‹ Histoire générale de l'Église de Toulouse (volume 3)Chapitre 24 sur 38 · II · texte numérisé non relu

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embrassèrent la vie religieuse; elles devinrent ainsi le3 premières pierres de ce grand édifice que notre saint j éleva avec le secours de quelques seigneurs du voisinage. Le nom de ces disciples du saint apôtre nous a été fidèlement transmis : elles s'appelaient AJadàïcie, Rérengère, Barbeyrane, Jordane-Curtolane, Raymonde-Passerine, Ricarde, Guillemine de Fanjaux, Raymonde Claretti, et Gentiane, appartenant toutes à de grandes familles. Il leur donna la règle des chanoinesses de saint Augustin avec des constitutions particulières.

Telle fut Forigine du célèbre monastère de Prouille, dont la fondation est placée par certains auteurs en Tan 1206, et par d'autres en 1207. Les chroniques locales entourent son berceau de merveilles : on rapporte que, le 22 juillet 1206, saint Dominique, passant la nuit en prières sur un plateau du haut duquel on découvre à Fanjaux toute la plaine de Prouille, aperçut un globe de feu qui, après avoir décrit plusieurs lignes circulaires dans les airs, vint se reposer sur la chapelle de Notre-Dame ; que cette vision se produisit jusqu'à trois fois ; qu'alors saint Dominique en fit part k une noble femme appelée la dame de Cavaërs, à qui appartenaient les maisons situées près de la chapelle et qui lui furent cédées; que ce fut le 22 novembre, jour de Sainte-Cécile, que les demoiselles de Fanjaux dont nous avons parlé descendirent à Prouille ; et qu'enfin le 27 décembre, jour de Saint-Jean l'Evangéliste, elles prirent possession des nouveaux bâtiments auxquels on avait donné la forme d'un monastère.

En souvenir de cette merveille, le lieu où saint Dominique fut favorisé de cette vision prit le nom de Signe-de-

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Dieu (Signum Dei) et en langue vulgaire Seignadou; on y éleva une croix, et on y construisit un oratoire. Saint Dominique habitait, à Fanjaux, une maison située non loin de ce lieu. On montre encore, sur les bords d'un réservoir d'eaux stjagnantes, la grotte dans laquelle il aimait à se retirer pour s y livrer à la contemplation des choses divines. Il partageait son temps entre Texercice de la prière, la prédication, et les soins qu'il prodiguait à son cher monastère de Prouille. Bérenger, archevêque de Narbonnç, qui s'était réconciUé avec le pape, devint le premier bienfaiteur de cette maison. Par un acte qui porte la date de 1207, il lui donna l'église de Saint-Martin de Limoux, située dans son diocèse.

Les miracles les plus éclatants ne cessaient de confirmer l'apostolat de saint Dominique. Un jour, à Fanjaux, il se trouvait en présence d'un grand nombre d'hérétiques : la discussion s'engagea sur les matières controversées. Comme il était impossible de s'entendre, on convint d'un commun accord qu'on jetterait dans le feu les livres des deux partis, et que ceux qui seraient épargnés par les flammes indiqueraient la vérité de la doctrine. On commença par jeter dans le bûcher le livre des hérétiques, qui fut aussitôt dévoré par les flammes. Celui de saint Dominique fut jeté à son tour et ne brûla point. L'épreuve fut renouvelée jusqu'à trois fois, et trois fois la victoire fut assurée à la vérité par cette épreuve. On vit même ce livre s'élever au-dessus des flammes, aller frapper une poutre placée au-dessus du bûcher et y laisser des traces non équivoques du prodige. Cet événement se produisit dans la maison de Raymond de Durfort, co-seigneur de Fan^

jaux (1). La poutre stigmatisée par le miracle se voit encore aujourd'hui dans la chapelle de Saint-Dominique, à Fanjaux. Au-dessous, on aperçoit la pierre sur laquelle le feu fut allumé ; on y lit Finscription suivante :

E VORACIBUS FLÂMMIS EVANGELIORUM LIBER EXIIT INCOLUMIS, IN NOMINE JESU,

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