CÉLESTIN III
reuretle duc d'Autriche ne rendaient immédiatement les sommes payées pour la rançon de Richard , ils seraient à jamais exclus de la communion catholique ; et , s'ils venaient à mourir , privés de la sépulture chrétienne. La vengeance céleste sembla oe charger de faire exécuter la sentence du souverain Pontife. £n 1 194 ^ Léopold o' Autriche mourait subitement d'une chute de cheval. Sur le point d expirer, il demanda pardon de son crime et commanda qu'on remît au roi d'Angleterre l'argent payé pour sa rançon. A ce prix , il obtint l'absolution des censures qu'il avait encourues. En 1197, Henri VI, empereur d'Allemagne, mourut lui-même sans avoir été relevé de son excommunication. Confiant dans ses trésors et dans le nombre de ses troupes , il se riait des foudres de l'Eglise. Au mépris des ordres formels de CélestinlII, il venait de s'emparer , à main armée , du royaume de Sicile. La reine Sibylle et le jeune Guillaume, son fils, derniers héritière des princes Normands , furent condamnés à une détention perpétuelle ; le jeune prince eut les yeux crevés. L'empereur fit passer en Allemagne tous les trésors et toutes les richesses de la Sicile ; il ordonna de déterrer les cadavres du roi Tancrède et de son fils Roger , pour leur arracher la couronne de dessus la tête. Une nouvelle sentence d'excommunication le frappa pour toutes ces horreurs. Dieu lui - même se chargea de la confirmer , et Henri VI mourut à Messine ( 28 septembre 1197 ) , maudit de la Sicile et uéteoté de tout l'univers. Le pape Célestin défendit de lui donner la sépulture chrétienne. Ce fut le dernier acte de son pontificat. Accablé de fatigues et d'années , il songeait encore à armer l'Occident pour une quatrième croisade ; la mort ne lui en laissa pas le temps (8 janvier 1198). Avec Célestin III finissait le xne siècle.
46. L'élan qui portait les âmes vers la pratique des pms sublimes vertus , ne s'était pas ralenti dans cette dernière période. il nous suffira de citer les noms de saint Hugues, évêque de Linjcln ; de saint Albert , évêque de Liège ; de sainte Marie d'Oiplies ; de saint Homobon , marchand à Crémone ; du bienheureux Pierre Acotanto, à Venise ; de saint Guillaume et de son fils aaint Pérégrin, à Antioche ; de saint Drogon, patron des bergers» Ainsi , tous les rangs . toutes les conditions de la société fournis^