CHAPITRE m. 36S
dînai de Noailles et d'antres prélats appellent de la bulle Unigenitus an Pape mieux informé. Balle Pastoraiis. Edit de Philippe d'Orléans qui rend Texè* cution de la bulle Unigmttus obligatoire en France. — 82. Question des Rites chinois. Bnlle Ex illA die. — 33. Coup d'œil sur F Angleterre protestante. Episcopaux. Presbytériens. — 84. Quakers. Méthodistes. — 35. Collins. Condamnation de son ouvrage intitulé ; Discours sur la liberté de penser. —iS. Le sultan Achmed ni viole la paix de Garlo-witz. Victoires de Péterwaradin et de Bel* grade sur les Turcs, par le prince Eugène. Paix de Passarowitz. — 87. Mekliitaristes. — 88. Peste de Marseille de 1720. Belzunce. Clément XI envoie trois navires chargés de grains à la ville de Marseille. — 89. Mort de Clément XI. — 40. Saints et savants personnages de la fin da dix-septième siècle et da commencement du dix-huitième.
§ 8. PONnFiCAT d'innocent xui (18 mai 1721-7 mars 1724).
41. Incident produit au sein du conclave, au sujet dû cardinal Paolucci. Privilège d'exclusion des couronnes. — 42. Principaux événements du court pontificat d'Innocent Xm. — 48. Mort d'Innocent XIII.
§ fl. Pontificat d'Innoeent XII (12 juillet 1691-12 juillet 1700)
1 . Le cardinal Antoine Pignatelli fut élevé sur la chaire de saint Pierre, le 12 juillet 1691 , et prit le nom d'Innocent XII. Le premier acte de son pontificat fut une mesure qui combla de joie toute la cour de Rome, et qui prouvait la noblesse du cœur et la droiture d'intention du nouveau Pontife. Plusieurs des papes précédents avaient cédé à des affections de famille , naturelles au cœur de tous les hommes, et avaient remis une partie des grandes charges du gouvernement à leurs proches. Des titres spéciaux, tels que le généralat de l'Église et des galères pontificales, étaient ordinairement affectés aux parents du Pape. Un cardinal neveu semblait trop souvent le ministre-né du souverain Pontife, son oncle. Sans doute, de grands et illustres exemples venaient quelquefois protester contre cet abus ; et nous les avons signalés en leur temps. Mais aucune mesure générale n'en avait encore proscrit définitivement le retour. La gloire de supprimer à jamais le népotisme était réservée à Innocent XII. Après avoir préparé les esprits au coup qu'il allait frapper, il publia, le 23 juin 1692, la buUe Romanum decet Pontificem , qu'il fit souscrire par tous les cardinaux. Les titres réservés aux parents des souverains Pontifes, et d'autres dignités auxquelles on avait attaché des appointements extraordinaires , étaient abolis* Cette réforme opérait
une économie de quatre- vingt mille écus, en faveur de la chambre apostolique. Il était sévèrement défendu qu'à l'avenir les Pontifes pussent enrichir leurs parents avec les biens de l'Église , ou accorder à leurs neveux la grande autorité et le pouvoir démesuré dont avaient joui quelquefois certains cardinaux-neveux. Afin que cette bulle fût observée perpétuellement,, et conservât à jamais son autorité, Innocent XII ordonna que tous les cardinaux alors vivants prêteraient serment de la faire exécuter , et qu'à l'avenir le même serment serait renouvelé à chaque conclave. Fidèle à ces principes, il défendit à tous les membres de sa famille de venir à Rome, pendant toute la durée de son pontificat , et répandit sur les pauvres, qu'il appelait ses neveux y tous les biens que quelques-uns de ses prédécesseurs n'avaient que trop prodigués à leurs parents. En même temps, l'attention du nouveau Pontife à réprimer tous les désordres , sa sévérité dans le choix des ecclésiastiques , la vigilance avec laquelle il punit la cupidité des juges, ses vues d'économie, sa frugalité personnelle^ ses aumônes, lui méritaient l'estime de ses contemporains , et lui conquéraient des droits à l'admiration de la postérité.
2. Un des premiers soins d'Innocent XII fut de reprendre les négociations pendantes avec la France, au sujet de la Déclaration de 1 682. Comme il arrive toujours, quand les discussions se compliquent d'incidents nouveaux, la question de la Régale , première cause de la querelle , était à peu près oubliée ; les quatre articles seuls préoccupaient alors l'opinion. Louis XTV n*était déjà plus ce roi victorieux , dont la volonté s'imposait à toute l'Europe. Une nouvelle révolution venait d'éclater malgré lui en .Angleterre. Après le meurtre de Charles I" , ce pays avait subi le joug du régicide Cromwell, qui gouverna jusqu'à sa mort (1658), avec un pouvoir absolu. Une restauration , opérée par le dévouement du général Monck , rendit le trône à l'héritier légitime de rinfortuné Charles?', qui prit le nom de Charles II, et qui ne sut point tenir, d'une main assez ferme, les rênes du pouvoir, au milieu d'un peuple encore frémissant (1). A la mort de Charles U,
(1) Ce fut sous le règne de Charles II que se formèrent, en Angleterre, les deux partis célèbres des Wighs et des Torys, Les Wighs représentent la faction