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MONUMENTS DU SUD-EST

Georges sur le Hradschin à Prague est une basilique à colonnes et piliers : elle est antérieure à un incendie qui eut lieu en 11£|2. Ellejest en forme de croix, avec un chœur circulaire et deux chapelles de môme forme sur le mur oriental du transsept. D'autres vestiges romans se trouvent à l'intérieur de l'église de Saint-Paul et Saint-Pierre sur le Wysschrad à Prague. L'ne autre basilique romane se voit dans l'ancienne église de l'ordre de Prémontré à Mùhlhausen, non loin de Tabor. La disposilion d'une seule nef existe dans la chapelle Sainte-Catherine à Tétin (cercle de Prague), dans la petite église de Saint-Jacques (cercle de Czaslau), avec un chœur circulaire et un triforium à l'ouest; dans les églises de Uebhausen (cercle de Lcitmeritz), de Rudig et de Poritz. La petite église de Zabor (cercle de Czaslau) est carrée, avec quatre colonnes au centre sur deux rangs; elle a un porche bien décoré, et une tour qui s'élève au-dessus des quatre colonnes. Les églises de Libitz (cercle de Kaurzim) et de Nudwojowice près de Turnau passent pour des monuments de la transition (commencement du xuie siècle), et enfin l'église de Tcpl (cercle de Pilsen), basilique à piliers, date de l'année 1197. L'église de Sainte- Agnès de Prague a été commencée en l'année 1233.

Dans la Moravie, on trouve à Znaim la chapelle castrale du vieux manoir des margraves, rotonde ordinaire, avec une abside semicirculaire, et le portail de Sainte-Croix, église des Dominicains à Iglau, avec des ogives écrasées, des colonnes et peu d'ornementation.

Plusieurs restes romans existent dans la ville de Breslau ; quelques parties de l'église de Saint-Vincent, basilique à colonnes, sont de Tannée 1H9. Le dôme Saint-Jean de Breslau fut élevé en 1U8, à la suite d'un monument antérieur qui fut démoli. Ce dôme est une basilique à piliers, mais remaniée pendant l'époque ogivale. Il existe à Trebni^z les restes d'une église conventuelle de femmes de l'ordre de Clteaux, et qui date de 1203.

Les monuments de l'époque romane sont en petit nombre dans l'archiduché d'Autriche. Nous citerons les portions qui appartiennent à la cathédrale de Saint-Éliennede Vienne, l'église de De utsch-Alten bourg, de 1213, la nef de Saint-Pierre de Salzbourg, de 1131, et voûtée en 1203. Des colonnes y alternent irrégulièrement avec des piliers carrés dans la nef, qui a 9" 32 de largeur. A Seccau, dans la Carinthie (cercle de Ludembourg), la basilique à colonnes, qui appartenait à un couvent, fut commencée en 1162 et consacrée en 116il». L'église de Saint-Paul, dans le val de Lavant en Sty rie, est une basilique

à piliers cantonnés de demi -colonnes; le chœur montre déjà une tendance au style ogival. Cette église est donc moins ancienne que la précédente. Ensuite il faut citer la cathédrale de Gurk, basilique à piliers, bâtie sans doute vers 1170. L'Italie fait sentir son voisinage dans l'ensemble de cet édifice. Au nombre des édifices grandioses de la transition, il faut ranger l'église de Lilienfeld (sur le Trasen), qui faisait partie d'une vaste abbaye de l'ordre de Cîteaux, et élevée de 1202 à 1220. Son chœur primitif était à cinq pans. Dans la suite il fut englobé dans une construction de forme carrée. L'ancien chœur n'avait que 8m 30 de largeur, celui qui y fut ajouté en a plus de 30; il est à six nefs, et toutes ses voûtes sont à un égal niveau. Il y a d'autres monuments de la fin du xue siècle, ou du commencement du siècle suivant, à Saint-Pôïten , à Klosterneubourg, à Neustadt, à Vienne (l'église Saint-Michel), enfin à Altenbourg et à Salzbourg (église des Franciscains, le dôme et Saint-Zénon), à Innichen.

Au nombre des monuments romans profanes, nous citerons en première ligne le château de Gelnhausen, dont il subsiste le rez-dechaussée, d'une fac.ade de 28 mètres de longueur. Sur un soubassement puissant s'élèvent à droite cinq arcades, hautes de 2*' 66, formées de colonnes jumelles dans l'épaisseur, reliées par des pleins cintres. Vient ensuite une porte élégante, couronnée d'un arc trilobé et avec une riche ornementation. A gauche sont trois arcades semblables à celles précitées: vient ensuite un trumeau, et enfin trois autres arcades. In perron découvert à deux rampes donnait sans doute accès à l'entrée du palais. Rien de plus élégant que l'ensemble de cette façade, rien de plus raflîné et de plus gracieux que toute la sculpture de ses cordons et de ses chapiteaux! D'après des conjectures et de grandes probabilités, ce château a été élevé par l'empereur Frédéric lrf Barberousse, entre les années 1170 et 1175. Ce prince, ennemi du désordre et par conséquent des prétentions papales, était allé en Palestine, ou il accompagna son oncle, l'empereur Conrad III. Là, en Orient, en 11 /»7, âgé seulement de vingt-six ans, son esprit supérieur fut frappé des chefs-d'œuvre de tout genre qui se présentèrent à lui. Plus tard, quand il prit le sceptre, il répara les châteaux qu'avait fait bâtir Charlemagne, son idéal ; il en éleva à Hanau et à Triefels, et celui de Gelnhausen. Frédéric aimait les arls et les sciences, surtout l'histoire. La beauté des restes de son palais de Gelnhausen est une preuve qu'il sut choisir un architecte d'un goût accompli. L'entrée du palais de Gelnhausen, ainsi que sa chapelle

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