CHAPITRE PREMIER
<re tourments; quelques-uns se tuèrent de désespoir; d'autres se firent baptiser pour échapper à la mort. Les haines nationales, exaltées par ces vengeances, se portèrent souvent à des excès, qu'avec nos mœurs actuelles nous ne pouvons que rondamner. Elles persistèrent pendant toute la durée an moyen âge. On a entare trouvé là une occasion d'incriminer l'Eglise, comme si elle eût excité l'indignation populaire contre les Juifs, ei **f tout le sang versé, dans ces cv ^nslances déplorables , dtMiui être imputé. L'histoire, qui n'est que le témoin de la vérité, ne peut s'associer à ces reproches calomnieux, fille constate seulement 1% courant des idées générales, qui poussait la chrétienté tout entière à des violences contre les Juifs, race déici^ et marquée corme d'un st~3&u réprobateur. La scisd profonde qui existait entre les habitudes des peuples chrétiens et celles de cette naticc odieuse, la réputation bien établie qu'avaif "es Juifs de s'enrichir par des moyens usurair^ de traiter tous les ro^^^mk de l'univers comme leurs pères avaient traité les Egypt^*« , c£ de les dépouiller de leurs richesses, entretinrent ces pre^.0 es, qui éclatèrent parfois d'une manière terrible. Mais c'étaient là des faits qui se rattachaient au caractère général dWe v jue : on ne saurait les attribuer à l'Eglise en particulier,-^ plus qu'à aucune autre institution alors existante. Chaque siècle, chaque phase de la civilisation a son lot de bonnes et de mauvaises actions qui lui est propre. L'Eglise faisait infiltrer goutte à goutte, au cœur des sociétés nouvelles, des principes de douceur etde bienveillance universelles. Mais elle eut longtemps à combattre, pour atteindre au but de cette noble mission. Et si notre siècle, qui est encore loin de la perfection, même en ce genre, croit devoir se glorifier d'avoir fait quelques progrès sur ses pères , c'est aux efforts incessants de l'Eglise qu'il en est redevable.
22. Peu après la ruine du saint sépulcre, le pape SergiusFV eut la douleur d'apprendre que les pirates danois, en An.glet.erre, avaient pris d'assaut la ville de Cantorbéry, sans épargner le» femmes ni les enfants. C'était saint Elphége qui occupait alors ce grand siège. Formé, dans sa jeunesse, aux austérités monastiques , puis abbé du monastère de Bath , qu'il avait fondé , il porta sur la chaire, épiscopale tout son goût pour l'abnégation et
22 sergius iv (1009-1012).
la pénitence. Dans les plus grands froids de l'hiver, U se levait au milieu de la nuit, et allait prier en plein air, pieds nus, et le reste du «'orps couvert seulement d'une légère tunique Sa charité était si vigilante et si libérale, qu'il parvint, par ses seuls efforts, à abolir entièrement la mendicité dans son diocèse. Quand les Danois vainqueurs entrèrent à Cantorbéry, saint Elphége s'échappa des mains de ses moines qui voulaient le retenir dans l'église, et, se jetant entre les mourants et les meurtriers, il s'écriait : « Epargnez ces faibles et innocentes victimes , qu'il * vous est honteux o/immoler sans cause. Tournez votre colère » contre moi , qui ai retiré tant de captifs de vos mains , et qui » vous ai si souvent reproché vos forfaits. » Ce> barbares se jetèrent sur lui, le chargèrent de coups de pied et de poing, lui déchirèrent le visage de leurs ongles , et lui serrèrent la gorge pour l'empêcher de leur parler davantage. Ils le renfermèrent ensuite dans une étroite prison, et l'y tinrent sept mois. Daus cet intervalle, une maladie épidémique décima leur armée. Ceux des chrétiens qui avaient quelque accès près des Danois leur firent comprendre que ce lléau était une punition divine. Les Barbares vinrent demander grâce à l'archevêque, et le mirent en liberté. Saint Elphége n'en jouit pas longtemps. Les Danois voulurent le contraindre Je leur livrer les sommes d'argent dont sa charité disposait en faveur des malheureux. Il refusa , et fut remis en prison après avoir subi d'affreuses tortures. Les Danois revinrent à la charge, et lui demandèrent de leur abandonner enfin ses trésors. Comme il leur peignait les terribles jugements de Dieu, et les affreux égarements où les engageait le culte des idoles, ils se jetèrent sur lui , l'accablèrent de plaies et le laissèrent demimort sur la place. Enfin l'un de ces Danois, qu'il avait baptisé la veille, par une compassion digne d'un pareil chrétien, et pour l'empêcher de languir davantage , lui déchargea sur la tête un coup de hache dont il expira (19 avril 1012). Les Danois, qui marquaient ainsi , par des représailles sanglantes . lev* passage en Angleterre , avaient été provoqués par les r.ruautés d'Ethelred à leur égard L'an 1002 , ce prince fit massacrer tous le*. Danois qui se trouvaient en Angleterre. Le même jour, à la même heure, dans toutes les provinces, les victimes , surprises à Fimproviste,