‹ Histoire générale de l'église depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'à nos jours (volume 3)Chapitre 51 sur 192 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

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mourut en vue de cette terre qu'il s'était promis de convertir et dans laquelle il ne lui fut point donné d'entrer. Le vaisseau qui l'apportait le déposa expirant sur le rivage (2 décembre 1552). On l'y laissa, suivant sa demande , exposé aux injures de l'air : mais enfin Georges Alvarez, son compagnon, touché de ses soufiBrances, le fit transporter dans une cabane abandonnée et ouverte à tous les vents. L'héroïque malade conservait toute la sérénité de son âme. Les yeux baignés de pleurs et tendrement attachés sur son crucifix, il prononça ces paroles du psaume : « Seigneur, j'ai mis » en vous mon espérance , je ne serai jamais confondu ; » et, en même temps , transporté d'une joie céleste qui se refléta sur son visage , il rendit doucement l'esprit. Béatifié par le pape Paul V, en 1619, saint François Xavier fut canonisé par Grégoire XV, en 1621 , et en 1747, un bref de Benoît XVI ordonna qu'il fût honoré comme le patron et le protecteur de toutes les contrées des Indes orientales.

37. Pendant que la Providence envoyait des apôtres aux contrées idolâtres , eUe préparait au sein de l'Europe des théologiens et des docteurs capables de lutter contre l'invasion de Terreur. Salméron , Laynez , Alphonse Rodriguez , Pierre Lefèvre , Bobadilla, compagnons de saint Ignace, s'exerçaient aux travaux théologiques et ascétiques qui ont illustré leur nom pendant que leur collègue saint François Xavier portait sur les rives étrangères la foi catholique qu'ils défendaient dans leurs écrits. Dans le même temps, le dominicain espagnol Melchior Canus ou Cano, né an diocèse de Tolède , dans les commencements du xvi* siècle , publiait son grand ouvrage Des Lieux théologiques^ dont le mérite dépasse toutes les louanges qu'on peut lui donner. Le style en est d'une élégante latinité, mais sans cette afiectation pédantesque de locutions païennes, qu'on remarque dans les auteurs de la Renaissance. L'excellence du fond l'emporte encore sur la beauté de la forme. C'est le bon sens même élevé à sa plus haute puissance par la science chrétienne , qui concUie , dans un harmonieux ensemble , la nature et la grâce , l'humanité et l'Eglise , la raison et la foi, la philosophie et la théologie. Il assigne à chaque chose les limites que Dieu lui a données ; sur chaque chose il dissipe les erreurs et les ténèbres que les doctrines de Luther y ont accumu-

142 PAUL m (1534-1549).

lées. Melchior Ganus compte dix Lieux théologiqueSy ou sources dont le théologien peut tirer des arguments, soit pour prouver ses propres conclusions, soit pour réfuter les conclusions contraires. Ce sont les autorités suivantes : 1* L'Ecriture sainte. 2* Les Traditions divines et apostoliques. 3* L'Eglise universelle. 4* Les Conciles et principalement les Conciles généraux. 5* L'Eglise romaine. 6* Les saints Pères. 7* Les Théologiens scolastiques et les canonistes. S"" La Raison naturelle. 9** Les Philosophes et les Juristes. 1 0"" L'Histoire humaine. Les sept premières autorités appartiennent à la théologie proprement dite ; les trois autres lui sont communes avec d'autres sciences. Le savant dominicain en donne la définition , montre leur valeur et leur force , et enseigne la manière de les employer. Son livre doit, avec la Somme de saint Thomas, former la base de toute étude théologique sérieuse.

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