‹ Histoire générale de l'église depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'à nos joursChapitre 111 sur 324 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

nière, celle de ïraga, *t eu mourût de chagrin (1 1 34) . Les croisés français et les chevaliers des nouveaux ordres militaires contrit huèrent beaucoup aux succès des chrétiens, sous ces deux règnes et sous les suivante. Alphonse VII, roi d'Aragon, profitant des nouvelles dissensions survenues entre les Sarrasins , poussa ses conquêtes, qui ne furent arrêtées que par sa mort (1 1 54), et par l'arrivée de la dynastie des Mohad es, qui s'étahlit sur les ruines des Mo ra vides. — Le pontificat d'Honorius II s'était terminé pacifiquement, au milieu de ces événements heureux pour TË*» glise. Ce Pape mourut à Rome, le 14 février 1130 , après cinq ans de règne.

J S. Pontificat d'Innocent II (17 février 1130-24 septembre 1US).

10. A la mort d'Honorius II, les cardinaux lui donnèrent pour successeur, Grégoire, cardinal-diacre du titre de Saint- Ange. Le nouveau Pape résista longtemps : d'une voix entrecoupée par les sanglots et les larmes, il protestait qu'il était indigne d'un si haut rang. « Ce n'est pas à l'honneur que nous » vous invitons, lui répondirent les cardinaux; c'est plutôt au > péril. » Grégoire se laissa enfin fléchir; il fut revêtu des ornements pontificaux, intronisé dans l'église de Latran, et prit le nom d'Innocent II (17 février 1130). Cependant, le même joun, Pierre de Léon, d'une famille juive récemment convertie, et au» quel ses richesses donnaient une grande influence à Rome, se fit élire par quelques cardinaux dissidents, envahit, à main armée, l'église de Saint-Pierre, la dépouilla de tous ses trésors et se fit couronner souverain Pontife, sous le nom d' Anaclet II. Au scan*daJe de son schisme , Panfipape ajoutait celui de sa dépravation et de ses mœurs infâmes. Il ne craignit pas cependant de notifier son élection à tous les royaumes chrétiens. En écrivant à Louisle-Gros, il disait : a Nous rendons, avec justice, ce témoigaage » à l'Eglise gallicane, qu'elle n'a jamais été infectée d'aucune » erreur ni d'aucun schisme. » La France accepta la louange qui était méritée, mais repoussa celui qui la donnait, parce qu'il était intrus. En le reconnaissant, elle eût cessé d'être digne de cet éloge. Le vénérable saint Hugues, évêque de Grenoble ,

2Û8 innocent n (1130-1143).

donna le premier l'exemple de la fidélité au Saint-Siège, en •excommuniant l'antipape, dans le concile du Puy, et en proclamant la légitimité de l'élection d'Innocent II. Saint Norbert, archevêque de Magdebourg, fit de même en Allemagne. Louisle-Gros convoqua un concile national à Etampes, pour faire résoudre par les évêques la question des deux obédiences. Les prélats remirent cette importante décision à saint Bernard. L'abbé de Clairvaux, après avoir mûremeut examiné les faits, déclara qu'Innocent II devait être reconnu pour le vicaire de Jésus- Christ, pour le successeur légitime de saint Pierre. Tous les évêques du concile se rangèrent à son avis; on chanta le Te Denm en action de grâces; le roi, les seigneurs, les évoques et les abbés, souscrivirent à l'élection d'Innocent et lui promirent obéissance.

1 1 . Pierre de Léon n'en continuait pas moins la révolte et le schisme : maître de Rome, il la traitait en ville conquise. Innocent II fut obligé d'en sortir. Il passa en France, où il fut reçu avec les plus grands honneurs par Louis-lc-Gros, sous le règne duquel on vit cinq Papes venir successivement demander asile à cette contrée fidèle que Baronius appelle : «c Le port de la bar* *» que de saint Pierre, pendant l'orage. » L'auguste fugitif n'avait ni soldats, ni trésors, comme son compétiteur : a Mais, dit un » annaliste , il avait pour lui saint Bernard , qui valait à lui » seul des armées. » L'abbé de Clairvaux était veau mettre son génie et sa prodigieuse influence au service du souverain Pontife. Innocent II l'envoya trouver, à Rouen, le roi d'Angleterre, Henri Pr, qui hésitait encore entre les deux obédiences, a Prince, » dit saint Bernard au monarque, que craignez-vous donc en » vous soumettant à Innocent? — Je crains, dit le roi, de faire » un péché. — Si c'est là ce qui vous arrête, reprit l'abbé de » Clairvaux, ayez la conscience en repos. Songez à satisfaire à la » justice de Dieu pour vos autres fautes , car je prends celle-ci » sur moi. » Henri I" n'en demanda pas davantage : il embrassa le parti d'Innocent II, et vint le trouver à Chartres, se prosterna à ses pieds, et lui promit, en son nom et au nom de tous ses sujets, une obéissance filiale. Lothaire, roi de Germanie, envoya prier le Pape de passer en Allemagne. Innocent H se reudit à ce

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