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LE BERNIN

plan représente celui que Michel-Ange avait projeté pour Saint-Pierre de Rome. Le palais Doria Tursi , construit pendant la Renaissance par l'architecte Rocco Lurago, mérite l'attention de l'architecte. Le phare de Gênes est de 15^7.

Parmi les grands architectes du xvr3 siècle, il faut encore ranger André Palladio, né à Vicence en 1518, mort en 1580. Ses œuvres ont une rare élégance, une grâce accomplie et une finesse de goût remarquable. Il devina pour ainsi dire la perfection grecque à travers les monuments romains, et il eut une préférence marquée pour l'ordre ionique, ce qui témoigne déjà fortement de son goût élevé. Il abusa cependant de l'accouplement des colonnes engagées et d'un emploi défectueux de l'ordre dorique (romain). Ses palais n'ont d'ordinaire qu'un rez-de-chaussée, d'un style rustique surmonté d'un ordre formant le premier étage. A Vicence il éleva les palais Chiericato, Tiene, Porto, Barbaran, Valmarana, Trissino dal Vello d'Oro, le théâtre Olympique : il y restaura la basilique qui datait du moyen âge. A Venise il bâtit l'église du Rédempteur vers 1579, la façade de San Francesco délia Vigna, en 155G l'église San Giorgio Maggiore avec son cloître et son réfectoire, l'église Sainte-Lucie. Il a laissé des œuvres à Feltre, Udine, Padoue; à Mestre le palais Barbaro, et près de Padoue, la villa Capra *.

La dégénérescence de l'architecture était accélérée par les imitateurs de Michel-Ange, qui avaient ses défauts sans posséder ses qualités. Jean Laurent Bernin, né en 1598, mort en 1680, fut un des plus grands corrupteurs du goût. Ses œuvres manifestent l'emploi inintelligent, arbitraire et fantastique des formes architectoniques, le mépris de toutes les lois du beau et du vrai, le dédain des chefs-d'œuvre du passé, les combinaisons les plus extraordinaires et les plus aventureuses. Bernin est l'auteur du baldaquin ou confession de Saint- Pierre, espèce de dais de 30 mètres de hauteur, supporté par quatre colonnes torses, chargé de figures et d'ornements en bronze, d'un goût baroque. Les frais de ce baldaquin se sont élevés à trois cent

l. Le Traité d'Architecture de Palladio parut à Venise en 1570. — R. F. Chambrai le traduisit en fran^uis, Paris, 1650, in-fol. La meilleure édition du Traité est de Vicence, 1776-83, 4 volumes in-fol. Tommaso Tetnanza a publié la vie de Palladio. Venise, 1762, in-4*. — Les Œuvre» complètes de Palladio, par Chapuy et Beupiot, Pari», 1827 à 1842, 2 vol. in-fol.

onze mille francs; sa dorure à deux cent quatorze mille. 11 est l'auteur des fontaines de la place Barberini et de la place Navona, du campanile de Saint-Pierre, des colonnades de la place Saint-Pierre, des palais Barberini, Monte-Citorio, Odelscalchi, de la rotonde delà Riccia, du Noviciat des Jésuites à Monte Cavallo, de la Scala Regia du Vatican, de la restauration de Santa Bibiana à Rome, de la chaire de Saint-Pierre, etc. Dans la voie du Bernin entrèrent Carlo Maderno, mort en 1629, auteur de la façade de Saint-Pierre (de 1608), des palais Mattei (de 1615) sur l'emplacement du cirque Hominien, et Rospigliosi; François Borromini, mort en 1667, auteur de la façade de Santa Agnese in piazza Navona, des piliers et des arcades dans Saint- Jean-de-Latran, du palais Falconieri, de l'extravagante église de San Carlino aile Quattro Fontane, de 1640; Borromini bannit la ligne droite qu'il remplaça par des lignes courbes et sinueuses ou en colimaçon; il aimait le mélange ou plutôt la confusion d'angles droits, concaves et convexes : il plaçait colonnes sur colonnes de diamètres différents, il entassait des fenêtres, des niches et des sculptures dan* des espaces où ils n'avaient que faire. A sa suite, nous nommerons Pierre Berrettini, mort en 1669, qui éleva en 1662 la façade de Santa Maria in Via Lata, Santa Maria Martina, près de l'arc de Septinc Sévère, la façade de Santa Maria délia Pace; Alexandre Algardi, mon en 1654, auteur de la villa Doria Pamfili, près de la porte de Saint Pancrace de Rome; Joseph Sardi qui, avec Longhena, éleva la façade de San Salvatorc de Venise; Camille Guarini, mort en 1685, qui bâtit la chapelle di San Suario dans la cathédrale de Turin et le palais Carignan dans la môme ville. Pendant le xviu* siècle, l'ordre, mais non le goiit, renaît dans l'architecture italienne; elle devient toutefois froide, monotone. Au nombre des architectes les plus célèbres de cette époque furent Philippe lvara ou Juvara (Giuvara) né à Messine en 1685. mort en 1735 ; on a de lui la coupole de la cathédrale de Côme, celle de Saint-André de Mantoue, la façade occidentale du palais Madama à Turin, les palais Birago de Borgaro et du duc d'Aoste à Turin ; dans la même ville l'église de la Superga de 1706, et près de Turin le palars de plaisance dit la Veneria ; Louis Vanvitelli, d'origine hollandaise, né à Rome en 1700, mort en 1773; il éleva un arc de triomphe à Ancùoe en l'honneur de Clément XII, le palais royal de Caserte en 175-, l'aqueduc Ponte Maddaloni non loin de cette ville, l'église de l'Annunziata à Naples; il fit aussi des restaurations à Santa Maria degli Angeli à Rome ; Joseph Pierniarini bâtit en 1778 le grand théâtre de

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