‹ Histoire générale de l'église depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'à nos joursChapitre 203 sur 324 · GRÉGOIRE X (1271-127C · texte numérisé non relu

GRÉGOIRE X (1271-127C

donné des preuves de sa haute verlu. On cite de lui ce trait de piété. Il rencontra un jour, au milieu des montagnes de la Suisse, un prêtre qui portait le saint viatique à un malade. Rodolphe descendit aussitôt de cheval , y fit monter le prêtre , et accompagna, à pied, le Roi du ciel dans la pauvre demeure qu'il allait visiter. Le prêtre voulut ensuite rendre au noble chevalier sa monture, a A Dieu ne plaise, répondit le prince, que je m'as- » seoie jamais sur un cheval qui a servi au Roi des rois ! p et il le laissa au prêtre. Grégoire X approuva l'élection de Rodolphe de Habsbourg, avec lequel il eut une entrevue à Lausanne (1275). Le nouveau roi promit, par serment, de conserver tous les biens et les droits de l'Eglise romaine, et de la rétablir dans ceux qu'elle avait perdus. Il s'engagea, en même temps, à reconnaître Charles d'Anjou comme roi de Sicile, et à ne pas chercher à l'inquiéter dans ses possessions.

43. La paix que l'avènement de Rodolphe de Habsbourg assurait à l'Allemagne et à l'Italie, paraissait, aux yeux de Grégoire X, favorable à la réalisation de son grand projet de croisade. Il travaillait à rétablir la concorde et l'harmonie dans tom les Etats de la chrétienté, pour assurer le succès de la guerre sainte qu'il méditait. En Italie , les Guelfes et les Gibelins oubliaient leurs vieilles querelles pour s'unir à la voix du Pontife, par les liens d'une sainte et noble amitié. En Espagne, Grégoire X réveillait le zèle des princes chrétiens, par ses lettres et ses légats. E s'élevait avec force contre la mollesse et les coupables voluptés de quelques— uns d'entre eux , dans l'espoir de s'en faire des auxiliaires pour la nouvelle croisade ; mais le temps manqua à l'énergique volonté du saint Pontife , qui luttait presque seul contre l'indifférence de l'Europe entière. Grégoire X mourut à Arezzo, le 10 janvier 1276. <c Son pontificat , dit un écrivain pro- » testant, M. Sismonde de Sismondi, fut glorieux, et aurait laissé » sans doute des traces plus profondes dans la mémoire des » hommes , s'il avait duré plus longtemps. L'Italie fut presque » entièrement pacifiée par son esprit impartial, après que la fu- » reur des guerres civiles avait semblé détruire tout espoir de » repos. L'interrègne de l'empire fut terminé par l'élection à un » prince qui se couvrit de gloire et qui fonda l'une des plus

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