CHAPITRE IX
en trois parties. La première , après un aperçu général sur la méthode à suivre dans les études théologiques, traite de Dieu, de la Trinité , de la création de l'homme dans les quatre parties de son être : l'âme, l'intelligence , la volonté et le corps. La seconde partie se subdivise en deux sections, auxquelles on a donné le nom de Prima secundœ et Secunda secundœ. La première section contient les articles sur les fins dernières de l'homme , la béatitude suprême , les actes humains , les ver+us et les vices, le péché et ses espèces. La seconde section de la seconde partie a plus d'étendue , et a toujours été plus particulièrement estimée. Elle comprend les articles sur la foi , l'espérance et la charité , la grâce , les divers dons spirituels , la vie active , contemplative et religieuse. La troisième partie consiste principalement en un traité sur Jésus-Christ et un traité incomplet des sacrements. Les écrits de saint Thomas , mais particulièrement sa Somme , n'ont cessé d'être , dans l'Eglise de Dieu, un objet d'admiration universelle. Jean XXII disait « que le Docteur angé- » lique avait fait autant de miracles qu'il avait écrit d'articles. » * — « Sans vouloir offenser les autres , disait le cardinal Tolet , » saint Thomas tout seul me tient lieu de tout. » — Un hérésiarque du xvie siècle s'écriait, en blasphémant : « Otez Thomas » et je détruirai l'Eglise!» Le roi saint Louis entretenait, avec saint Thomas d'Aquin, une touchante intimité. Il l'admettait souvent à sa table. Le Docteur angélique n'était pas moins pieux que savant : sa prière était une extase. Dominique de Caserte, son disciple , le vit un jour agenouillé au pied du crucifix , dans un ravissement extraordinaire. Il entendit une voix miraculeuse qui disait : « Yous avez bien écrit de moi , Thomas ; quelle ré- » compensb iemandez-vous? » Le saint répondit \ « Aucune » autre que vous , Seigneur ! » Saint Thomas d'Aqir^i mourut tM monastère de Fossanova, près de Frosinone, au moment où il se rendait, par ordre du Pape, au quatorzième concile général (1227-1274).
28. Pendant que cette génération de docteurs illustrait TE* glise, le pape Alexandre IV avait terminé son pontificat (25 mai 1261). Cette même année vit la chute de l'empire latin de Cons* tantinople, fondé un demi siècle auparavant, lors de la quatrième
m URBAIN TV (1261-1264).
croisade. Les efforts de Baudoin II de Courtenay furent impuissants à conjurer ce désastre. Michel Paléologi^e, de la famille des Comnène, s'empara de Constantinople à main armée, et Baudoin II , détrôné, se retira en Italie, où il mourut, en 1273y après avoir épuisé tous les moyens de reconstituer son empire écroulé.
\ G. Pontificat d'Urbain IV (29 août 1261-2 octobre 1264).
29. A la mort d'Alexandre IV, Jacques Pantaléon, patriarche de Jérusalem, le même qui, en qualité de légat apostolique, avait promulgué la nouvelle constitution de la Prusse, se trouvait à Viterbe , où les besoins particuliers de son église Pavaient appelé. Jacques Pantaléon était né à Troyes, d'un père que Bury appelle : Sutor veteramentarius. Dieu voulait le tirer de la condition la plus obscure pour l'élever au sommet des dignités de la terre. Devenu Pape, il fit élever sur l'emplacement de l'échoppe de son père, dans sa ville natale , une église dédiée à saint Urbain, dont le chœur est un des plus beaux monuments de l'architecture gothique. C'était avouer noblement, et illustrer, en quelque sorte, la bassesse de son origine. Urbain IV continua la lutte déjà engagée, sous le règne de ses prédécesseurs, contre le roi de Sicile, Mainfroi. Ce dernier, pour assurer davantage son pouvoir, venait de cimenter une alliance avec Jacques II, roi d'Aragon , dont le fils aîné épousa la princesse Constance de Sicile, ce Je m'étonne, écrivit le Pape à Jacques II, que vous » vous laissiez surprendre aux artifices de Mainfroi. Ses crimes » vous doivent être connus. Vous savez comment, au mépris des » traités solennels et de la foi jurée , il déclara la guerre à notre d prédécesseur ,- Innocent IV, de bienheureuse mémoire, et fit > cruellement assassiner Burel, comte d'Anglone, sous les yeux » mêmes du souverain Pontife. A la mort de Conrad, son frère, \ il s'est ligué avec les Sarrasins pour dépouiller le jeune Conv radin, son neveu, et se mettre ainsi, avec l'appui des infidèles, » en jjossession d'un royaume usurpé. Depuis, il ne cesse de » piller les églises de ses Etats; et, malgré l'excommunication » qui pèse sur lui, il contraint, par la violence, les évêques à