‹ Histoire générale de l'église depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'à nos joursChapitre 26 sur 324 · chapitre n · texte numérisé non relu

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» wége et d'une partie de la Suède, à Egelnoth, métropolitain, à » l'archevêque Alfric, à tous les évèques et primats, à toute la » nation des Anglais, nobles et peuple, salut. Je vous fais savoir » qu'en exécution d'un vœu fait depuis longtemps, je me suis » rendu à Rome pour la rémission de mes péchés et pour le salut » des royaumes et des peuples qui sont assujettis à mon gouver- » nement. Il s'est tenu ici, pendant la solennité pascale, une » grande assemblée de perso imagos illustres pour le couronne- » ment de l'empereur Conrad. Je me suis entretenu avec le Pape » et l'empereur, au sujet des besoins de mes royaumes d'Angle- » terre et de Danemarck. J'ai obtenu pour mes peuples plus de » justice et de sûreté dans leurs voyages à Rome. Ils ne seront » plus désonnais retardés par tant de barrières, ni rançonnés ■ par d'injustes péages. L'empereur a consenti à toutes mes » demandes, ainsi que Rodolphe, roi de Bourgogne, qui possède » les principales clôtures des Alpes. » Le roi, qui venait ainsi à Rome traiter, en personne, pour les besoins de ses sujets, était Canut, {ils de Suénon, roi de Danemarck. Sage, vaillant, constant dans les revers et plein de ressources pour les réparer, il avait vengé par la conquête de toute la Grande-Bretagne le massacre des Danois (1017). Il s'était montré, dans sa lutte avec Edmond Cote-de-Fer, dernier roi de la race des Angles, religieux, équitable et naturellement bienfaisant. Si, durant la guerre, il fit quelquefois paraître encore des restes de la férocité danoise, ce fut moins le fruit de son naturel que l'effet malheureux des occasions et des emportements passagers. Tranquille possesseur de toute l'Angleterre, il la rendit bientôt le plus florissant de tous les royaumes, en développant le génie du commerce, naturel aux indigènes, et en faisant régner la justice, l'abondance et la paix. Il effaçait ainsi, par la modération de son gouvernement, l'odieux d'une domination étrangère et les rivalités nationales excitées par la conquête. Il répara tous les monastères que les désastres de la guerre avaient ruinés. A Rome, il fit autant admirer sa pieuse munificence qu'il donna d'édification par les marques de sa sincère piété. Ses libéralités s'étendaient même aux royaumes étrangers, e t saint Fulbert, évêque de Chartres, reçut de lui des sommes énormes pour la construction de sa

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cathédrale. — Un jour, Canut se trouvait au bord de l'Océan, sur la côte de Winchester. Un de ses courtisans, par une de ces flatteries hyperboliques dont on ne se fait pas scrupule dans les cours les plus chrétiennes, lui donna le titre superbe de roi des rois et de maître de la mer. Le prince, sans rien lui répondre, plia son manteau, le mit au bord de la mer, où le flux montait, et s'assit dessus. Au moment où le flot s'approchait : « Tu es » soumise à mes ordres, dit-il alors à la mer; je te commande de » respecter ton maître, et de ne ne point venir jusqu'à lui. » On écoutait avec étonnement, lorsque les premiers flots venant à mouiller les pieds du roi: a Vous voyez, dit-il, comment l'O- » céan respecte son maître. Apprenez par là quelle est la puis- » sance des rois mortels. Le seul des rois est le grand Dieu par » qui la terre, la mer et tous les éléments ont été créés et sont » gouvernés. » Après cette belle leçon, il se leva, et, suivi de tous ses courtisans, vint à l'église de Winchester. Là, mettant sur la tête du crucifix le diadème qu'il avait coutume de porter, il protesta que celui-là seul mérite la couronne , à qui toutes les créatures obéissent. Canut mourut peu de temps après une action si digne de clore un règne qui n'avait été qu'un tissu de bonnes œuvres (1036). Ses deux fils, Harald et Canut II, succédèrent l'un après l'autre à leur père, dans la souveraineté de la Grande- Bretagne, après quoi cette couronne, rentrant dans la famille de ses anciens possesseurs (1042), passa sur la tête de saint Edouard, frère d'Edmond Côte-de-Fer.

7. Tandis que Canut édifiait l'Angleterre et le Danemark, les contrées sauvages de la Norwége étaient gouvernées par un prince également vertueux , Olaus II le Saint , à qui une mort héroïque mérita le titre de martyr. Les deux roisOlaûs et Canut, si dignes d'une amitié réciproque, se firent néanmoins une guerre animée pendant la plus grande partie de leur règne. Leur but commun était de réunir sur une seule tête les deux couronnes de Danemarck et de Norwége, qui, malgré les mers qui les séparent, ont ainsi paru de toute antiquité ne pouvoir appartenir qu'à un même souverain. Olaûs s'appliqua particulièrement à purger ses terres des devins et des magiciens dont elles étaient infestées, et qui perpétuaient les superstitions les plus insensées

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