PIE V
cipe de Luther. Les sociniens en tirent des conséquences particulières. Tous les mystères doivent être rqetés, par cela même qu'ils sont des mystères, et que la raison ne saurait les comprendre. Ils n'admettent pas même la création, « parce qu'ils ne con- » çoivent pas, disenl>-ils, que Dieu ait pu donner l'être à des sub- 1» stances, par le seul fait de sa volonté. » Us rejettent les dogmes du péché originel, de la divinité de Jésus-€hrist, de la Rédemption. Les seuls sacrements qu'ils conservent sont le Baptême et la Gène, encore ils ne leur attribuent d'autre vertu que d'exciter la foi. La résurrection de la chair est niée par eux comme impossible. Ils n'admettent pas davantage l'éternité des peines ; et ils enseignent, qu'après une durée plus ou moins longue, tous les êtres créés rentreront dans le néant. Les sociniens prétendent qu'il n'est pas permis de faire la guerre, de poursuivre en justice la réparation d'une offense, de prêter serment devant les magistrats, d'exercer la fonction de juge, surtout dans les procès criminels, de tuer un voleur ou un assassin , même dans le cas d'une légitime défense. Originaires de Yicence, les deux Socin commencèrent à prêcher leur doctrine en Suisse. Proscrits par le gouvernement de Genève , ils passèrent en Pologne , où leur secte recruta bientôt de nombreux partisans, et établirent le chef-lieu de leur propagande à Racow, ville du district de Sandomir, d'où ils datèrent leur profession de foi ou Catéchisme de Racow.
25. Une autre erreur, née comme la précédente des docfadnes de Luther, fut celle de Balus, chancelier de l'Université de Louvain. Le baîanisme considère la nature humaine dans les trois états d'innocence, de chute et de réparation : 1"* L'état d'innocence présente la nature dans une parfaite intégrité : l'immunité delà concupiscence, l'immortalité, la prédestination à la vision intuitive, l'espérance, lâchante; 2*" la chute, en brisant cette magnifique harmonie, a privé l'homme de tous ces dons. Livrée à la concupiscence, la nature n'a plus de pouvoir que pour pécher, et la liberté n'existe plus ; l'homme agit sous Tempire d'une contrainte inévitable; i*" à l'état de réparation, l'homme reçoit deux grâces, dont l'une communique le Saint-Esprit ou la grâce à l'âme, et la relève au-dessus de la concupiscence; et l'autre est l'imputation même des mérites de Jésus-Christ pour payer la dette