‹ Histoire générale de l'église depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'à nos jours (volume 3)Chapitre 105 sur 192 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

véritable, se répandit jusqu'aux extrémités du monde. Deux hommes également fameux ^ quoique d'un génie complètement opposé , Voltaire et Jean-Jacques Rousseau , popularisèrent , par leurs écrits, la haine dont ils étaient animés contre l'Eglise. La France, pervertie par leurs ouvrages, se fît gloire d'outrager l'antique religion de ses pères, et de livrer au mépris public les Pontifes et les prêtres qui avsdent civilisé le monde. On vit alors le spectacle d'une société sans Dieu , sans religion et sans foi. Mais ce n'est pas impunément qu'on arrache du cœur des hommes le seul firein qui puisse maîtriser leurs passions et dompter leurs mauvais instincts. Les doctrines irreligieuses du xvm* siècle , en pénétrant dans les masses , y déposèrent des germes de révolte et de haine. L'autorité, qui vient de Dieu, peut-elle subsister quand on apprend au peuple que a Dieu n'est qu'un mot? ï> Il s'éleva, dès lors, au sein de la France, une immense tempête qui engloutit dans des flots de sang l'ancienne monarchie, la religion des aïeux, la noblesse , qui avait versé son sang pour la gloire du pays , et qui le répandait maintenant par torrents surl'échafaud. La révolution victorieuse parcourut l'Europe épouvantée. On eût pu croire que l'Eglise de Jésus-Christ touchait à ses derniers jours. Mais elle a des promesses d'immortalité contre lesquelles ne prévaudront jamais tous les eiforts de l'enfer. La Providence veillait sur ses destinées. Un conquérant, dont le nom et la gloire ont rempli le monde , relève les auteb de Sion , et quand , plus tard , enivré par ses victoires, il oublie que c'est Dieu qui élève les puissances, et que sa main brise dans sa colère les instruments rebelles à ses desseins , quand il essaie à son tour de lutter contre l'auguste Pontife qui s'est assis sur le âége de Saint-Pierre, il tombe et remplit l'univers du bruit de sa ruine. Merveilleux enseignement donné aux esprits superbes qui refusent de s'incliner sous le joug tutélaire de l'Eglise ! Le monde entre ensuite dans les voies où nous marchons encore ; la politique humaine traverse des horizons inconnus ; mais, nous, enfants de l'Eglise, nous sommes sûrs que le bras de Dieu ne nous abandonnera pas. Le passé nous répond de l'avenir. Déjà les symptômes d'un retour à la foi se manifestent. Aussi féconde que jamais en œuvres, de salut, l'Eglise a vu se produire dans son sein des institutions que l'antiquité nous eût

enviées. La Propagation de la foi porte aux extrémités du monde le nom de Jésu^hrist et la lumière de l'Evangile. Le sang des martyrs coule sur des plages lointaines et y fera germer la semence du salut. Le culte de Marie se développe avec un progrès merveilleux et réunit, dans des associations puissantes, les plus hautes intelligences et les plus nobles cœurs. Un mouvement religieux irrésistible entraîne les esprits vers l'étude plus sérieuse et plus approfondie des dogmes chrétiens. La presse, dont les productions licencieuses et impies avaient perverti la société du xvm* siècle, met au service de la vraie foi ses immenses moyens de propagande. Le clergé est partout à la hauteur de sa mission sublime : ses prédications, son zèle, ses instructions, ses vertus et ses écrits ont réconcilié la science de nos jours avec la religion. QueUes que soient les destinées que Dieu prépare à notre société, l'Eglise y occupera toujours la plus large place et y exercera la plus haute influence.

2. Quand les cardinaux se furent liéunis pour donner un successeur à Urbain YID, le marquis de Saint-Ghamond , ambassadeur du jeune roi de France, Louis XIV (il n'avait encore que six ans), leur adressa un discours où l'on remarquait ce passage : <c Nos rois, véritablement très chrétiens , ont, sans contredit plus 1» que tous les autres monarques, accru les revenus et l'autorité » de l'Eglise romaine. Le sacré Collège ne doit pas moins attendre y> d'assistance, en cette occasion et en toute autre, du roi mon D maître, pmsqu'il est né dans les miracles, les victoires et les » triomphes, qu'il est issu de la tige de saint Louis, du plus dévot » père et de la plus pieuse mère qui aient jamais porté le sceptre. 1» n est élevé par les soins de la reine régente qui ne lui donne » point de plus ordinaire instruction que celle d'honorer et de » maintenir l'Eglise, et ne peut lui fournir pour cela de plus beaux i> exemples , tant anciens que modernes , que ceux de sa propre 9 maison royale et de plus de soixante rois ses prédécesseurs, qui » se sont toujours conservés avec le Saint-Siège en grande et » étroite union. » C'étaient là de belles paroles , prononcées au nom de ce jeune souverain dont la splendeur allsdt effacer celle de ses aïeux. Heureux s'il eût toujours professé, pour les successeurs de saint Pierre, le respect dans lequel on avait élevé son enfance I

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