‹ Histoire générale de l'Eglise depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'au pontificat de Pie IXChapitre 218 sur 332 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

SOMMAIRE

§ 9. pontificat D£ boniface vin (24 décembre 1294-11 octobre i£$i).

I, Caractère de la sixième époque. — 2. Etat du moftde à l'avènement de niface VIII. — 3. Paix entre le Saint-Siège et Jacques II, roi de Sicile, ane» sitôt violée que conclue. — 4. Révolte à Rome. Les Golonna. — 5. Bulle d'institution du Jubilé. — •. Lutte entre Albert d'Autriche et Adolphe de Nassau pour la couronne impériale. Albert d'Autriche est reconnu emperewr d'Autriche. — 7. Philippe-le-Bel, roi de France; Edouard Iw, roi d'Angleterre. Bulle Clericis laicos. — 8. Bulle Ineffabilis. — 9. Bulle Ausculta, fili. EUât généraux de France assemblés à Paris. — 10. Concile de Rome. Bulle Umm sanctam. — 11. Scène sacrilège d'Anagni. Mort de Boniface VIII.

§ 2. PONTIFICAT DR SAINT BENOÎT XI (22 octobre 1303-6 juillet 1804).

12. Difficultés du gouvernement de l'Eglise à l'avènement de saint Benoit XI.<~- 1t. Mort de saint Benoit XI. — 14. Guelfes et Gibelins à Florence. Le Dante.

§ 3. pontificat de clëment v (14 novembre 1305-20 avril 1114).

1S. Reproches faits à l'administration de Clément V. — 16. Election de ce Papa. Calomnie dont elle a été l'occasion. — 17. Translation du Saint-Siège à Atignon. — 18. Premiers actes de Clément V. Il refuse d'annuler la bulle Unsm mnetam. — 19. Les Tsmpliers. — 20. Arrestation des Templiers. — 21. Crimes qu'on leur imputait. — 22. Quinzième concile général de Vienne. Bulle d'abolition de l'ordre des Templiers. — 23. Exécution de Jacques Molaj. — • 24. Résumé critique du procès des Templiers. — 25. Condamnation des AIW» geois par le concile général de Vienne. Division dans l'ordre de saint François. — 26. Henri de Luxembourg, empereur. Mort de Philippe-le-Bel et de dé* ment V. — 27. Saints de cette période.

§ i. Pontificat de Boniface ¥111 il) {U décembre 1291-11 octobre 1503).

1 Avec la sixième époque de l'Histoire ecclésiastique, s'ouvra ane phase nouvelle pour l'Eglise. L'expansion de foi, qui s'était

(i) Teut notre travail sur le xiv« siède n'est qu'une rapide analyse du savais*

120 BONiFAUL vra.

j"épandue sur le monde pendant les xït3 et xm* siècles, $esse de mire éclater ses merveilles , ia foi se refroidit <*n Fairope ; la Papauté, à peine triomphante de ses longues luttes <tvecl empire, rencontre un obstacle plus formidable dans les rois de France. hv droit public se modifie au sein des nations européennes. La voix des souverains Pontifes n'est plus obéie. Philippe-le-Bel porte un coup morte) à leur puissance temporelle en les fixant à Avignon. Le grand schisme d'Occident vient ajouter ses désastreuses complications à la décadence générale. En vain l'Eglise grecque essaya-t-elle de se réunir à l'Eglise latine. Constantinople fut prise par les Turcs, pendant qu'en Occident les disciples de Jean Hus et de Wicleiï infestaient l'Allemagne et se montraient les dignes précurseurs de Luther. La sixième époque fut ainsi comme la réaction de celle qui l'avait précédée.

2. Dix jours après l'abdication de Célestin V, les vingt-deux cardinaux qui composaient la cour romaine entrèrent au conclave , et avant la fin du premier jour , tous les suffrages étaient réunis sur le cardinal Gaëtano (24 décembre 1294) qui prit le nom de Boniface VIII. Le nouveau Pape était un de ces hommes d'élite en qui la grandeur de caractère est au niveau du talent , un de ces hommes vigoureux qui comprennent leur mission et ▼ont à leur but avec l'inflexibilité d'une conscience mue par la volonté divine. Quoique d'un âge déjà avancé , son âme n'avait rien perdu de l'ardeur et de l'énergie de la jeunesse. Boniface VIII, après son couronnement, partit immédiatement pour Rome où ses prédécesseurs n'avaient point osé se fixer. Sa réputation l'y avait précédé , les plus grands honneurs l'accueillirent partout. Borne, h chi égard, surpassa tout ce qu'elle avait jamais fait pour ses Pontifes les plus aimés. Les factions semblaient •'être enfuies à son approche pour ne point troubler le concert unanime d'enthousiasme que manifestaient tous les ordres de l'Etat. Le Pape profita du repos qu'elles lui laissèrent pour saisir fes rênes du gouvernement , que la faiblesse ou la rapide succession de ses prédécesseurs avaient laissé flotter au hasard. La

et remarquable outrage de M. l'abbé Christophe, intitulé: histoire de tëPopmU pendant le XIV* tiècle. Paris , Maison , 1853, 3 *<tf, in-W.

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