Election et mort rie Nicolas V
g 17. pontificat de saint célestin v (7 juillet 1294-13 décembre 1294). 54. Election et abdication de saint Célestin V.
§ t. Pontificat d'Honorius III (18 juillet 1216-18 rcars 1217).
1. Le souverain pontificat était devenu comme le centre de l'univers. S'il était la plus haute dignité, il entraînait en même temps la responsabilité la pins formidable. Le cardinal Cencio Savelli, élu Pape, sous le nom d'Honorius III, deux jours après la mort d'Innocent, se montra digne d'un tel héritage, et s'attacha à suivre dans tous ses actes la politique de son illustre prédécesseur. A sa voix, l'Europe s'ébranla encore pour la cinquième croisade. Le jeune Frédéric II (1221) était venu à Rome recevoir
32S honorius ni (1216-1227).
la couronne impériale des mains d'Honorius. H promit au serment ôV sacre de prendre la croix et de voler au secours de la Palestine. )Iais il oublia bientôt sa promesse. Le ptrçfnk de l'Eglise romaine songeait dès lors à tourner contre sa mère adoptive la puissance qu'il avait reçue d'elle. L'empire latin de Constantinople ne pouvait prêter aucun secours à l'expédition de la Palestine : les chevaliers d'Occident, qui l'avaient fondé, étaient assez occupés à le maintenir contre la perfidie des Grecs et contre les invasions de Joannice, roi des Bulgares. Baudoin Ie', tombé dans les fers de ce barbare, avait renouvelé l'héroïque chasteté de Joseph et était mort dans les plus affreux supplices. Jl avoit eu pour successeur Henri de Hainaut, son frère, qui mourait lui-même empoisonné en 1216. La couronne impériale fut offerte à Pierre de Courtenay , comte d' Auxerre , marié à la princesse Yolande, sœur de Henri de Hainaut. Ce prince, par ses alliances , était alors l'un des plus puissants seigneurs de la chrétienté. Il était cousin germain de Philippe-Auguste (1), roi de France. Il avait marié sa fille, nommée Yolande, comme sa mère, à André, roi de Hongrie. Pierre de Courtenay se lit sacrer à Rome, par Honorius III (9 avril 1217) , et partit, accompagné du légat apostolique, Jean Colonna, pour prendre possession de son nouvel empire. En traversant les montagnes d'Albanie il fut fait prisonnier par les troupes de Théodore , despote d'Epire , et mourut dans les fers. Robert de Courtenay, son frère, lui fut donné pour successeur, et se fit couronner à Sainte-Sophie (25 mars 1221). Au milieu de tant de vicissitude*, constamment en butte aux attaques de Théodore Lascaris et de David Comnène , les deux empereurs grecs de Nicée et de Trébizonde , Robert de Courtenay ne pouvait songer à éloigner ses forces pour une ex-
(1) Pierre de Courtenay avait pour père le prince royal de France, Pierre, tinquième fils du roi JLouis-le-Gros , qui épousa l'héritière de Courtenay. Cette branche de la maison de France, qui a donné plusieurs empereurs de Constantinople et une impératrice titulaire, s'est éteinte, en 1730, dans la personne d'Hélène de Courtenay, épouse de Louis-Bénigne de Bauffremont, donMçs descendant^*réés princes du Saint-Empire, par l'empereur d'Autriche François 1er, en 1757"; subsistent encore aujourd'hui, et font revivre les glorieuses traditions te la noblesse française.