CATHEDRALE DE BURGOS
FiG. 287.
BuRGOS. — Cathédrale, (Cliché Uvy.)
(fig. 288. comp. hg. 299). Bien qu il ait été termine en 1 567 et qu'il soit l'œuvre de Juan de Vallejo, un élève du célèbre Francisco de Colonia et de Philippe de Bourgogne (Felipe de Vigarny, inf., p. 237, 238), les trompes où repose le tambour et l'étoile à huit pointes qui rayonne à l'intrados de la coupole sont du type persan le plus pur (Voir fig. 297). Cette partie de l'édifice est comme le testament de ce bel art niudéjar, l'orgueil et la gloire de l'Espagne. La cathédrale de Burgos est à flanc de coteau. Aussi bien, les constructeurs furent-ils conduits à donner
deux étages au superbe cloître compris entre le chevet et la rue basse de la Paloma. L'étage supérieur est peint, seulement les couleurs sont fanées, comme celles qui ont été appliquées sur la pierre. 11 n'en est pas moins un exemple précieux de polychromie mudé-
jare. Les rouges vifs et les bleus intenses des palais andalous dominent ; l'or y jouait aussi un rôle prépondérant. Le métal a disparu, mais sa présence dans la décoration est attestée par la mixtion jaune qui servait à le fixer.
Comme la cathédrale de Burgos, la Primatiale de Tolède (fig. 289, 290) fut fondée par Fernando 111 (Il août 1227).
Les seules distinctions entre ces deux beaux édifices tiennent à leur dimension et au nombre des collatéraux. La Primatiale est plus longue et plus large que la cathédrale de Burgos ; après les
Fig. 288. — Burgos. — Caihédrale.
Nef et crucero.
(Cliché Lévy.)
FiG. 289. — Tolède.
Plan de la Cathédrale.
ESPAGNE
cathédrales de Milan et de Se ville, elle est la plus grande église gothique de l'Europe (120 m. sur 54 m.). Puis elle a cinq nefs et un double déambulatoire. En plan, la Primatiale ressemble à Notre-Dame de Paris (fond, en) 1 63) ; en élévation, elle se rapproche davantage de la cathédrale de Bourges (fond, en ] 1 72). Dans cette dernière, le maître de l'œuvre avait diminué la hauteur du trifonum, à l'avantage des fenêtres. Ici, le parti fut suivi dans toute sa rigueur, et le triforium fut supprimé ; mais sa disparition n'alla pas sans l'abaissement général des voûtes et l'alourdissement consécutif de l'ensemble. D'autre part, la voûte à six panneaux de Notre-Dame et de la cathédrale de Poitiers est remplacée par la travée barlongue avec simple croisée d'ogive à laquelle on était revenu en France. Le cloître se signale par une porte d'architecture complexe (fig. 291). qui sera mentionnée en étudiant les origines du style portugais manouélin (inf., p. 338, 339). A Tolède, l'on connaît le nom des principaux architectes et sculpteurs qui, durant plus de deux cent cinquante ans, furent employés sur les chantiers.
En tête de cette longue liste, se trouve un Français, Petrus Pétri (t 1285. /n/., p. 223), qm demeura pendant cinquante ans à la tête des travaux et leur imprima une unité qui fait souvent défaut à ces immenses édifices.
Santa Maria de Régla, la cathédrale de Léon (fig. 292 à 294), avait été fondée en 1205, seize ans avant la cathédrale de Burgos. Seulement, le chantier fut fermé durant près d'un demisiècle. Repris en 1252, les travaux reçurent une impulsion vigoureuse sous le règne de San-
tiG. 290. — Tolède. — Cathédrale.
Transept.
(Cliché Lacoste.)
