MONASTÈRE DE BATALHA
memore le premier engagement, s'élève sur un emplacement que
Joào I"* voulut choisir lui-même et qu'il concéda aux Dominicains
en 1388. Aussi vaste que les cathédrales de Paris, de Tolède isup.,
p. 143 ; fig. 289) et de Cologne (120 m. de long, 32 m. 50 de
large, 32 m. de hauteur sous clef), atteignant presque aux dimensions des cathédrales de Milan et de York, Santa Maria est caractérisée, en plan, par un retour au T cistercien, par une nef, deux larges collatéraux, un transept mince et peu saillant, une abside et quatre absidioles en hémicycle (fig. 645). A l'intérieur, on signalera les voûtes d'ogives avec doubleaux, diagonaux, formerets et liernes et, à l'extérieur, les arcs-boutants qu'un large quadrilobe réunit à la gouttière, puis la corniche, le parapet quadrilobe et la crête en fleur de lis. Le rôle de ces balustrades est d'autant plus important que l'église de Batalha est couverte enterrasses (fîg.644, 647).
La chapelle funéraire de Joâo F^, dite du Fondateur (fig. 646), était
terminée dès 1434 (fig. 646). Elle est construite sur le modèle de
l'église deThomar, avec cette distinction qu'elle est carrée (19 m. 80
de côté) et répond aux
trois premières travées du
collatéral de droite (côté
de l'Epitre). Au centre,
s'élève une sorte d'abside
octogonale plus haute que
le pourtour. Unecoupole
étoilêe, analogue à celle
des cruceros de Burgos
et de Saragosse (fig. 288,
297), la couvre, tandis
que huit voûtes d'arêtes
trapézoïdales rayonnent
autour et portent par leur
Fig. 643. — EvoRA.
Cathédrale. Collatékal,
CÔTÉ DE lEpître.
(Cliché de Vaitleiir.)
l-'lG. 644.
Baialha. — Santa Maria
DA Victoria.
(Cliché Lacoste.)
PORTUGAL
FiG. 645. — Batalha.
Santa Maria da Victoria
paraissent, de
grand côté soit sur l'un des murs, soit sur une trompe d'angle. Le travail est rendu avec une délicatesse rare. J'ajouterai que les arcades du monument central sont constituées par des ogives surhaussées, bordées d'une dentelle de lobes, et qu'il existe partout des traces manifestes de peinture.
Le cloître royal (fig. 647 à 649), dont les dispositions furent copiées sur celui d'Alcobaça (fig. 638), occupe en plan toute la longueur de la nef, du côté de l'Evangile (80 m. 30). L'étage inférieur ainsi que le pavillon de la fontaine, d'une magnificence encore inusitée, peu d'années, postérieurs à l'église. Il en est de
même de la salle capitulaire, la construction la plus hardie de l'Espagne et du Portugal. Après deux tentatives infructueuses, le maître de l'œuvre parvint à lancer entre ses murs une voûte carrée de 28 mètres de côté sans appuis intermédiaires. A cet effet, il jeta des trompes sur chaque angle, assit une coupole étoilée sur l'octogone ainsi constitué et renforça l'ensemble par des liernes et des tiercerons.
Bien que n'ayant été commencées que sous le règne de Dom Duarte (1433-1438), les chapelles Imparfaites (capellas Imperfeifas) ou plutôt Inachevées, construites à la suite et dans l'axe du chevet, étaient comprises dans le plan primitif (fig. 645, 666). C'est même pour les relier d'une manière intime à l'église que l'architecte substitua, sans doute, le T cistercien aux absides, aux déambulatoires et aux colliers de chapelles rayonnantes de l'abbatiale d'Alcobaça et des grandes cathédrales gothiques d'Espagne. Le projet com-
FiG. 64(). — Batalha.
Santa Maria. C^hapki.i.e
et tombkac oit ï'on natkuu.
((Uichc A. .\. Serra Rihcira.)