IMITATION DE L'A NT I OU K
colonne au portail du transsept sud de l'église de Haraersleben, et disons pour mémoire que ces lions, avec la colonne centrale, ne sont qu'une réminiscence de ceux que les croisés virent à la porte de Mykène. Mais là ils sont debout, tandis qu'à Hamersleben ils sont couchés, ce qui vient de ce qu'à Mykène l'espace .est triangulaire, tandis qu'à Hamersleben le fronton qui les contient est moins élevé, puisqu'il n'est formé que par un demi-cercle. Dans l'église de Kœnigslutter les piliers sont fort simples, sans gorges et sans colonnettes aux angles; mais leur corniche d'imposte a tantôt, comme membre principal, une moulure qui ressemble à l'échiné dorique, tantôt une plus riche composition. L'église de Wechselbourg, fondée en 1174» est une autre basilique à piliers, dont les angles sont ornés tantôt de gorges, tantôt de colonnettes. Mais l'entente de la décoration des piliers est mieux* conçue dans l'église sur le Petersberg auprès d'Erfurt, incendiée en 1142 et consacrée déjà à nouveau dès 1147.
Si nous passons de la Saxe dans le bassin du Rhin, nous y trouverons une imitation plus complète et plus soutenue de l'architecture romaine de l'Empire. Là, comme nous l'avons déjà dit, il y avait des monuments auxquels on emprunta des types. Trêves était encore restée une ville entièrement romaine; Cologne avait conservé son Capitale et une infinité d'édilices du temps de Constantin. Plusieurs autres villes possédaient encore des murailles, des portes, des tours et des ponts élevés dans le caractère romain. Aix-la-Chapelle, Nimègue et Ingelheim offraient des palais et des édifices carlovingiens imités de l'architecture romaine. $ur les bords du Rhin, les traditions lalincs se conservèrent jusqu'au xie siècle. Le porche de Saint-Pantaléon, reste de la construction de l'archevêque Bruno (de 964 à 980), a encore des assises de pierre alternant avec des assises de brique : il a en outre des corniches rappelant l'antique; certaines parties de l'église de Sainte-Marie-du-Capitole, à Cologne, et qui datent de 1049, offrent une alternance d'assises de pierre rouge et blanche, ainsi que des pilastres supportant l'entablement sans l'intermédiaire d'arcades. Les chapiteaux dans l'église d'Echternach de 1031 sont corinthiens, semblables à ceux des temps carlovingiens, et enfin , dans l'addition qu'entreprit l'archevêque Poppon en 1047 au dôme de Trêves, on aperçoit l'emploi de la technique romaine de la manière la plus complète. Mais l'usage de la colonne dans les monuments romans sur le Rhin était rare ; la qualité de la pierre portait à faire reposer les arcades circulaires sur des piliers carrés; aussi sont-ils pour ainsi
dire exclusivement employés dans les églises de ces contrées. Telles sont les églises de Lorsch, postérieure à l'année 1090, consacrée en 1130, de kaiserswerth , de Hirzenach (1110), de Johannisberg (antérieure à 1130), de Saint-Matthieu de Trêves (de 1129), de Rommersdorf , d'Allenahr, de Sainte-Ursule, de Sainte-Cécile, de Sainte-Mariedu-Capitole, des Saints-Apôtres et de Saint-Martin-le-Grand à Cologne. D'un autre côté, les basiliques à colonnes sont très-rares dans le bassin du Rhin. Au nombre de ces basiliques, nous citerons l'église conventuelle de Limbourg sur le Hardt, fondée en 1030 par Tempe-
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