œuvre en perspective.
Le règne des princes de la famille de Hohcnstaufen (Conrad 111, Frédéric l"r, Henri VI, Otlon IV, Frédéric 11, de 1137 à 1254), fut une époque pleine de résultats heureux pour l'Allemagne. La chevalerie brillait alors dans tout son éclat, et les croisades amenèrent dans les différentes contrées de l'Allemagne la connaissance des chefs-d'œuvre de l'antiquité grecque et latine. Malgré les tourmentes intérieures et les guerres à l'étranger, l'Empire se consolidait dans ses fondements : les arts, l'industrie, le commerce prospéraient et le bien-être de la nation allait en augmentant. La littérature nationale se développait à la cour des Empereurs et dans les châteaux de la féodalité ; en un mot, le xne siècle vit s'épanouir une vie intellectuelle pleine de vigueur et d'avenir, dont un des grands promoteurs fut Frédéric 1", surnommé Barberousse, empereur en 1152, à l'âge de trente-un ans. Avec beaucoup de noblesse dans le caractère, il était brave, trèslibéral, religieux, mais ennemi des empiétements ecclésiastiques. Son principal but était de rétablir l'Empire comme pouvoir uniquement temporel, en opposition de la toute-puissance que les papes s'étaient arrogée ; il rêvait le rétablissement de l'Empire tel que Charlemagne l'avait constitué*. Pour l'époque où il vivait, Frédéric avait des connaissances étendues et il y ajoutait une grande mémoire. Il estimait les artistes et les savants, et en particulier les historiens. Il aimait et savait apprécier l'Architecture, qu'il encouragea dignement dans ses vastes États. Aussi est-ce du règne de cet empereur que datent une infinité de monuments et une sorte de renaissance dans le goût qui Présida à leur conception. Aucun prince ne resta aussi longtemps dansle souvenir populaire, et longtemps aussi après sa mort, arrivée
1. - Ad Caroli imilationeni jus ecclesiarum, statum reipublica? incoluroem et leguro integritatem per totum nostruui imperium servaremua. » Concilia Germauiir , de .1. llnrzhciui, t. 111, p. 399. Imitant Charlemagne, il faut chercher à fonder et a consolider le bien de l'État, le droit de IV^se, l'inviolabilité des lois dans toute l'étendue de notre empire.