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DES VOUTES

Il y eut en Angleterre encore un autre système de voûtes en usage, celui dans lequel les arcs principaux sont d'inégale hauteur, et dont les surfaces inférieures ou intrados étaient ornées d'une multiplicité de nervures droites d'un plan formant, pour ainsi dire, un filet. Telle est la voûte de la nef de la cathédrale de Winchester, de la fin du xiv* siècle, et dont Guillaume de Wykcham est l'auteur.

Au xv" siècle, plusieurs voûtes de monuments sont construites encore d'une autre manière, simple, mais qui, à première vue, parait trèscompliquée. On sentit que pour voûter un grand et large espace, il fallait se rapprocher du dôme, et c'est effectivement ce qui eut lieu à à la chapelle de King's Collège, à Cambridge ; on construisit les nervures d'un même rayon pour former deux arêtes comme dans la voûte d'arête, mais avec cette différence qu'ici, comme toutes les nervures ont un même rayon et des longueurs diverses, elles doivent nécessairement s'élever à différentes hauteurs, avant de se joindre. Il en résulte que les nervures ne sont pas , à leur sommet, sur un même niveau, comme il est indiqué dans la figure Ulh, mais s'abaissent graduellement en quittant le point central, qui est le plus élevé de l'ensemble de la voûte. Dans l'exemple de Cambridge, ce système n'est pas entièrement suivi, car aucun tierceron ne dépasse celui élevé sur le long côté du compartiment ou plan, c'est-à-dire bd.bd, en sorte qu'il existe un losange curviligne avec une clef 474. - voûtcdeUchapciicdcKing sCoiicgf, dans son centre. Il est aisé de corn- k Cambridge,

prendre que si tous les tiercerons étaient continués jusqu'à se joindre, la jonction au point a serait plus élevée que celles en dd; de manière que les quatre diagonales principales s'élevaient non -seulement de c et e à a , mais également de rf et d à a. Nous donnons ici le squelette de cette voûte, et plus loin son aspect réel.

11 y a une catégorie de monuments, simples dépendances des cathédrales à la vérité, qui ne se trouvent, avec le luxe qu'on y a déployé, qu'en Angleterre : il s'agit des salles capilulaires. Celle qui est située auprès de la cathédrale de Gloucester est rectangulaire, et date, dans ses parties les plus anciennes, de la première moitié du xir siècle.

La salle du chnpitre de la cathédrale de Bristol est aussi rectangu-

laire, elle date du milieu du xu« siècle. Celle de Chester est de la fin du xu« ou du commencement du xni* siècle. Elle est également rectangulaire. Celle de la cathédrale de Canterbury date, peosc-t-on, de 1250 ou environ. La salle du chapitre d'Exeter, quoique rectangulaire, c'està-dire dans la forme normande, a cependant, de chaque côté du nord et du midi, des fenêtres à meneaux; elle est située auprès du transsept sud et date aussi du milieu du xm« siècle. Celle de Worcester, représente la première déviation de l'ancienne forme rectangulaire; elle est circulaire à l'intérieur, de \Hm 50 de diamètre et à dix pans à l'extérieur : elle a une seule colonne au centre et date de la fin du xirsièclo. La salle capitulaire de Lincoln, du commencement du xin* siècle, est à dix pans et a 18 mètres de diamètre; elle a des arcsboutants qui s'étendent des angles du décagone aux contre-forts, qui sont placés à plus de 9 mètres de distance du mur. Au centre est un pilier circulaire formé de dix demi-colonnes. De ce point se dirigent vingt nervures vers le mur d'enceinte. La salle de Lichfield, du premier quart du xm* siècle, forme un carré terminé à l'est et à l'ouest à trois pans; elle a 13" 70 de longueur sur 8m55 de largeur; elle a également un pilier au centre, d'où naissent vingt nervures qui. avec d'autres, forment une étoile allongée. La salle du chapitre de Salisbury, antérieure à l'année 1262, est octogone et de 16m 15 de diamètre d'une face à l'autre; elle a un pilier circulaire au centre, autour duquel s'élèvent huit colonnettes, d'où naissent seize nervures qui forment dans la voûte une fort élégante étoile à huit branches. La salle capitulaire de la cathédrale de York, érigée vers 1280, est octogone, de \lm /|0 de diamètre et sans pilier ni colonne au centre. La voûte forme une magnifique étoile, est hardie et élégante: huit gros contre-forts en soutiennent la poussée. Mais la plus riche de tontes les salles capitulaires d'Angleterre est celle de Wells, bâtie vers 1300. Elle est octogone, de 16m75 de diamètre d'une face à l'autre, avec une colonne centrale, cantonnée de seize colonnettes engagées, d'où partent seize nervures qui, avec une foule d'autres, forment une étoile encore plus riche que celle de la voûte de la salle de Salisbury.

Il y a encore d'autres salles capitulaires en Angleterre ; quelquesunes sont en ruine. La salle de Durham, qui datait de 1133, a été démolie. Celles de Llandaff, de Buildwas-Abbey, du prieuré de Wenlock, de Hereford, etc., sont des ruines.

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