CAMPO SANTO DE PISE
les fenêtres ogivales de la claire-voie. Rien n'indique qu'elle devait être voûtée; le chœur est carré, sur les bas côtés on voit une suite de petites chapelles circulaires. La belle façade, imitation de celle du dôme de Sienne, est plus élégante que cette dernière; elle est plus légère, plus élancée, mais peiit-étre trop surchargée d'ornements et de détails. La porte du milieu est à plein cintre, les deux latérales son à ogive : les frontons sont plus aigus qu'à Sienne, mais des lignes
4i>6. — C-thédrale d'Orricte.
horizontales nuisent à l'effet vertical que le gothique devait produire. Dans les dômes de Sienne et d'Orviète on saisit l'influence de Saint- François d'Assise qui n'en est pas éloigné. La Toscane a plusieurs grands monuments qui datent du \uie siècle. D'abord le CampoSanto de Fisc (voyez fujurc £|79) commencé en 1278 et terminé en 1283 par Giovanni Pisano. C'est un vaste rectangle oblong de mètres de longueur sur 37 de largeur : celle de la galerie qui t'n fait le tour in-
térieurement est de 8» 25, son élévation est de 10" 30. Le Campo Santo est un des quatre grands et splendides monuments de Pise. Intérieurement la galerie est formée d'arcades à pleins cintres, ornées, comme nos cloîtres du .Nord, de colonnettes et de meneaux curvilignes, il ogive et lobes, mais qui ne se fusionnent point avec le plein cintre qui les circonscrit et couronne. L'extérieur est fort simple et seulement orné d'une suite d'arcades aveugles semblables à celles du dôme. Dans la même ville et sur le quai est la petite église Santa Maria délia Spina dont le noyau est du xiu* siècle. On y ajouta, vers 1323, la partie orientale, et la façade du sud reçut des additions : de cette époque datent la petite galerie à jour avec les statues, les clochetons, etc., qui témoignent d'une influence septentrionale; le système vertical y est très-prononcé et bien saisi.
Florence ne resta pas en arrière dans l'édification des monuments d'architecture au xnie siècle. Niccolo Pisano donna vers 1250 le plan de l'église de Santa Trinita, modernisée dans la seconde moitié du xvi* siècle par Buontalenti. C'est une basilique à piliers avec une rangée de chapelles le long des bas côtés. Un style ogival particulier à
Florence fut créé à la fin du xnr siècle par 'Arnolfo di Cambio; en 129ù, il fît commencer sur ses dessins la vaste église de Sainte-Croix des frères mineurs, qui a H2œ50 de longueur sur /il" 60 de largeur. Les piliers de la nef sont octogones avec des chapiteaux élevés : les arcs qui les relient sont à tiers-point : la charpente du toit est apparente. Le chœur est très-étroit et à trois pans ; de chaque côté sont cinq chapelles, d'équerre sur l'axe de l'église qui fut achevée par Giotto de Vespignano. Sa i nie-Marie-Majeure et Saint-Remi, églises voûtées, ont une parenté de style avec Sainte -Croix. L'accomplissement du style florentin a été manifesté par Arnolfo dans le célèbre Dôme de Florence, un des plus vastes et des plus beaux monuments du moyen âge. Cette grande basilique, commencée d'après un décret de la République florentine dès 1298, a 131- la de longueur dans œuvre, 60m98 de largeur, celle de la nef étant de 20" 80 d'axe en axe des piliers; la voûte, clef
comprise, a 43" 65 d'élévation; la coupole, de &lm90 de diamètre, a SS^dO d'élévation : celle des arcades de la nef est de 26" &5. Le noyau du dôme est une construction octogone destinée à recevoir une coupole. Quant au plan, cette disposition a de la ressemblance a\ec celle de la cathédrale de Sienne, sauf que là il y a un hexagone.
49g Couronnement de» faces latérales de la cathédrale de Florence
Mf. — Conpc du même.
A la mort d'Arnolfo, en 1320, la nef était achevée y compris les voûtes, mais la construction du chœur était encore relativement arriérée, et enfin la décoration extérieure partiellement commencée. Le dôme fut continué de 1332 à 1336 par Giotto, jusqu'en 1352 parTaddeo Gaddi; Andréa di Cione lui succéda en 13G0 jusqu'en 1389 : c'est à lui qu'est due la décoration extérieure du chœur où l'on voit reparaître le ph in cintre. Enfin, en 1621, Filippo Brunelleschi, éleva la belle coupole la plus élevée qu'il y ail; en partant de sa naissance elle a 32" 67 de hauteur; celle de Saint-Pierre de Home en a 28°' 50, et celle du Panthéon de Rome en a 22™ 27. La hauteur du sol au sommet delà coupole de Sainte-Marie de Florence est, ainsi que nous l'avons dit, de 88m 50; celle de Saint-Pierre est de 123" 37, et celle du Panthéon d<* k?>mMi' Les façades, à l'exception de celle de l'ouest qui est restée inachevée, sont ornées de marbres de couleurs, non par assises hori-