‹ Histoire générale de l'Eglise depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'au pontificat de Pie IXChapitre 18 sur 332 · BENOÎT VIII · texte numérisé non relu

BENOÎT VIII

de ténèbres sur le monde. A la nouvelle de ceb effroyables dé* sordres, le roi Robert se rendit à Orléans, accompagné d'un grand nombre d'évêques. Tous les sectaires furent arrêtés, et on instruisit leur procès. Les lois civiles punissaient de la peine du feu les associations de ce genre. Etienne et Lisoie. interrogés, bannirent toute retenue : en présence des juges, :5s traitèrent nos mystères les plus sacrés d'inventions humaines, de contes puérils, « qu'on peut, disaient-ils, tracer sur des peaux d'animau? » (le parchemin dont on se servait alors pour écrire); mais qu, » n'entreront jamais dans nos esprits, où le Seigneur a grave » lui-même sa loi véritable. » Comme on les pressait de renoncer à leurs égarements, ils répondirent que, puisque au lieu d'embrasser la vérité, on ne tendait qu'à la leur faire abjurer, il était temps de mettre fin à des efforts inutiles; qu'on pouvait faire d'eux tout ce qu'on voudrait. « Il y va du feu, leur répliqua-t-on; » si vous ne changez au plus tôt, vous allez être brûlés vifs : le » roi ne peut plus refuser cette justice à Perdre public. » Ils demeurèrent inébranlables, et furent brûlés au nombre de quinze. La rigueur déployée par Robert, contre des sectaires aussi pernicieux à la chose publique qu'à la religion, préserva de la conta~ gion les états de ce prince. Elle se glissa dans quelques endroits de l'Aquitaine; mais le duc Guillaume Y, fils de Guillaume Bras-de-Fer, n'en fit pas une justice moins rigoureuse. Les hérétiques furent si vivement poursuivis dans tous ses domaines, qu'ils se dispersèrent dans les provinces voisines, et y prirent des dehors moins capables d'exciter l'horreur générale. Tel fut le premier germe de l'hérésie des Albigeois, au midi de la France. 34. Cependant l'Eglise, toujours féconde, produisait un nouveau rameau de sanctification et de vie religieuse. Saint Romuald fondait en Italie l'ordre des Camaldules, dans une pittoresque vallée des Apennins, nommée Campo-Malduli, au diocèse d'Arezzu. D'une naissance illustre , allié à la famille des ducs de Ravenne, saint Romuald avait renoncé de i:onne heure aux espérances du monde, pour se consacrer dans la solitude au servie* de Dieu. Sa réputation de sainteté et de vertu lui attira bientôt une foule de disciples. Les princes, les seigneurs et le peuple le consultaient comme un oracle. L'ordre des Camaldulés qu'il

Page 1