CATULDRALL DE LEON
cho IV (1284-1293) et furent termines en 1303, peu d années après l'avènement de Fernando IV (1295-1312). Svelte, délicatement ajourée, pure de forme d'un rythme harmonieux et savant, elle donne une solution élégante du problème audacieux que les maîtres français s'étaient pose vers la fin du xil s., et sertit dans
un léger reseau de pierre les vitraux qui, du sommet à la base, garnissent les fenêtres de la nef, les baies du triforium et les fenêtres des collatéraux. Cette substitution d'un triforium transparent au triforium à galerie s'observe pour la première fois dans le chœur de la cathédrale d'Amiens. L'Ile-de-France et la Champagne l'adoptèrent vers le milieu du Xlll s. L'Espagne ne tarda pas à suivre leur exemple.
Autant l'architecture brillait d'un vif éclat en Castille, autant la Galice, les Astunes, la Navarre et la Catalogne se reposaient après les efforts accomplis durant la période romane.
/ A l'aurore du Xiv s., la Catalogne et la Navarre sortirent de la torpeur où elles étaient plongées. Il en résulte qu'à Gérone, à Saragosse, à Barcelone, à Perpignan comme à Pampelune, 1 architecture passe sans transition du roman finissant au gothique compliqué. Les affinités de race et le voisinage y aidant, le Midi de la France reprend une place prépondérante dans les conseils artistiques de la Catalogne.
Santa Eulalia, cathédrale de Barcelone, fut commencée en 1 298 et terminée en 1 329. Aux trois nefs, succèdent un transept sans collatéraux, une abside avec déambulatoire et un collier de onze petites chapelles rayonnantes, disposition empruntée à Saint-Just de Narbonne dont le chœur — la seule partie qui ait été construite — fut élevé de 1272 a 1330 environ. La crypte, creusée en 1339 pour placer sous le sanctuaire les reliques de sainte Eulalie, rappelle les confessions des églises primitives. La disposition n'est pas nouvelle. Le trait saillant réside dans les chapelles surmontées d'une
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Cloître.
iClichc Lacoste)
Cathédhali;.
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tiG. 292. — LÉON. — Cathédrale.
(Cliché Gracia.}
galerie qui s égrènent entre les contreforts, le long des collatéraux.
Etant donné le système de construction gothique où les murs sont de simples clôtures, la pensée aurait dû venir bientôt de profiter de ces espaces libres entre les contreforts pour augmenter sans dépense la superficie de l'église. Il n'en fut rien cependant. Encore, durant le XI V^ s., la France bâtit des églises à contreforts extérieurs et, si Notre- Dame de Paris, si les cathédrales d'Amiens et de Tours ont des chapelles collatérales, c'est que l'on reporta les clôtures à l'alignement du parement extérieur des contreforts bien après la consécration de ces édifices. Le premier exemple de chapelles collatérales comprises dans le projet primitif se présente, peut-être, à la cathédrale de Cologne (xill' s.). Elles faisaient également partie du projet inexécuté de Saint-Just de Narbonne, comme le montrent les plans similaires et contemporains des cathédrales de Clermont et de Limoges. La cathédrale de Gérone, l'édifice religieux le plus hardi de la Catalogne, se compose d'une nef unique, large de 22 m. 60, d'une abside et d'un déambulatoire entouré, comme à Barcelone, de onze chapelles rayonnantes. Elle fut commencée, en 1316, par maître Henri de Narbonne et continuée par un de ses concitoyens, Jacques Favari (Jacopo de Favanis). Le projet ressemblait à celui de Santa Eulalia de Barcelone ou plutôt à celui de la cathédrale de Narbonne, leur commune inspiratrice. Mais, vers 1410, alors que les murs extérieurs et les chapelles construites entre les contreforts étaient terminés, Guillermo Boffi proposa de réunir les deux murs par une seule voûte de 22 m. 60 de portée, sans appui intermédiaire. Cette dimension excédait de plus de 3 m. 50 la largeur des nefs de Saint-Etienne de Toulouse
FiG. 293. — LÉON.
Cathédrale.