‹ Histoire générale de l'architecture Moyen ageChapitre 305 sur 367 · ÉGLISES DE PALERME · texte numérisé non relu

ÉGLISES DE PALERME

se ressent de l'amalgame <los religions et des éléments sociaux qui y dominèrent successivement. Cette architecture est riche, fantastique, variée, mais sans beaucoup de suite ni de conséquence dans son développement : elle se manifeste par bonds dans des essais de formes et de systèmes divers.

Avant la domination des Normands, le plan des églises se ressentait encore de l'influence grecque : la NunziateNa dei Catalani, à Messine, petite église de la fin du xi" siècle, forme presque un carré avec quatre colonnes dans l'espace central, qui portèrent sans doute une coupole dans l'origine. Mais du moment que le clergé latin eut voix au chapitre, la forme des églises fut changée, et celle de la basilique de nouveau introduite. La cathédrale de Messine1, commencée à la fin du xir siècle, et terminée seulement dans le siècle suivant, est une basilique avec traussept et à plein cintre, dont les arcades offrent quelque chose du fer à cheval; les fenêtres de l'abside sont ornées de petites colon nettes et couronnées du zigzag normand. Les colonnes de la nef sont de granit et antiques, leurs chapiteaux une imitation du romain classique. A l'église San Carcerc de Catane*, il existe une porte qui avait appartenu à la cathédrale, et qui fut élevée à la place actuelle vers 1750. Elle est à plein cintre, et doit être antérieure au désastreux tremblement de terre de 1169 : elle porte tous les caractères de l'ornementation normande, les chapiteaux toutefois imitent le corinthien. La cathédrale de Traîna 3 offre quelques restes qui datent de la fin du \ic siècle, la partie orientale avec son abside carrée et le bas de la tour, qui forme un porche, où il y a de beaux pleins cintres et où l'on remarque des inspirations de l'antique. — Dans la partie occidentale de la Sicile, dont la population était arabe en majorité, l'influence normande est insensible. Là, on prit pour types les grandes constructions qui servaient de palais aux émirs mahomélans, mais dont la plupart furent détruits pendant les guerres que le comte Hoger. frère de Robert Guiseard, livra à ces émirs de 1061 à 1090. Au nombre des plus anciennes églises bâties par les Normands en Sicile, on compte San Giacomo la Mazara 4 à Palerme, les ruines de San Pietro la Ragnara \ également à Palerme, de l'année 1081; celle de Saint-Michel*, de 1077, les plus anciennes portions de San Giovanni dei Leprosi 7, non loin de Palerme, de 1071,

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