I-IG. O
— Ijatalha. San'ia Maria.
(Cloître royal.
(Cliché de rauleur.)
PORTUGAL
mier architecte de Batalha fut un Portugais nommé Affonso Dominguez et le second, maitre Huguet, était français, si l'on en juge à son nom très clairement écrit dans les archives royales de Torre do Tombo. Ce nom d' Huguet fut une première fois changé en celui d'Aquete par Soares da Silva (Mémoires de Dom Joâo FO- Puis, vint Murphy, le célèbre historien de Batalha (1789-1790), qui crut reconnaître en Aquete un nom anglais mal transcrit et l'orthographia Hacket. Telle est l'origine d'un malentendu d'autant plus persistant que la reine Dona Philippa de Lancastre, durant la vie de qui les travaux furent entrepris, était petite -fille du roi d'Angleterre Edouard 111. Depuis que cette hypothèse a été abandonnée. Ton a suggéré que l'abbatiale était une copie de la cathédrale de Burgos (lîg . 286) . Or, non seulement les chevets s'opposent à tout rapprochement entre ces deux églises, mais la chapelle du Condestable, que Ton a comparée aux chapelles Imparfaites, est péniblement greffée sur le déambulatoire
(sup., p. 226) et fut projetée en 1 487, alors que le soubassement des chapelles Imparfaites était sorti de terre depuis plus de quarante ans.
Bien que la cathédrale d'Evora (fig. 641) et celle de Palma (fig.
302) présentent ou aient présenté des terrasses, leur emploi n'a été franchement développé que dans les églises françaises de l'île de Chypre. A
Fig. 649. — Batalha.
Santa Maria.
Fontaine du cloître.
(Cliché Vicomte de Condeixa.)
Fig. 65o. — Evora. — I^rmida de San Braz
(SAiN-r Blaise).
(Cliché de raittciir.)
CHYPRE ET LE PORTUGAL SOUS JOAO r'
FiG. 65 1. — Bragança. — Casa do Senado.
(Cliché Hiel.)
Antiga
Saint-Jacques et à Saint- Nicolas de Famagouste, à Sainte-Sophie de Nicosie, non seulement la couverture en terrasse, non seulement la façade avec ses grands partis horizontaux, mais les arcs-boutants. les fenêtres, la coupe transversale, l'eclairage des têtes de la nef et des collatéraux sont identiques aux dispositions architectoniques de Santa Maria da Victoria. 11
serait audacieux de conclure de ces ressemblances à une imitation. Et pourtant, les rapports du Portugal avec Chypre étaient tels à cette époque que la couronne des Lusignan fut offerte au fils de
Joào 1^', à l'infant Dom Hennques dont le tombeau se trouve précisément dans la chapelle funéraire de Batalha. Il se pourrait qu'Huguet ait fait partie de ces compagnies de francs-maçons qui allaient offrir leurs services de royaume en royaume, qu'il ait exercé son art dans les îles orientales de la Méditerranée, peut-être en Chypre, et que par cela même le choix de Joào F' se soit arrêté sur lui. Quant aux analogies relevées entre l'église de Thomar et la chapelle funéraire de Batalha, elles s'expliquent aussi. Avant de monter sur le trône, Joào F^ était maître de l'ordre d'Aviz en relation étroite avec l'ordre du Christ qui avait hérité les biens des templiers et enrôlé les membres actifs de l'ordre dissous. 11 est donc 33,
FiG. 652 — N'iANNA DO CaSTELLO,
Maison ar.moriée.
(Cliché Hiel.)
PORTUGAL
FiG. 653. — Leiria.
Château de Dom Diniz.
(Lepé d'Ernesto Korrodi.)
concevable qu'en signant l'acte de donation aux dominicains il leur ait prescrit de rappeler dans une annexe de Santa Maria les traits caractéristiques de l'église de Thomar et, par conséquent, la disposition imitée de la Koubbet es Sakhra {sup., p. 325). 11 n'est pas jusqu'au plan (fig. 645) dont le tracé n'attesterait un emprunt fait à l'Islam. Il reproduirait la clef symbolique gravée sur la porte de Justice de l'Alhambra (sup., p. 213). L'anneau est figuré par les chapelles Imparfaites ; le canon, par l'église; le panneton, par la chapelle du Fondateur. Philippe II, pour accomplir un vœu fait devant Saint-Quentin, voulut que le plan de l'Escorial rappelât le gril de saint Laurent. Sur le champ de bataille d'Aljubarrota, Joào F^ qu'une tradition ininterrompue avait initié à la connaissance des mystères orientaux du Temple, n'aurait-il pas pris un engagement secret analogue ?
Dans un autre ordre d'idées, si l'on compare les clôtures du cloître (fîg. 647 à 649) à celles du cloître de la cathédrale de Ségovie {sup., p. 222 ; fig. 438), l'on sera frappé de leur ressemblance.
Peut-être les deux clôtures sontelles des interprétations mudéjares des moucharabiehs (grillage de bois très serré mis devant les fenêtres) ? L'Orient aurait d'autant plus le droit d'en revendiquer le modèle que, si les miradores ont remplacé en Espagne les grillages musulmans, l'emploi de véritables moucharabiehs s'est perpétué en Portugal {inf., archit. mudéjare, p. 347).
Quelques églises, intéressantes à divers titres, peuvent être ratta-
■^ Tïin;..- ^^ ' ^i L '
l'Ki. 654. — Leikia.
Château de Dom Diniz.
(Reconstitution par /'.'. Korruni.j