‹ Histoire générale de l'Eglise depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'au pontificat de Pie IXChapitre 24 sur 332 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

du pagtfï-tfsme. La rigueur qu'il déploya eu cette circonstance donna lieu à une révolte dont Canut , son rival , profita habilement pour se faire reconnaître roi de Norwége. Mais cette- réunion ne dura point. Olaus parvint à repousser les tentatives de Canut, et reconquit l'indépendance de son territoire. Il profita de son autorité pour travailler avec une nouvelle ardeur à convertir tous ses sujets à la foi chrétienne : ses etforts irritèrent contre lui les idolâtres qui restaient encore en grand nombre dans ses Etats, et qui le firent périr secrètement (1028). On lui érigea une sépulture honorable à Drontheim, capitale du royaume où les miracles opérés par son intercession ont rendu son culte fort célèbre. — Le gendre d'OIaùs-le-Saint, nommé aussi Olaùs, établit le Christianisme en Suède, et marcha sur les traces de son beau-père.

8. A mesure que la lumière de l'Evangik se propageait ainsi jusque dans les climats nébuleux et glacés de la Sarmatie et de la Scandinavie, elle s'éclipsait dans la même proportion pour les belles provinces de la Grèce et de cette partie privilégiée de l'Asie qu'elle avait éclairée de ses premiers rayons. Le concile tenu sous le nom de zôvtfoç «vJVoD**, qui se tint, l'an 1027, à Constantinople, sous le patriarche Alexis, nous fait connaître à quel état pitoyable cette Eglise ambitieuse se trouvait alors réduite. Les princes, dont la faible main ne pouvait plus soutenir le colosse délabré de l'empire, entreprenaient de l'étayer par tous les appuis sacrés et profanes ; ils accablaient de contributions et de charges les évêques et le cierge de leurs Etats. Les évêques , pour se soustraire aux impôts dont les métropolitains étaient personnellement tomptables, s'absentaient de leurs Eglises, en détournaient les revenus, affermaient des terres et s'occupaient servilement de l'administration temporelle de leurs biens. Ils n'observaient plus les limites de la juridiction ecclésiastique , ils entreprenaient sur les droits les uns des autres, et ordonnaient des clercs étrangers. Les ecclésiastiques, de leur côté, passaient sans permission d'une province à une autre; ils abondaient surtout à Coristantmople, où il n'était pas rare de voir des clercs déposés , ou revêtus de l'habit clérical, sans avoir été ordonnés nulle part, exercer impunément les fonctions sacrées.

42 jean xx (1024-1033).

9. L'état monastique, autrefois si florissant eD Orient t où il avait pris naissance, depuis longtemps affaibli p#x l'esprit d'erreur, de schisme et de discorde, se précipitai .^icore plus rapidement que Tordre clérical vers une ruine entière. Les empereurs s'étaient accoutumés, surtout depuis l'hérésie des Iconoclastes, à mettre les monastères et les hôpitaux entre les mains de laïques puissants et constitués en autorité. On s'était proposé, par l'institution de cette espèce de commende, de ménager des protecteurs et des bienfaiteurs à ces maisons, et de rétablir celles qui avaient été ruinées en si grand nombre par C impie Copronyme. Mais on les conféra insensiblement à toute sorte de personnes, à des femmes, et même à des païens, qui les regardèrent comme leur bien propre. Ces concessions se faisaient à vie. On donnait à des hommes des monastères de femmes , à des femmes des monastères d'hommes. On peut se figurer quels désordres en résultaient naturellement. Le concile de Gonstantinople s'efforça de remédier aux abus les plus criants. Il défendit de donner un monastère à des personnes de l'autre sexe , de trafiquer sur les commendes comme sur des biens profanes, et d'en aliéner le fonds, sans la permission du patriarche ou du métropolitain.

10. Le trône n'était pas plus en honneur que l'Eglise. L'empereur Constantin , qui mourut trois ans après son frère Basile (1028), eut pour successeur le patrice Romain Argyre. Constantin avait déshonoré le trône par une vie complètement oisive. Il passait son temps au milieu de bouffons et d'aventuriers auxquels il prodiguait les premières charges de l'Etat. La seule connaissance pour laquelle il eût signalé son aptitude était celle des chevaux : c'était là son seul mérite. Il avait trois filles : Eudoxie, Théodora et Zoé. Il désigna, à son lit de mort, le général Romain Argyre pour son successeur. Itomain était marié à une femme vertueuse, nommée Hélène. En lui donnant l'empire, Constantin VIII lui enjoignit de répudier Hélène et d'épouser Théodora. Romain Argyre refusait d'obtempérer à cet ordre, et parlait des lois de l'Eglise qui s'opposaient à son divorce, a S» lu ne fais pas » ce que je demande, lui dit l'empereur mourant, je te ferai » crever les yeux avant la fin du jour. » Informée de la résis-

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