CHAPITRE IV
DEPUIS L'ANNEE 30 ATANT L'ÈRE VULGAIRE ÏOSQU'a L'ANNÉE tfl DE CETTE ÈRE. ttrCll LE RÈGNE ht L'EMPEREUR AUGUSTE JHSOU'A CELUI DE GALBA. LKf OCTATIBN» ET GALBA, OTRotf, VITELLIDB.
Tout ce que les Komains firent pour les arts pendant cette époque n'est point dû à leur sentiment artistique ; la seule pensée d'élever, par des embellissements de tout genre, et comme maîtres du monde, leur capitale au-dessus des autres villes connues, leur fit créer les grands et riches monuments d'architecture qui firent effectivement de Rome la ville la plus splendide de l'antiquité. Mais à Rome ce n'était pas comme autrefois à Athènes; la quantité seule fut obligée de remplacer la qualité. Les efforts réitérés tentés pour atteindre ce but par les grands hommes qui avaient eu l'administration de l'État, et surtout par Pompée et César', étaient restés stériles par suite des troubles civils et des guerres qui se succédèrent au dehors et à l'intérieur. Mais enfin arriva une époque où Rome, jouissant des bienfaits de la paix, put s'embellir. Auguste vainquit les partis et devint très-puissant; il dit, après avoir élevé à Rome une quantité prodigieuse de monuments d'architecture : « J'ai trouvé une ville de pierre? et je la laisse en marbre 2. » Ce mot fameux du premier des empereurs romains est encore une de ces exagérations orgueilleuses, de ces vantardises banales si fréquentes chez les Romains. Cette phrase eût été juste dans la bouche de Périklès, qui a laissé une véritable ville de marbre. Auguste, au contraire, n'a légué à la postérité
1. SnrUnie, Vit de Létar, eh. xuv. —2. ld., i'it (TAm-futlr, ch. xxix.
qu'une ville de pierre. Auguste ne protégea les arts et les lettres que dans un but personnel, égoïste. Ses quatre successeurs les abandonnèrent à leur sort. Sous Tibère, Caligula, Claude et Néron, la Rome impériale fut occupée de toute autre chose que de l'édification de monuments d'architecture; il en est de même sous Galba, Othon et Vitellius. Noyés dans les plaisirs les plus abjects, dans les débauches les plus infâmes, le sentiment du beau et du vrai, qui est aussi le
Ml. — TJu'àtiv de MuVdtaf. Extérieur.
sentiment du sacré, ne toucha pas l'Ame de boue de ces princes. La vie et les mœursde César avaient laissé une longue traînée d'impureté derrière elles. En l'année 28 avant l'ère vulgaire, l'empereur Auguste inaugura le temple d'Apollon sur le mont Palatin. Six ans plus tard, il acheva, contre le mont Capitolin, le temple de Jupiter Tonnant. Seize ans avant 1ère vulgaire, Auguste commença le plus