‹ Histoire générale de l'Eglise depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'au pontificat de Pie IXChapitre 242 sur 332 · chapitre n · texte numérisé non relu

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glée dans ses mœurs , cette princesse résolut d'abandonner son mari' Elis fit offrir ses Etats à Louis de Bavière , s'il consentait à l'unir à son fils, le marquis de Brandebourgs Cette proposition était doublement criminelle, car, outre le scandale d'un divorce immoral, h y avait entre Marguerite et le marquis de Brandebourg un empêchement de consanguinité au troisième degré. Benoît XII se hâta d'interposer son autorité pour empêcher l'accomplissement d'un projet si criminel; mais une combinaison qui ajoutait deux belles provinces à ses domaines héréditaires parut à Louis, malgré les représentations du Pape, suffisamment légitime. Se rappelant les maximes ultrà-impériales de Marsile de Padoue , Louis de Bavière autorisa lui-même , de son propre pouvoir, le divorce de Marguerite avec le prince Jean-Henri ; il donna la dispense de l'empêchement de consanguinité qui existait entre la princesse et son fils , et célébra leur mariage avec une pompe royale (1310). Après de tels actes, toute réconciliation avec le Saint-Siège était impossible.

13. Cependant la France et l'Angleterre présentaient, au zèle de Benoît XII, des difficultés non moins graves. Après la mort de Philippe v le Long (1322), la couronne de France était passée à Charles IV le Bel, troisième fils de Philippe-le-Bel. Ce prince mourut, en 1328, sans laisser de postérité masculine. La branche aînée des Capétiens s'éteignait avec lui. Philippe VI de Valois, fils de Charles de Valois, frère de Philippe-le-Bel, monta sur ie trône. Mais Edouard III, roi d'Angleterre, prétendit lui disputer cette succession, du chef de sa mère Isabelle , sœur de Philippe— le-Bel. En vertu de la loi salique qui excluait les femmes de la succession au trône, les prétentions d'Edouard III n'avaient aucun fondement , au point de vue du droit légal. Mais Edouard avait, pour les faire valoir, une armée imposante et sa haine héréditaire contre la famille royale de France. Les hostilités commencèrent avec un acharnement réciproque. Dans cette circonstance, Benoît XII déploya la plus grande activité; il ordonna des prières publique^ dans toute la chrétienté , pour obtenir du Ciel la fin d'un^ lutte dont gémissait l'Eglise et dont se réjouissaient les ennemis de la foi. Il s'adressa aux hommes sages qui formaient les conseils des deux monarques et les exhorta à

470 benoît xn (1334-1342).

prendre en pitié les maux des peuples , en persuadant à leur» maîtres la nécessité de la concorde. Une trêve d'une année (134ir-1341) fut le résultat de ces pacifiques démarches,

14* Son autorité triomphait en Espagne de difficultés d'un autre genre. Il obtint du roi de Castille, Alphonse XI , la cessa- Son du commerce criminel qu'il entretenait avec Eléonore de Gusman. Il rétablit ensuite la bonne harmonie entre ce monarque et celui de Portugal , imposa silence à toutes les discordes qui ensanglantaient la Péninsule hispanique, affaiblissaient les forces chrétiennes et stimulaient l'audace des Musulmans. Profitant de la discorde des princes chrétiens, les Maures d'Afrique, sous la conduite d'Alboacen, roi de Maroc, préparaient, de l'autre côté du détroit, une formidable expédition. Le danger où se trouvait l'Espagne impressionna vivement l'esprit de Benoît XII. La chrétienté tout entière était intéressée à cette lutte. L'empire grec, battu de tous côtés, n'offrait plus aux Turcs qu'une faibîe barrière; l'Allemagne, la France, l'Angleterre étaient désunies; l'Italie ne présentait qu'un vaste champ de bataille , où Guelfes et Gibelins se disputaient une vaine prépondérance. Que deviendrait l'Europe pour laquelle les Pyrénées ne seraient plus un boulevard? Le Pape sentit toute la nécessité de renforcer la résistance en Espagne : il appela donc sur ce théâtre la valeur des princes et des chevaliers chrétiens, et fit prêcher partout la croisade. Les chevaliers de Saint-Jean de Calatrava et de Saint-Jacques, les troupes génoises , les barons de toutes les provinces de l'Europe vinrent se réunir aux forces de Castille, d'Aragon et de Portugal, qui se montaient à 40,000 hommes. Ce n'était pas la huitième partie de l'armée musulmane, que le calcul des historiens fait monter à 400,000 hommes de pied et 70,000 chevaux. -e déluge de Maures vint mettre le siège devant Tarifa (1). Les croisés accoururent au secours de la place. Ce fut sous les murs de cette ville (30 octobre 1314) qu'eut lieu un des chocs les plus sanglants dont l'histoire fasse mention. 200.001 Musulmans restèrent sur le champ de bataille. Les débris de cette formidable expédition, qui avait menacé l'Espagne d'une ruine entière *

iiï Actuellement Josa, sur le détroit de Gibraltar, au S.-E» de Cadix.

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