‹ Histoire générale de l'architecture Moyen ageChapitre 35 sur 367 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

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rendant la République, les Koniains négligèrent les beaux-arts proprement dits; leur génie se dirigea vers des entreprises utiles à l'État; ils s'occupèrent principalement de l'architecture hydraulique et de la construction des chaussées et tics grandes voies de l'État. Au commencement de la République, ils élevèrent cependant aussi une grande quantité de temples, consacrés à des divinités allégoriques, mais peu remarquables par la beauté des matériaux, la grandeur et l'art qu'on \ déploya. Si l'habitation des dieux était négligée, celles des hommes l'étaient encore davantage. Pendant cette, époque, nous ne voyons ni portiques, ni salles publiques; et les édifices consacrés aux jeux étaient légèrement construits pour le but passager auquel ils étaient destinés.

l n des premiers ouvrages de la République fut l'établissement du grand Cirque, vaste champ qui avait été la propriété de Tarquin le Superbe, et qui fut alors dédié à Mars et destiné aux exercices athlétiques de la jeunesse romaine1. Peu de temps après fut achevé le temple de Jupiter Capitolinus*; les consuls A. Sempronius et M. Municius élevèrent un temple à Saturne, et instituèrent en même temps la féte des Saturnales3. L'année d'ensuite, en £§11 5 , on érigea le temple de Mercure. Après la victoire sur les Latins, le dictateur A. Posthumius

1. Denys d'Halicariinsse, 1. v, ch. xm. — Tite-Live, I. 11, ch. v. ■i. Tite-Live, I. il, ch. vin.

3. Denys dHahcanias*e, 1. v, ch. i. — Tite-Mve, 1. n. ch. xxi.

62i LIVRE PREMIER.

éleva, en h$h avant 1ère vulgaire, un temple à Cérès et à Bacchus, et un aulre à Castor et Pollux. Ces deux héros célèbres furent regardés comme les dieux protecteurs de Rome1. Un des temples les plus remarquables de cette époque est celui de la Fortuna Muliebris; il prouve que les Romains vénéraient la vertu de leurs concitoyens». Coriolan, chassé de la ville et voulant se venger des Romains, chercha un refuge auprès des Volsques, et il fit la guerre à Rome. Alors, deux dames romaines, Véturie et Volumnie, la mère et la femme de Coriolan, vinrent au-devant du guerrier et le réconcilièrent avec sa patrie. En l'honneur de cet événement, on leur éleva un temple.

Lorsqu'en 396 avant 1ère vulgaire le dictateur M. Furius Camillus eut pris la ville de Véji, il fut le premier qui, après avoir gagné une bataille, rentra à Rome comme triomphateur. Il n'oublia pas les dieux dans ses succès, et il bâtit sur le mont Aventin un temple à Junon la Reine 3, orné de la statue de Junon qu'il enleva à Veji. Ce monument fut consacré en Tannée 391 avant l'ère vulgaire.

La guerre avec les Gaulois jeta Rome dans la consternation. La fortune l'abandonna; l'ennemi pénétra dans la ville et en incendia la majeure partie (389 avant l'ère vulgaire). Cependant, les Romains étant parvenus à chasser les Gaulois; dans l'espace d'un an, les maisons détruites furent rebâties; mais un grand désordre régna dans cette construction : on ne suivit plus la direction des anciennes rues, on construisit sur les cloaques qui, primitivement, s'étendaient sous les rues.

Il s'établit à Rome l'usage que le général en chef, soit pendant ou après une bataille gagnée, élevât un temple au dieu qu'il avait invoqué pendant le combat. Cette coutume donna naissance à une grande quantité de monuments semblables. En l'année 385 avant l'ère vulgaire, F. Quinctus dédia un temple à Mars, qu'il avait invoqué dans la guerre contre les Gaulois4. C'est ainsi que s'élevèrent encore les temples de Junon Monda, consacré en 3/|3, sur le Capitole; de Salus (la Santé), en 302 3, et de la Concorde. En l'année 293. le consul Spur. Carvilius consacra le temple de Quirinus que son père, L. Papirius Cursor, avait fait vœu d'élever lorsqu'il était dictateur. Ce temple fut remarquable pour Rome en ce qu'il reçut le premier cadran solaire".

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