CATHÉDRALE DE TOURNAI
des transsepts de l'église de Bonn, une forme polygonale , sans collatéral, avec trois chapelles rayonnantes autour du chœur, et avec des tours octogones, dont la grosseur diminue par étage. Sur l'intersection s'élève une coupole, et à l'ouest se trouve un second transsept. Audessus des bas côtés de la nef il y a des galeries. Des murs qui s'élèvent au-dessus du toit de ces galeries ont rapport à la construction des voûtes qui sont postérieures au reste de l'édifice. L'abside orientale rappelle celles des églises des Apôtres et de Saint-Martin-le- Grand de Cologne. La portion occidentale de cette église, où l'on trouve des arcades à tiers point, appartient à l'époque de transition. Notre- Dame de Ruremonde fut consacrée en 122ù.
Un des plus vastes et des plus intéressants monuments des Pays- Bas est la cathédrale de Tournai. C'est une basilique à piliers, à trois nefs avec un transsept circulaire au nord et au sud , et un chœur plus moderne que la nef et le transsept. Cette cathédrale a 125m50 de longueur dans œuvre, porche compris, 1h mètres de largeur; son transsept a 67m25 de longueur; la largeur de la nef est de 11*50 d'axe en axe des piles, sa hauteur est de 23n,75 (la voûte actuelle date du xviii' siècle). Le transsept est la partie la plus ancienne du monument; il est antérieur à l'année 1165. La nef fut construite plus tard, car l'histoire rapporte qu'elle n'avait point encore de plafond en l'année 1198. Le chœur, qui en avait remplacé un plus ancien, fut consacré en 1213, et les voûtes en furent terminées en 1222. Toutefois, on n'est pas d'accord sur la date des diverses parties de Notre-Dame de Tournai : quelques auteurs prétendent que le chœur actuel est de la seconde moitié du xm* siècle, et qu'il n'aurait été consacré qu'en 1338. Les arcades de la nef sont en fer à cheval, ainsi que celles de la galerie qui règne sur les collatéraux. Au-dessus de cette galerie est un triforium. Le transsept a aussi une galerie au-dessus de son collatéral, qui ellemême est couronnée par un triforium non à arcade, mais à architrave. L'église Notre-Dame-de-la-Chapelle à Bruxelles offre un mélange de formes rhénanes et françaises et date de l'année 1216; l'église de Saint-Jacques de Tournai, élevée entre les années 1219 et 1251, offre dans sa nef des colonnes et un double triforium, en imitation de la cathédrale. Dans la nef de l'église de la Madeleine de la même ville, fondée en 1251, l'on voit des fenêtres plein cintre, tandis que, dans le chœur, il y a des fenêtres couronnées par trois ogives à lancette, circonscrites par un plein cintre. Le chœur polygonal de Saint-Martin d'Ypres, commencé en 1221, a des fenêtres supérieures semblables à
celles que nous venons de nommer, tandis que la rangée du bas n'est couronnée que par deux ogives. La paroisse Notre-Dame-de-Pamèle d'Audenarde, commencée en 123& par maître Arnolphe de Binche, appartient à la dernière période du style de la transition : elle a des colonnes dans la nef, un chœur polygonal sans chapelles et point encore d'arcs-boutants. L'église abbatiale de Villers, en construction de l'année 12&0 à 1260, est un autre édifice de transition ; sa nef est déjà du style primitif français; il s'y trouve des colonnes placées sur des bases circulaires : leur chapiteau, en forme de calice, est octogone ainsi que le tailloir. Les arcades qui relient ces colonnes sont à tiers-point avec des archivoltes ; au-dessus existe une galerie simulée, couronnée d'une fenêtre à ogive aiguë. Le chœur, de forme polygonale, a trois étages de fenêtres; celles du bas et du haut sont à tiers-point aigu, et celles du milieu sont couronnées d'un plein cintre, percées de deux ouvertures circulaires, placées Tune sur l'autre. Cette disposition est répétée aux fenêtres du transsept; mais les trois arcades à plein cintre sont couronnées par une portion de cercle, et chaque arcade a trois ouvertures circulaires. Au-dessus des deux colonnes centrales de la fenêtre qui séparent les trois arcades il y a encore une autre ouverture circulaire. Celle conception rappelle les plaques de marbre, d'albâtre et d'agate des églises byzantines et de San-Miniato près Florence, mais où elles ne sont point percées à jour. L'ensemble de ce monument, dit un auteur, nous donne un exemple de l'esprit particulier d'invention qui se produit en tous lieux dans les constructions dues aux moines de l'ordre de Cîteaux. Tandis que l'emploi d'arcsboutants et de contre-forts témoigne d'une influence française, ce qui s'explique parfaitement par les rapports que cet ordre religieux avait à l'étranger, d'autres édifices sont la preuve qu'on maintint encore longtemps les formes romanes. Le chœur de Saint-Léonard -de- Léau, dans le Brabant méridional, commencé en 1237, a, comme celui de l'église d'Audenarde, une terminaison polygonale avec bas côté, sans chapelle ni arcs-boutants, mais bien des colonnes, des fenêtres à meneaux et en général des détails du style ogival et, de plus, en dessous du toit du bas côté, une petite galerie comme celle des églises du Bhin ; mais à Saint-Léonard elle est à tiers-point au lieu d'être à plein cintre.
Au milieu du xiii" siècle, le style français devint prépondérant dans les Pays-Bas; Sainte-Gudule de Bruxelles en est une preuve. Commencée en 1220, son chœur ne fut terminé que vers 1280. Les fenêtres du