CATHÉDRALES DE MALAGA ET DE JAEN
rythmées pour mettre un projet en proportion. Le thème géométrique de la cathédrale de Tolède, dû a Pedro Ferez (v. Petrus Pétri, Slip., p. 144), adopté par les Hontanon et qu'avait traduit en épure un architecte de Salamanque, Simon Garcia, de qui nous le tenons, se développe dans le carré construit sur la longueur totale de l'église comme côté. Ce fut naturellement à ce thème que se rallia Enrique de Egas. Il se borna seulement à porter de trois à cinq le nombre des nefs. En 1 525, le chapitre, qui désapprouvait l'emploi du style gothique et que mécontentaient les longues absences de Tarchitecte, lui donna pour successeur Diego, fils de Gil de Siloé. Le plan ne pouvait plus être modifié — les changements ne portèrent que sur les dispositions de la chapelle axiale du déambulatoire — mais, la construction fut continuée dans le style sévère de la Renaissance pseudo-classique (fig.439). Les grâces du platéresque avaient même été condamnées.
Les chapitres de Malaga et de Jaen suivirent l'exemple donné par Grenade et, à leur tour, adoptèrent dans la reconstruction de leurs cathédrales respectives le style pseudo-classique, dit gréco-romain (fig. 440).
L'architecture religieuse ne s'attarda pas, on vient de le voir, au stage plateresque et passa généralement du gothique au gréco-romain somptueux inauguré a Grenade. A titre d'exception, on notera la délicieuse chapelle de l'Obispo a Madrid, l'église conventuelle de Santo Tomas d'Avila (1482-1493), le
Fig. 441. — Saragosse.
Portail de Sania Engracia.
{('Aiché de Vauleur.)
FiG. 442. — Santiago.
Cloître.
(Cliché de l'ait leur.)
Cathédkall:.
chœur et l'abside platéresques de la cathédrale de Cordoue, le portail de Santa Engracia de Saragosse (fig. 441), celui de Santa Maria Mayor de Calatayud (1528), le porche de la cathédrale d'Astorga (fig. 443), San Esteban de Salamanque commencé en I 524 sur les plans de Juan de Alava et, du même architecte, le magnifique cloître de la cathédrale de Santiago (fig. 442), le plus grand de l'Espagne, — 39 m. de côté, — dont la construction dura près de soixante ans (1 521-1 580). Enfin, il faut également classer dans le platéresque les dômes de la Seo de Saragosse et de la cathédrale de Burgos (fig. 298, 297). Il s'agit de la décoration, car la suspension sur trompes et le tracé étoile des nervures ne seraient pas de style persan plus pur, si les coupoles avaient été construites à Ispahan ou à Bidjapour pour le tombeau de Mahmoud. En vérité, le platéresque ne se généralisa que dans les édifices civils où il régna pour la gloire de l'Espagne. Sa vie fut courte ; du moins, il ne connut pas la décadence. Il périt de mort violente, condamné par Philippe II, qui voulait une architecture conforme à ses sombres pensées.
Architecture civile. — D'une manière générale, les caractéristiques du platéresque sont les courbes et contre-courbes brisées et les accolades introduites par les architectes musulmans, l'anse de panier et la plate-bande qui accusent une réaction violente contre les voussures surhaussées de la période ogivale, puis les fûts de colonne
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