ALHAMBRA. PALAIS DE MOHAMMED V
elle existe en Grèce, à la porte Melangeia de Mantinee. C est sur le front de la tour/uJ/c/aria, et a côte d'une main ouverte, que se trouve la clef symbolique encore inexpliquée dont le plan de l'abbatiale de Batalha présente une copie (tig. 643). A l'intérieur, le tympan de la porte de la Justice, comme celui de la porte du Vin, est décore d'une marqueterie de faïences bleue et verte extrêmement harmonieuse, mêlée, comme en Perse, à des briques mates.
Bien que Pedro Macluica, choisi par Charles-Quint pour ériger un palais italien sur le plateau de l'Alhambra, ait fait
FiG. 425. — Al.IlAMIiKA.
Patio de i.os Leonks.
FiG. 424. — Ai.nAMBRA. — Patio de i.os
Leones (cour des Lions).
(Cliché Lacoste.)
une large brèche dans l'œuvre de Mohammed V, elle a moins souffert que celle de son prédécesseur. Le patio de los Arrayanes et le patio de los Leones (cour des Lions), avec les salles des Abencerrajes au Sud, de la Justicia ou de los Reyes a l'Est, et de las dos Hermanas (des deux Sœurs) au Nord, furent heureusement respectés.
La cour des Lions (fîg. 422 a 425) est entourée de portiques aux tympans ciselés à jour, aux fines colonnettes couronnées de chapiteaux qu'enveloppent des rubans plies d'une exquise délicatesse. Au centre, s'élève la fontaine dont les lions étranges
FiG. 426. — E^TENDARD ALMOHADE.
(Couvent de las; Huelgas,
liiu-ffos.)
(Cliché Lacoste.)
ESPAGNE
et raides rappellent les aquamaniles en forme d'animaux (fig. 210).
Dans les salles, on admire les boiseries des portes, les lambris en marqueteries de faïences {alicatados) de composition géométrique, les stucs ciselés qui tapissent les murs (fig. 423), les voûtes à stalactites dont on ne saurait trop vanter l'élégance.
Toute l'œuvre de Mohammed V est d'ailleurs à signaler, mais en particulier la salle de las dos Hermanas, qui est peut-être la suprême expression de l'art more-andalous, et les trois coupoles de la salle de la Justicia tapissées de cuir et décorées de peintures.
La polychromie des stucs ciselés et des sta-
lactites comporte le rouge-cinabre, le bleu, le blanc et l'or, couleurs et métal auxquels s'ajoutent, d'une manière discrète, le brun et le noir. C'est la gamme peinte — plus vive en Occident, plus tranquille, plus laineuse en Orient — qui règne d'une manière indiscontinue dans les édifices musulmans depuis les Indes jusqu'en Espagne (si/p., p. 22, 27, 143). On l'a signalée des 1050, à la k.alaa des Beni Hammad \sup., p. 206 ; fig. 9). Quant à la coloration des lambris émaillés, elle est celle de la faïence persane au XIV' s., lorsque l'ocre jaune et le brun furent ajoutés aux bleus et au blanc.
Dès le début du khalifat, les musulmans avaient représenté des êtres vivants sur les ivoires, les cuivres, les tissus, les manuscrits (fig. 201, 203, 207,210,211,213).
L'on sait aussi qu'ils avaient prodigué les statues dans le palais de Médinet ez Zahrâ, voisin de Cordoue. Enfin, après leur con-
F1G.427. — Tapis aux armes DE Marina de Ayala
ET DE FaORIQUE EnRIQI'EZ
(1473). (Spanish Art Gallcries. Londres.) ((Cliché The London Electrotype Agency.)