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ARTS MINEURS

PÉRIODES ROMANE ET GOTHIQUE. — Eglises. — Le commencement de l'histoire artistique du Portugal peut être fixé à l'époque où Affonso Henriques, vassal du roi de Castille, obtmt du pape, par l'entremise de saint Bernard, l'affranchissement des provmces qu'il gouvernait et leur constitution en un état indépendant. Peu d'années après, Santarem ayant été repris sur les Mores (15 Mars 1147), le pays était libéré jusqu'au Tage et le 5iege du gouvernement transporté à Coïmbre (portu. Coimbra).

La se Velha (cathédrale Vieille) de Coïmbre (fin du Xir s.) est ntuée à mi-hauteur du pic que couronnait la citadelle et dans le '.oismage immédiat de l'enceinte à la défense de laquelle ses murs .rénelés participaient (fig. 633). C'est un robuste spécimen du îtyle roman auvergnat et, probablement, une copie simplifiée de I Santiago de Compostela. L'église comporte un porche, une nef, un

PORTUGAL

FiG.633. — CoÏMBRE. — SE Velha.

(Cliché Lacoste.)

transept, des collatéraux à étage, une abside et deux absidioles. La nef et le transept sont couverts de berceaux en plein cintre renforcés par des doubleaux. A la croisée, s'élève une coupole voûtée d'arête. Les bascôtés sont également voûtés d'arête.

A l'étage supérieur, ils présentent de grandes baies géminées et communiquent avec un triforium qui règne au-dessus de l'entrée et contourne les branches du transept. Les piles rectangulaires sont flanquées de colonnes répondant aux doubleaux et aux arcs séparatifs de la nef et des collatéraux (fig. 634, 635).

Une particularité de la se Velha tient à la situation du cloître, que la déclivité du terrain força d'établir à quelques mètre,s au-dessus du sol de la nef. Plus récent que l'église, il ressemble beaucoup à celui de Tarragone (fig. 278). San Salvador et la porte de San Thiago (Saint- Jacques) de Coïmbre, le cloître du monastère de Cellas, construit près de Coïmbre dans la seconde moitié du XIII« s. (fîg. 636), la chapelle du château de Leiria, Sào Martinho de Cedofeita de Porto et la cathédrale de Lisbonne appartiennent également, quelle que soit leur date, à l'architecture romane. Enfin, malgré les restaurations qui l'ont transformée, j'ajouterai à cette liste la cathédrale de Porto.

Afin de reconnaître le service que saint Bernard lui avait rendu, Affonso Henriques avait appelé les Cisterciens en Portugal et leur avait concédé le territoire d'Alcobaça (sup., p. 320). Commencée en 1 148, terminée en 1 222 et exécutée dans

Fi(]. 034. — Coïmbre.

Sk Velha. Nef et collatéral,

COTÉ OK l'Évangile.

(Cliché de V auteur.)

MONASTERE DALCOBAÇA

FiG. 635. — CoÏMBRE. — SE Velha

Nef. côté de l'Epître.

iCliclic de r auteur J

un style très simple, Santa Maria d'Alcobaça ne réalise pas, cependant, le type cistercien classique de Santas Creus et de las Huelgas Up., p. 139, 140; fig. 279). Elle se rapproche plutôt de l'abbatiale de Pontigny, fondée par les bénédictins réformés en 1 1 1 4, un an avant Clairvaux. Elle se compose, en effet, d'une nef' à douze travées et de deux collatéraux étroits de même hauteur que la nef, d'un transept bordé sur un côté par le retour du collatéral , d'une abside circulaire, d'un déambulatoire autour duquel rayonnent neuf chapelles polygonales et de quatre absidioles carrées, greffées deux par deux sur les bras du transept. L'ogive règne dans les voûtes ; le plein cintre, dans les fenêtres. L'effet grandiose de Santa Maria (106 m. de long, 16 m. de large, 21 m. de haut à l'intérieur) est d'autant plus saisissant que les chanoines portugais ont l'excellente habitude de placer leurs stalles autour du sanctuaire. Aucun obstacle ne gène ainsi la vue qui embrasse le vaisseau dans toute son étendue. En donnant aux trois nefs une hauteur uniforme, en réduisant la largeur habituelle des collatéraux et en ouvrant de grandes fenêtres sous leurs formerets, 1 architecte d'Alcobaça avait eu pour dessein d'améliorer l'éclairage jusque-là défeclueux des constructions 'eligieuses voûtées, sans :ompromettre leur solidité. Santa Maria présente, peut-être, le plus incien exemple de cette solution. Si la cathédrale ie Poitiers (1162) et Saint-Laurent de Par-

Vic. 630.

- Cloître des (>ellas.

(Cliché liiel.)

PORTUGAL

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FiG. ôSy. — Alcobaça. — Santa Maria.

Cloître de Dom Diniz.

(Cliché de rauteur.)

thenay, contemporains de l'abbatiale portugaise, en montrent l'ébauche, elle ne fut complètement réalisée qu'un demi-siècle plus tard, dans les églises élevées en Allemagne et en Autriche, telles que les cathédrales de Ratisbonne, de Meissen, de Minden, l'église de Zwelt, Saint- Etienne de Vienne, Sainte-Elisabeth de Marbourg fondée vers 1236. Le monastère d' Alcobaça comporte des cloîtres nombreux. Le plus beau, le cloître de Dom Diniz (1279-1325), construit au Sud de l'église à l'époque du monarque dont il porte le nom (fig. 637) et que Joào de Castilho dota d'un étage durant le règne de Manoel 1^'^ (1495-1521), présente des analogies intéressantes avec celui de Santas Creus (fig. 281). Comme lui, il est complété par une salle capitulaire et

par une fontaine directement reliée aux promenoirs (fig. 638). Enfin l'immense cuisine du monastère est traversée par un canal dérivé de l'Alçoa qui l'alimente d'eau et surmontée de l'un de ces cônes d'aération gigantesques, pareils à ceux des cuisines de l'abbaye bénédictine de Fontevrault (Mameel-Loire, XII« s.) et de l'abbaye de Pampelune (sup., p. 153, 178).

Au cours des guerres entreprises contre les Mores, les templiers avaient été mis en possession de l'emplacement où s'élève Thomar.

Le grand-maître Gualdim Paes s'empressa de fortifier un escarpement qui le dominait. L'église conventuelle, construite en même

Fig

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